Les Français doutent de leur médecine

Lu dans Matin Plus du 12 septembre

Avant d’aller voir un médecin, de plus en plus de Français se documentent sur Internet.

Un sondage national réalisé par l’Ifop sur “les Français et leur santé” révèle l’ampleur que prennent aujourd’hui l’automédication et la défiance des Français vis-à-vis de leurs médecins.

Les Français prennent en général leur santé en main. Toutefois, seulement 40% des Français font totalement confiance à leur médecin et la moitié d’entre eux recherchent d’autres voies pour se soigner, révèle l’étude réalisée cet été par l’Ifop pour Kiria et Philips.

Selon elle, nos concitoyens donnent la primeur à Internet plutôt qu’à leur médecin généraliste pour répondre à leurs interrogations. Sensibilisés par les campagnes d’information grand public pour un tiers d’entre eux, les Français n’hésitent désormais plus à diversifier leurs sources, privilégiant pour beaucoup l’automédication. Une médecine “à la carte” émerge donc aujourd’hui dans notre société, tant les comportements sont divers, selon l’âge et le niveau d’éducation.

L’enquête dessine quatre profils : les classiques, les préventifs, les insouciants et les fatalistes. Dans les faits, un Français appartenant aux catégories socioprofessionnelles supérieures, d’un âge certain, va s’impliquer davantage dans la gestion de sa santé au quotidien qu’un jeune ouvrier. Seules les femmes privilégient en grande majorité la prévention. Mais tous présentent aujourd’hui une défiance vis-à-vis du corps médical. Un constat que corrobore l’insatisfaction chronique de nos concitoyens face à leur système de soins.

L’étude de l’Ifop détaille les principales réclamations des Français : elles concernent le coût des

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médicaments et des consultations, l’inégalité du système, la détérioration des structures d’accueil, la manque de place et de personnel, de trop nombreux abus ou encore un manque d’écoute et de compétences de leurs médecins. Pas moins de 65% des Français pensent que le système de santé se détériore d’année en année. Pour autant l’enquête montre qu’ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices financiers, même pour des soins mineurs, pour préserver ou améliorer un modèle très envié outre-Atlantique. La santé reste un dû pour la majorité de nos concitoyens, et ce dans un contexte plus que préoccupant, où deux personnes sur trois pensent être dans une situation à risque (poids, cholestérol, tabac, diabète…). Certains médecins, comme Bernard Debré, par ailleurs député UMP, avancent des pistes de réflexion quant à la nécessité de “mettr en oeuvre une médecine d’accompagnement en parallèle d’une médecine curative et préventive, en faisant un effort au niveau de l’enseignement dès le plus jeune âge et ce jusqu’à l’entreprise”.

La faute à qui ? Combien de médecins sont réellement capables d’établir un diagnostic ? Des docteurs, j’en ai vu à la pelle durant ces dernières années et si je me coupais quelques doigts il m’en resterait largement assez pour compter ceux qui savent pousser une réflexion d’ensemble. Ah ça, si on arrive en disant “mon problème vient de là, que dois-je faire ?”, aucun souci. Mais dans le cas contraire…

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Peut-être y aurait-il certains choses en revoir dans la formation de nos médecins ? Ingurgiter des connaissances c’est certainement indispensable, mais c’est évidemment insuffisant. Et ce constat ne s’applique malheureusement pas qu’aux généralistes…

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