Violence conjugale, le spot TV qui tue

Les enfants apprennent beaucoup de leurs parents, y compris les violences conjugales.

Vous l’avez sans doute déjà vue sur vos écrans de télévision : le gouvernement a lancé une (énième) campagne de communication à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences conjugales.

Un clip brillant qui repose sur une idée forte : les violences conjugales ne sont pas uniquement l’affaire des hommes et des femmes, qu’ils soient parents ou non d’ailleurs. Les enfants sont directement concernés. Ils sont même au centre du sujet.

Le Monde nous parle du clip en ces termes : “le gouvernement se propose d’aborder différemment le thème de la violence conjugale pour sensibiliser non seulement les victimes mais également leurs conjoints en mettant en scène des enfants.”

Je ne pense pas que ce soit là que réside la force de ce spot car, si la victime peut prendre conscience qu’il est anormal de subir une telle violence, le “bourreau” ne réalise pas forcément la portée de ses actes – sauf dans des cas précis et selon moi minoritaires à savoir, par exemple, le cas d’un sadique qui par définition prend plaisir à faire souffrir… et qui est lucide à ce propos.

En fait, il me semble que la force de ce spot tient au fait qu’il s’adresse, tout comme les précédents, avant tout à la victime. Mais, cette fois-ci, en la poussant à réagir. En effet, pour la victime, se taire, c’est  prendre le risque de reproduire chez ses propres enfants des schémas de violence dont il est difficile de sortir. Et c’est, en regardant ici et maintenant, exposer au quotidien ses enfants à une violence bien plus réelle et brutale que celle qu’ils peuvent voir à la télé ou sur internet.

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Une violence en outre bien souvent totalement gratuite, comme on le voit bien dans ce spot. On sort là d’une justification de la violence que la victime, sans aller jusqu’à parler de syndrome de Stockholm, adopte souvent, consciemment ou non. Avec le sentiment de culpabilité qui va avec et autre “s’il agit de la sorte c’est qu’il a des raisons de le faire.” Ainsi, le spot appelle à l’action : la victime peut accepter de souffrir si elle est la seule à payer le prix de son inaction mais, une fois placée devant l’évidence que ses enfants sont en première ligne, elle n’a plus le droit de se taire.

Le spot TV :

(Au passage, Le Monde ajoute que ce spot est diffusé par des chaînes de télévision solidaire de cette cause, à partir du mercredi 25 novembre… Mais qu’ont donc tous ces gens avec ce “solidaire”, désormais toujours employé au singulier au mépris des règles les plus basiques du Français  ? A croire qu’il s’agit d’un mot magique qui permet, lorsqu’on le prononce, de résoudre instantanément tous les maux. J’ai abordé brièvement cette névrose du “solidaire” dans un billet consacré au festival Solidays.)


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