Dépression, piège à cons

La dépression liée à des anomalies des circuits des centres de l’émotion

AFP – Mardi 14 août, 23h47

WASHINGTON (AFP) –

La dépression est liée à des anomalies des circuits neuronaux dans les centres de l’émotion du cerveau, les dépressifs étant souvent incapables de contrôler efficacement leurs émotions par un effort mental, selon une étude publiée mardi aux Etats-Unis.

Les chercheurs, qui ont eu recours à une technique d’imagerie, ont montré que le cerveau de personnes souffrant de dépression grave réagit très différemment de celui des sujets jouissant d’une bonne santé mentale face à des situations de stress.

“Ressentir des sentiments négatifs face à des situations stressantes est normal”, explique Tom Johnstone, un chercheur à la faculté de médecine de l’université de Wisconsin-Madison (nord), le principal auteur de cette étude parue dans le Journal of Neuroscience daté du 15 août.Une caractéristique des graves dépressions est l’incapacité de contrôler les émotions négatives et de retrouver un état émotionnel normal après une expérience pénible“, ajoute-t-il.

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Pour évaluer le rôle des régulateurs de l’émotion dans le cerveau des dépressifs, cette équipe de psychiatres et psychologues a observé les réactions du cerveau de sujets normaux et de ceux souffrant de dépression alors qu’ils regardaient une série de photos choisies pour provoquer de fortes réactions émotionnelles négatives (scènes d’accident ou animaux sauvages menaçants par exemple).

Les chercheurs ont demandé aux participants de s’efforcer de réduire l’intensité de leurs réactions émotionnelles négatives, en imaginant par exemple la même scène pour la rendre moins perturbante.

“Nous leur avons demandé de modifier le contenu de ce qu’ils voyaient” plutôt que de penser à autre chose, explique M. Johnstone.

“Nous cherchions ainsi à forcer les sujets à recourir aux centres de la réflexion de leur cerveau pour ré-interpréter le contenu émotionnel des images de manière à intensifier ou à réduire leur impact”, dit-il.

Chez les individus normaux et dépressifs, ces chercheurs ont observé que ces efforts se traduisaient par une augmentation de l’activité cérébrale dans des zones du cortex préfrontal connues pour être des centres de l’émotion du cerveau.

La grande différence entre les deux groupes a été constatée dans les réactions des centres émotionnels eux-mêmes, dont l’amygdale.

Chez les personnes normales, la forte activité des centres de la réflexion était accompagnée d’une faible intensité de l’activité émotionnelle, indiquant leur succès à contrôler leurs émotions.

En contraste, chez les sujets dépressifs, un haut degré d’activité persiste dans leurs centres de l’émotion malgré l’intense activité des régions du cerveau où siège la réflexion.

Ces chercheurs ont conclu que les sujets normaux peuvent efficacement contrôler leurs émotions par un effort mental, tandis que les dépressifs en sont souvent incapables en raison d’anomalies des circuits neuronaux des zones où siègent l’émotion.

Lorsque l’on sait que l’être humain a ancré en lui, de la naissance à la mort, une obsession du contrôle

(homme en pleine forme à câliner sur http://perso.orange.fr/pharma.rocheville/depression.htm)
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