Villette sonique – les banshees d’aujourd’hui

Villette Sonique est un festival rock pop électro qui se déroule chaque année à Paris au mois de juin

Festival sans grosse machine à billet ni groupes à la mode, Villette Sonique résiste aux lois du marché et aborde sans complexe un large spectre de la scène musicale aventureuse et festive mais bien vivante.

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Pour son cru 2008, le festival se développe et revient dans la Grande Halle rénovée. Plus de concerts donc sans rien perdre des fondamentaux : primauté des musiques indépendantes internationales, invitations de musiciens emblématiques, mise en lumière de jeunes artistes sans oublier les concerts gratuits sur le parc avec un village label étoffé.

A travers cette édition, le festival confirme également ses affinités avec d’autres disciplines, l’art contemporain notamment.

Au moment où le paysage musical mondial est en voie de concentration, le véritable défi de Villette Sonique est de prouver qu’une scène indépendante créative existe.
A contre courant et sans perdre son âme.

Frédéric Mazelly Directeur artistique
Etienne Blanchot Conseiller artistique

Alléchant pour le mélomane que je suis !

Mais que vois-je sur le groupe Facebook dédié à Villette Sonique, ainsi que sur le site du festival ? La photo ci-dessus, qui nous montre une banshee.

Qu’est-ce que c’est que cette chose, une banshee, me diront certains d’entre vous – les moins cultivés, ou peut-être les plus honnêtes 😉 ?

Réponse toujours, sur le site du festival :

Villette Sonique a commandé à l’artiste plasticien Arnaud Maguet deux projets originaux qui interrogent l’histoire de la pop culture et ses perceptions.

BANSHEES, 2008
MEET THE BEATLES !, 2008

La banshee, créature mythologique celte, peut revêtir plusieurs apparences. On peut la rencontrer sous la forme d’une belle jeune fille au visage dévoré par les pleurs, vêtue d’une robe verte et d’un manteau gris. Lorsqu’une banshee hurle, celui qui l’entend sait que quelqu’un est mort, ou s’apprête à mourir. Il arrive parfois que des banshees se réunissent pour hurler à l’unisson, annonçant le décès d’une personne importante.
Le projet Banshees consiste en l’impression de cinq mille affiches figurant des plans serrés de fans hystériques lors d’un concert et à leur diffusion aléatoire dans l’espace urbain. Ces fans anonymes, sorties de leur contexte historique, prennent sur les affiches la place des vedettes qu’elles admirent et semblent annoncer, par leurs cris, la fin d’une époque insouciante.

Meet The Beatles ! consiste en quatre meeting points suspendus dans différents espaces. Ces installations créent quatre possibilités de rencontre avec les ex-Beatles qui vont, pour diverses raisons de l’improbable à l’impossible.

Les deux projet sont présentés tout au long du festival dans la Grande Halle de la Villette.
Leur confrontation crée une dialectique de la frustration qui souligne la torsion du pacte tacite entre hystérie et amplification qui eut lieu au milieu des années soixante et ce, aux dépens du groupe « plus populaire que Jésus ».

Comme on le voit, dans les années 60, la jeune fille hystérique se bouchait les oreilles, secouée qu’elle était par l’émotion juvénile que son jeune corps ne pouvait contrôler.

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De nos jours, la progéniture de cette jeune fille hystérique se rend toujours aux concerts. Mais si elle met ses mains sur les oreilles, c’est peut-être plus souvent pour se protéger d’un son bien trop fort, et donc de la douleur, que pour protéger son corps d’un déferlement orgasmique.

Plus pragmatique, en somme. Doit-on le regretter ?

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