« Le métis est le nouvel aryen »
Eric Zemmour, toujours à la pointe de ce qu’il ne faut pas dire, a récemment qualifié le métis de « nouvel aryen », entendez par là: le nouvel étalon de l’humanité, celui en qui se condensent les valeurs en vogue de ce début de 21ème siècle, à savoir l’échange, le partage, l’ouverture aux autres et, au-delà, la fusion des héritages et des patrimoines génétiques, historiques et culturels de chacun. Exit donc le blond teuton au regard bleu acier, fruit du croisement entre le Volksgeist germanique et le mythe de l’Indo-européen originel, place à la peau tamisé du nouveau fils de l’Homme, prophète des temps à venir et porteur charismatique du nouveau dogme de l »universalité.
Que dit l’ironique Zemmour derrière cette apparente provocation? Qu’après nous avoir tenté de nous faire avaler la pilule de l’Homme des Lumières, sorti du ventre de la France de Diderot comme Eve sortit de la côte d’Adam, puis celle du Surhomme descendu des montagnes enneigées du Tibet pour combattre la lèpre juive aux airs de la Panzer Lied, voici qu’on nous sort du chapeau la dernière trouvaille des temps modernes, un black blanc beur mâtiné de jaune d’oeuf fils d’immigrés zaïrois installés au Cambodge après un détour par les quartiers nord de Marseille. Qu’on se représente donc un albinos aux yeux plissés dansant au rythme du Black & White de feu le King of Pop, un livre de Strindberg dans une main et un Cuba Libre dans l’autre, et l’icône aura sa place dans les nouveaux lieux de culte de la jeunesse mondiale.
Ce nouvel aryen a un avantage sur les deux autres. Il est inoffensif. Engendré par la différence, il est programmé pour la tolérance. Les seules frontières qu’il connaisse sont celles qui s’effacent devant l’esprit de respect, d’échange et de bonne volonté. Plus pour lui de distinction possible entre le monde dit civilisé des gratte-ciels de New York et les friches sauvages des pays poubelle du capitalisme, celles que Levi-Strauss découvrit avec horreur quand il lança son grand programme d’anthropologie structurale. Là où le jésuite, poursuivant l’effort de Saint-Paul de Tarse, apportait Dieu et le Christ, là où l’industriel implantait son usine, le nouveau prophète ne demande comme Diogène qu’un tonneau où s’asseoir, pour regarder tranquillement sous le soleil d’Amérique des petits vénézuéliens taper pieds nus dans un ballon adidas au pied d’un mur peint à l’effigie du grand prêtre Messi. Il n’a pas de leçons à donner, juste un sourire à offrir. Il n’a pas d’église à ouvrir, de guerriers à enrôler, de foules à subjuguer. Il ne demande que la paix et la justice entre les peuples. Son regard embrasse tout, ou presque, avec la même compassion, la même béatitude. Sa voix aussi chante tout, ou presque. Tout, ou presque, car il y a quand même deux ou trois choses qu’il a gommé de son cantique, comme l’esprit critique et la faculté de jugement.
Ce nouvel aryen est un mythe, bien sûr. Comme les deux autres. Personne n’est assez bête pour lui ressembler ou se reconnaître dans cette caricature. Au fond, Zemmour lui-même n’y croit pas. Ce qu’il croit, en revanche, c’est que le droit à la différence remplace peu à peu le droit à la préférence et que la marche forcée de l’exotisme à tous crins, plein de ce goût sucré qui plaît tant aux enfants, est en passe de transformer toute une génération en buveurs de Fanta.
Consultant web marketing (Changer-de-site.com). Responsable du site Oreille malade.








Hier soir, au moment de la publication des résultats des élections cantonales, j’ai lu une phrase sur un forum (que j’ai d’ailleurs souvent lue par le passé) : « on va leur faire goûter à la diversité qu’ils aiment tant ».
Il s’agissait de quelqu’un qui se réjouissait de la montée du FN et qui reprochait à nos élus de vanter un modèle sans s’y confronter personnellement. Il est évident que l’émetteur de Radio Paris est situé dans les hautes sphères, bien loin de la réalité de « la France d’en bas » (comme ils disent)…
États-Unis : métis is beautiful !
« Hier, les métis passaient pour des traîtres. Ils sont aujourd’hui les hérauts d’une Amérique postraciale. Et leur nombre croît de manière spectaculaire. Surtout chez les jeunes.
[...]
Les métis bénéficient en outre d’une visibilité accrue. Ils ont désormais leurs produits de beauté, leurs sites de rencontre et leurs « cercles de sociabilité » dans les universités. Bref, ils sont très à la mode. Les publicités, les films et les séries télé mettent systématiquement en scène des acteurs à l’origine ethnique ambiguë. Logiquement, des superstars métisses ont émergé, comme Mariah Carey, Tiger Woods ou Soledad O’Brien, présentatrice vedette à la télévision. Avec naturellement, en point d’orgue, l’élection de Barack Obama, qui est de père kényan et de mère blanche américaine, même si lui-même se définit comme noir.
[...]
En raison des politiques de discrimination positive mises en place pour faciliter l’accès des minorités aux établissements universitaires, être d’origine multiethnique est un plus. [...] Ce n’est évidemment pas un hasard si à l’Université Rice, au Texas, le nombre des candidats se présentant comme multiraciaux est passé l’an dernier de 8 à 564… »
A lire sur Jeune Afrique (qui n’est pas à proprement parler un organe de presse d’extrême-droite…) :
États-Unis : métis is beautiful !