musiciens abîmés



  • musiciens abĂ®mĂ©s

    aa6997a963fd61ac83b95b5ba000fd55?s=1&r=g&d=https%3A%2F%2Fwww.oreille malade.com%2Fwp content%2Fuploads%2F2020%2F05%2Favatar oreillemalade mis Ă  jour Il y a 6 annĂ©es, 10 mois 2 Membres · 2 Messages
  • c37985645af2478d3da6f40f42d07fa8 bpthumb

    bea

    Membre
    15 novembre 2013 Ă  11 h 22 min

    Bonjour !
    Je ne sais combien de musiciens, professionnels ou amateurs, se trouvent sur le site, ou font partie de vos connaissances ?
    Quelques anecdotes sur ce que la pratique de la musique (et pas seulement “mĂ©tal” !) peut nous faire, de l’anodin au grave… L’occasion aussi de prendre conscience de certaines rĂ©flexions, certains comportements, liĂ©s au manque d’information.
    A votre tour si vous avez d’autres histoires musicales Ă  raconter !

    Bêtise et gros dégâts, par ignorance :
    Petit orchestre amateur, catĂ©gorie “harmonie municipale”, avec majoritairement des instruments Ă  vent. Un soir de rĂ©pĂ©tition, le banc des trompettes s’ennuie pendant que le chef d’orchestre fait travailler en dĂ©tail les saxophones, et les 7 ou 8 adolescents prennent l’idĂ©e de faire sursauter la flĂ»tiste devant eux : imaginez 7 ou 8 trompettes braquĂ©es juste derrière les oreilles de quelqu’un, et soufflant brusquement Ă  pleine puissance… Oh oui, elle a sursautĂ© ! Tout le monde a bien ri, tout le monde… Quelques jours de maux de tĂŞte, et puis on oublie tout ça.
    Quelques temps plus tard, perte d’audition de 49%, irrĂ©versible.
    Elle s’en sort “bien”, mais ne pourra plus progresser musicalement. Sa vie privĂ©e tout comme sa passion en sont profondĂ©ment altĂ©rĂ©es.

    RĂ©flexions moqueuses et absence d’aide, par ignorance :
    Cours particulier d’instrument (quel qu’il soit), en Ă©cole de musique ou au conservatoire. L’Ă©lève pratique de 10 Ă  15 heures par semaine (c’est nĂ©cessaire Ă  tout amateur qui souhaite progresser). Et un jour, cet Ă©lève se prĂ©sente sans son instrument, la main et le poignet dans une attelle :
    – DĂ©solĂ©, je ne pourrai pas jouer pendant 15 jours au moins, j’ai fait une tendinite…
    – Comment ça, une tendinite ?! (dĂ©but de rire amusĂ©)
    – Ben oui : apparemment j’ai trop forcĂ© sur ces tendons, lĂ , vous savez, le canal carpien et tout ça, enfin bref, ça s’est enflammĂ©, ça fait vraiment très mal, il faut que je m’arrĂŞte pour que ça se calme, plus aucun effort, sinon/…
    – “Effort”, “effort”, ne me fais pas rire ! (dont acte : gros rire moqueur) Tu as l’instrument le moins lourd de sa famille !
    [exemples : un violon par rapport Ă  une contrebasse, un sax soprano par rapport Ă  un sax tĂ©nor…]
    – Peut-ĂŞtre bien, mais/…
    – N’importe quoi… C’est toi qui t’y prends mal, c’est sĂ»r. Combien de temps tu dois t’arrĂŞter de jouer ?
    – 15 jours au moins.
    – Ah, mais ça va pas, ça : et le concert annuel, alors ? C’est dans 8 jours ! J’ai besoin de toi dans les rangs, moi !”
    Sous la pression, l’Ă©lève quitte son attelle et joue au concert annuel (1h de “chauffe”, une demi-heure de pause, et 2h en continu), la tendinite devient chronique Ă  vie, et le gĂŞne rĂ©gulièrement jusque dans sa vie privĂ©e (ne peut plus ouvrir une bouteille d’eau, un pot de moutarde…).
    Quelques semaines après l’incident, une Ă©mission de Radio Classique expliquait que 40% des musiciens assidus sont atteints de tendinites, Ă  divers endroits du corps selon l’instrument pratiquĂ©.

    Instruments Ă  vent et ORL psychologisant :
    Un hautboĂŻste-chanteur souffrait de cĂ©phalĂ©es importantes, de sinusites rĂ©pĂ©tĂ©es (7 Ă  10 fois par an, 10 ou 12 jours Ă  chaque fois), les traitements mĂ©dicamenteux n’apportaient qu’un soulagement modĂ©rĂ©, sans jamais rĂ©gler le problème, les radios montraient des sinus dĂ©gagĂ©s en dehors des crises. L’ORL finit par lui dire que c’Ă©tait “psy”, qu’inconsciemment il devait “faire un rejet”… Pourtant lui savait qu’il aimait profondĂ©ment la musique. Peu Ă  peu son jeu devenait moins prĂ©cis, son chant moins juste : un bilan montra que son audition baissait. LĂ  encore on lui dit que c’Ă©tait “dans la tĂŞte”, qu’il se fermait au monde… Et puis un beau jour il croisa le chemin d’une clarinettiste, qui savait quelle pression d’air il faut fournir pour ces instruments, et qui elle aussi Ă©tait sans cesse victime de sinusites : “Si tu veux arrĂŞter tes sinusites, tu devras abandonner les instruments Ă  vent. C’est un choix difficile.”
    Aujourd’hui il n’a plus de sinusites ni de cĂ©phalĂ©es, et chante juste Ă  nouveau… avec une guitare.
    C’est un autre ORL qui le suit pour les petites sĂ©quelles auditives…

  • aa6997a963fd61ac83b95b5ba000fd55?s=80&r=g&d=https%3A%2F%2Fwww.oreille malade.com%2Fwp content%2Fuploads%2F2020%2F05%2Favatar

    oreillemalade

    Organisateur
    19 novembre 2013 Ă  18 h 05 min

    Merci @bea pour toutes ces anecdotes… La musique est ma grande passion… J’y suis donc particulièrement sensible… C’est Ă©difiant… :-/

    Cela montre une nouvelle fois Ă  quelle point la conscience des risques auditifs est proche du nĂ©ant, mĂŞme chez les premiers concernĂ©s. Il ne faut pas s’Ă©tonner alors que le public se fasse Ă©clater joyeusement l’oreille interne par dizaines de milliers chaque annĂ©e rien qu’en France, surtout lorsque l’on sait que les artistes et ingĂ©nieurs du son sont eux nettement moins exposĂ©s que les spectateurs…


Affichage des publications 1 - 2 de 2

Connectez-vous pour répondre.

Article Original
0 de 0 messages Juin 2018
Maintenant