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Facebook – témoignage : acouphènes et suicide

Les acouphènes qui poussent au suicide

Bonjour, je viens à vous pour poster mon témoignage dans l’espoir d’éveiller la communauté scientifique.

je m’appelle Christophe, j’ai bientôt 33 ans et je souffre d’acouphènes et hyperacousie depuis 3 ans.

Suite à un accident domestique tout ce qu’il y a de plus bête, je me suis bousillé la vie avec un simple coton-tige.

Nettoyant mes oreilles en faisant plusieurs choses en même temps, je me suis tourné trop brusquement. Mon coude a percuté le sèche-serviettes murale à ma droite et l’impact m’a fait m’empaler l’oreille droite sur le coton-tige que je tenais déjà un peu trop en profondeur dans le conduit de mon oreille. Le coton-tige a pénétré mon oreille sans ménagement, explosé mon tympan, traversé l’oreille moyenne pour frappé le fond de la paroi à l’avant de l’oreille interne. J’ai subit une surdité subite tandis que déjà les premiers sifflements qui allaient me pourrir la vie naissaient. Quelques minutes plus tard, je fus sujet à des vertiges, nausées, vomissements qui m’ont entrainés vers la perte de l’équilibre. Hospitalisé, il m’a fallu plusieurs semaines pour apprendre a me déplacer sans tomber, puis retrouver l’équilibre. Cependant, je ne vais pas m’étendre dans toutes mes mésaventures, cela serait trop long à écrire.

Je vivais près de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, et je travaillais dans une entreprise en tant que préparateur de mélanges parfumés. Je n’ai pas pus reprendre cette activité et j’ai dû déménager pour revenir en Picardie, près de ma famille, mais plus pour me rapprocher des spécialistes pouvant m’aider à revivre.

Depuis cet accident, voila 3 ans, j’ai espérer que mes acouphènes disparaissent de la même manière qu’ils sont apparus ; en vain. 6 mois plus tard, j’ai retrouvé un travaille en usine, mais le port des bouchons obligatoires m’a plongé dans le silence hurlant qui me mitraille. Je suis tombé en dépression, fait plusieurs crises de tétanie, puis je me suis vue reclus à mon domicile, shooter aux médicaments pour une anxio-dépression sévère qui persiste encore aujourd’hui.

J’ai été consulté un spécialiste sur la région parisienne pour y apprendre que je subissait des acouphènes biaxials de forts amplitudes et de l’hyperacousie moyenne. On a tenté de m’aider par divers procédés chimiques, appareillages auditifs et thérapies musicales et médicales, mais au bout de 3 mois, je ne supportais plus ce que j’entendais. Ces sifflements… j’aurais donné ma vie pour qu’ils cessent ; ce que j’ai tenté de faire. Après 3 semaines de délires intenses à me ratatiner dans les coins de la maisons, musique à fond et mains cramponnées à mes oreilles en pleurant, j’ai pris mon stocke de médicament, une bouteille de soda et je suis parti en voiture au bord de la mer. je pensais que je ronflement des vagues d’écrasants sur une plage de galets pourrait me soulager ; vain espoir. C’est à cet instant que j’ai pris conscience que rien ne saurait me soulager de cris de roulettes de dentiste que je suis le seul à percevoir et subir. J’ai donc pris la décision d’y mettre un terme en avalant tout ce que j’avais : anxiolytique, antiépileptique, antidépresseur, somnifère… bref, toutes les drogues que j’avais amassé depuis le début de mon anxio-dépression. Je n’ai jamais voulu survire à cela, mais je voulais que l’on retrouve mon corps, alors j’ai repris le volant et suis rentré chez moi, sans trop me souvenir comment. j’ai marché tant bien que mal jusqu’à mon lit et me suis réveillé une semaine plus tard à l’hôpital. J’ai bien failli réussir. Les médecins ont pas mal galéré à me gardé en vie. J’avais une dose suffisante pour me tuer, et si un ami n’était pas intervenu, je serais enfin en paix aujourd’hui. 1 an est passé, et je ne regrette rien, hormis le fait de mettre réveillé… avec mes acouphènes. Si j’en veux à mon ami ? Aux secouristes ? Aux médecins urgentistes ? Oui. Je n’ai rien demandé à personne? je n’ai pas demandé à être sauvé. Je voulais le silence et la paix, mais même ça, la vie n’a pas souhaitée me l’offrir.

J’ai appris a vivre avec mes acouphènes depuis, mais je subis de nouvelles tortures. Mon hyperacousie s’aggrave. Je ne supporte plus beaucoup de bruit. presque tout du quotidien me dérange ou me fait mal. Quant aux acouphènes, ils se rebellent et montent le son de leurs cris. Comme si 2 dans chaque oreilles ne suffisaient, un troisième, plus puissant, plus vorace encore s’éveille. Je pense encore au suicide. toujours. je n’en parle pas. je ne veux pas que l’on me sauve. j’ai peur de devenir fou. j’ai peur de me faire mal. de me mutiler. D’arracher de ma tête ces saletés d’oreilles gueulardes. Je pleurs de nouveau. j’ai peur de mon devenir. de ce soir. de cette nuit. de demain. du pire en pire. du plus en plus… non, je ne veux pas que l’on me sauve, je veux que l’on me soigne. je veux guérir. vite. bientôt. avant de péter un plomb. avant de lâcher prise, une fois encore. Pourtant, je sais qu’il n’y a plus d’espoir à chérir. la science ne progresse pas aussi vite que cette maladie qui me dévore la tête.

L’avenir ? je n’y crois pas. je ne le vois pas. n’y pense même plus. cela me fait trop peur de croire que je pourrais vivre à l’écart du monde dans le vacarme qui se joue dans ma caboche à l’infini.

Je veux vivre. je veux revivre. ou laissez-moi plonger dans si pur silence auquel j’aspire désespérément.

merci de votre compréhension.

bien à vous.

Témoignage lu sur Facebook

Laurent Matignon
Consultant web marketing (Changer-de-site.com). Responsable du site Oreille malade.

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Une réponse pour Facebook – témoignage : acouphènes et suicide

  1. Avatar de Oreille malade
    Oreille malade 25 mai 2011 à 17 h 10 min #

    Commentaire sur ce billet, toujours lu sur Facebook :

    Sylvie Lecerf
    « Je suis touchée par votre témoignage. Si vous me lisez, Christophe, sachez que je vous comprend, même si cela ne sert à rien et ne vous avance pas. Je me permet de dire cela car je connais ce sentiment de solitude où même les amis plus proches ne peuvent vous aider. Je suis plus passée par des crises aïgues d’hyperacousie, qui vous tétanisent. Peut être est il possible d’apprendre à vivre avec, j’ai lu un extrait du livre d’Anthony Delon qui est d’ailleurs sur ce site « oreille malade ». On m’a souvent parlé d’acceptation, ce qui m’a mise en colère plus d’une fois, me sentant incomprise. Sauf que quand il n’y a pas de traitement il faut bien accepter. Je me suis à une époque rapprochée d’un centre anti douleur et ils m’ont aidé. Peut être accepterions nous nos maux et nos différences si nous n’avions jamais connu « le silence ». Se dire que ces bruits ou cette intolérance aux bruits les plus normaux font partie de ce que nous sommes. Voilà, ce que je peux vous dire, bien sur c’est toujours plus facile à dire qu’à faire. » Sylvie

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