Comment aider un dépressif ?

Comment aider un dépressif ? La dépression pour les nuls

Comment aider un dépressif : que dire et ne pas dire

Durant ces quelques annĂ©es, j’ai pu entendre pas mal de petites phrases qui sont comme un coup de massue pour une personne qui traverse une dĂ©pression. De toute Ă©vidence, c’est la maladie idĂ©ale pour qui veut apprendre Ă  reconnaĂźtre les bofs. FlorilĂšge des mots Ă  absolument employer si vous voulez savoir comment aider un dĂ©pressif.

“Faut que tu te bouges le cul.”

Un grand classique. Qui part de l’idĂ©e que la dĂ©pression se combat par la volontĂ©. Autrement dit, le dĂ©pressif est faible. La dĂ©pressive aussi, cela va de soi.

Autre connerie de la mĂȘme famille, comme on dit dans Mot de Passe de Sabatier sur France 2 : “quand on veut, on peut“.

“Faut arrĂȘter de se regarder le nombril.”

Celle-ci participe de la mĂȘme logique que la prĂ©cĂ©dente. Oui, le dĂ©pressif (ou le dĂ©primĂ©, pour utiliser un terme un peu plus mĂ©dical) se trouve enfermĂ© dans une bulle et a donc bien du mal dans son contact avec le monde extĂ©rieur. Non, ce n’est pas de l’Ă©gocentrisme, du narcissisme, du nombrilisme ou de l’onanisme (ami lecteur de moins de 14 ans, je viens de parler ici de masturbation, tu viens d’apprendre ici un mot).

“Tu as tout pour ĂȘtre heureux, je ne comprends pas.”

Mon oncle a chopĂ© le cancer, pourtant il vivait heureux avec une femme magnifique, des enfants surdouĂ©s et un boulot qu’il adore. Je ne comprends pas.

“Ça va, c’est la belle vie pour toi !”

Tu fais la grasse matinĂ©e tous les jours, on en rĂȘve tous tu sais ? Quelle chance tu as, j’espĂšre que tu en as conscience !

“Tu es tout le temps fatiguĂ© alors que tu fous rien !”

Ta cousine finit à la Défense à 21 heures tous les jours et elle est en pleine forme, toi tu es fonctionnaire et chez toi à 18 heures et tu es crevé ! Y a rien qui te semble bizarre, là ?

“ArrĂȘte de faire la gueule, c’est chiant pour nous.”

C’est vrai quoi. Camarade, ce n’est pas trĂšs juste envers les autres. Rentre vite dans le rang, sinon c’est le goulag. J’en ai parlĂ© Ă  Nathalie Artaud, elle se propose pour aider Ă  ta rĂ©Ă©ducation.

“Il te faut quoi pour ĂȘtre enthousiaste ?”

MĂȘme genre. Putain t’es chiant Ă  faire la gueule.

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“On a tous nos problĂšmes, Jean-Louis !”

AssĂ©nĂ© de prĂ©fĂ©rence sur un ton rĂ©probateur, bien entendu. Perso j’ai perdu mon poisson rouge avant-hier et je fais pas chier tout le monde avec ça, je ne vois pas pourquoi tu viens m’infliger tes Ă©tats d’Ăąme. ÉgoĂŻste de merde.

“Ne compte pas sur moi pour te plaindre.”

La personne qui dit ça est gĂ©nĂ©ralement persuadĂ© de faire preuve d’une grande intelligence. L’idĂ©e est sans doute de faire comprendre au malade qu’il a tout plein de trucs positifs dans sa vie. Le plaindre, ce n’est pas constructif. Ce que l’interlocuteur entend ? “Ne viens pas me gonfler avec ça alors que je t’envie pour plein de raisons”. Donc “tu n’as pas honte de te plaindre, connard ?”. Dans les faits, la personne qui dit ça se tire gĂ©nĂ©ralement vite fait et laisse crever le dĂ©primĂ© dans le caniveau. Voir le chapitre bonne conscience pour mieux comprendre. Au moins, elle ne lui a pas fait pipi dessus au passage.

“Je comprends ce que tu vis.”

Ces mots sont Ă  double tranchant. Dans la bouche d’une personne qui a traversĂ© une dĂ©pression sĂ©vĂšre, ils peuvent ĂȘtre trĂšs bĂ©nĂ©fiques. En revanche, dans celle d’une autre qui a connu un Ă©pisode dĂ©pressif relativement lĂ©ger et passager, cela peut ĂȘtre destructeur. Car les gens qui sont persuadĂ©s d’avoir connu la mĂȘme chose que vous sont souvent les moins tolĂ©rants. “Si je m’en suis sorti, y a pas de raison que tu ne t’en sortes pas”. Quelque chose comme ça. Espoir incertain, culpabilitĂ© garantie. Et sentiment d’incomprĂ©hension un peu plus profond encore.

