Les Franciliens exposés au bruit consomment plus de médicaments

LE MONDE | 26.09.07 | 16h33

La région Ile-de-France rend publique, mercredi 26 septembre, une étude montrant un impact significatif du bruit sur la santé qui devrait alimenter les débats avant la tenue du Grenelle de l’environnement, fin octobre. Ce travail, financé par la région, a mobilisé 78 médecins généralistes, répartis sur 30 communes franciliennes, choisies en fonction de leur exposition plus ou moins importante au bruit. Fin 2005, quelque 4 400 patients ont répondu à un questionnaire anonyme. “Les médecins eux-mêmes ont été surpris par les résultats“, commente Michel Vampouille, vice-président (Verts) de la région.

L’étude met en évidence, parmi les personnes exposées au bruit, une augmentation de la fréquence de l’hypertension artérielle chez les hommes, des hospitalisations et arrêts de travail plus nombreux chez les femmes, des états anxieux et une consommation plus importante de médicaments chez les deux sexes. Ainsi, chez les hommes de 40 à 69 ans, la prise de médicaments destinés à faire baisser la tension artérielle est 5,6 fois plus fréquente quand leur domicile est survolé par des avions passant à moins de 1 000 mètres. Chez les femmes du même âge, la prise d’anxiolytiques et d’antidépresseurs est 10 fois plus fréquente en cas de résidence à proximité d’un “point noir” ferroviaire. Des corrélations fortes entre l’exposition au bruit et les troubles de l’appétit et du sommeil apparaissent également.

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Il s’agit de la première étude de ce genre, sur un sujet difficile à appréhender, explique M. Vampouille. D’autres études sont nécessaires.” L’élu déplore que la lutte contre le bruit ne fasse pas partie des priorités au niveau national : “Bien que le bruit soit souvent la première nuisance citée par la population, l’idée qu’on ne peut pas y faire grand-chose s’installe.

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La région réclame la suppression des vols entre 23 heures et 6 heures du matin à l’aéroport de Roissy, comme à Orly. Cette question n’a pas été tranchée par le groupe de travail sur la santé préparatoire au Grenelle. Le groupe recommande toutefois de résorber en cinq ans les “points noirs” identifiés, et d’achever le travail de cartographie du bruit prescrit par une directive européenne, qui a pris beaucoup de retard, avant la fin 2007.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l’édition du 27.09.07

“Mosaïque Smartienne”, exposée sur le site de la Mutuelle Prévoyance Santé

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