“Baise ta copine et fais du sport, ça ira mieux”.

Celle-ci est un petit bijou de finesse que l’on m’a rapportĂ©e l’annĂ©e derniĂšre. AprĂšs tout, pourquoi pas. Ça a l’air simple et la simplicitĂ© c’est le bien. Si tu n’as pas de copine, il te reste l’onanisme (voir plus haut). Si tu n’arrives pas Ă  respirer, bouffĂ© que tu es par l’anxio-dĂ©pression, il te reste… un peu de souffle. ForcĂ©ment, puisque tu es en train de lire ces quelques lignes. Puisqu’on te dit qu’il faut arrĂȘter de te plaindre, c’est indĂ©cent Ă  la fin !

“Je ne comprends pas ce qu’il y a de compliquĂ© Ă  faire ça.”

Ben oui, on ne le dit pas assez mais la personne dĂ©pressive est trĂšs conne : bien souvent, elle ne sait mĂȘme plus coller un timbre sur une enveloppe pour payer sa derniĂšre facture EDF. Elle est pourtant capable, par ailleurs, de faire preuve de bien plus de finesse intellectuelle  lorsque l’on discute avec elle que de tout ce qui sort de toute une campagne Ă©lectorale de Jean-Luc MĂ©lenchon.

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Dis-toi que le dĂ©pressif non plus ne comprends pas. Mais que ce n’est pas pour autant qu’il y arrive. Pire encore, il ne comprend pas que tu ne comprennes pas (qu’il ne comprenne pas). On se mort la queue, lĂ  – aucun rapport avec l’onanisme sus-citĂ©.

Une solution ? Ne pas se poser de question et faire confiance. Si elle n’arrive pas Ă  effectuer un geste qui peut paraĂźtre totalement anodin pour l’individu lambda, il ne faut pas chercher Ă  comprendre l’incomprĂ©hensible, mais proposer son aide. Ça paraĂźt logique non ? Oui c’est trĂšs con, mais je ne suis pas sĂ»r que tout le monde le fasse. Comme quoi…

“Je ne sais pas comment te faire comprendre ça”.

Vous avez rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois Ă  votre ami qu’il doit faire ceci ou cela, mais il ne l’a toujours pas fait. Pourtant, vous sentez bien que ce n’est pas parce qu’il s’en fout (quoique, au fond, vous vous posez tout de mĂȘme la question en permanence). Vous ne comprenez pas ce qu’il y a de compliquĂ© Ă  faire ça. Vous lui rĂ©pĂ©tez donc qu’il faut le faire. Mais ce con, il capte pas mieux cette fois-ci que la fois prĂ©cĂ©dente. Bien jouĂ© : dĂ©jĂ  que le dĂ©pressif a tendance Ă  avoir une piĂštre image de lui, autant lui faire savoir qu’il est un tantinet teubĂ©.

“On a un gros problĂšme lĂ  !”

Oui, vous ĂȘtes allĂ© faire les courses au Carrouf et la caissiĂšre a oubliĂ© de vous faire la rĂ©duction sur le pack de Coca Light. Un gros problĂšme, en effet. DĂ©jĂ  que le dĂ©pressif a tendance Ă  voir tout en noir, autant assombrir encore un peu tout ça. Avec un peu de chance, ça va lui filer une bonne bouffĂ©e d’angoisse, en plus. C’est toujours ça de pris.

“Elle elle ne risque pas de tomber en dĂ©pression, elle est forte, c’est quelqu’un qui a du caractĂšre”

Ben oui quoi. Si tu n’Ă©tais pas un gros flanby, tout mou, flasque, sans relief et sans intĂ©rĂȘt (sans aspĂ©ritĂ©, comme on dit dans la pub), tu ne serais pas en dĂ©pression. Pov’ merde.

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“Tu ne donnes jamais de nouvelles !”

Quoi de mieux en effet qu’un bon reproche pour aider quelqu’un qui va mal ?

“De toute façon tu auras toujours ta dĂ©pression”

Magnifique ! LĂ  on tient une phrase de vainqueur. Celle-ci est parfaite si vous avez un ami dĂ©pressif et que vous souhaitez rĂ©cupĂ©rer sa collection de vinyls de John Peel ultra-collector. Il y a de bonnes chances qu’il aille se pendre dĂšs que vous l’aurez quittĂ©. J’imagine que c’est radical. Assurez-vous nĂ©anmoins qu’il a bien Ă©crit son testament avant de partir. Cela revient Ă  dire Ă  quelqu’un qui traverse une des pires maladies qui existent qu’il ne guĂ©rira jamais. On compare souvent la dĂ©pression Ă  un tunnel, ce qui est trĂšs juste. Un tunnel dont, bien souvent, on ne voit aucune extrĂ©mitĂ©. Vous n’avez plus qu’Ă  bĂ©tonner les issues et le tour est jouĂ©.

 

Comment aider un dépressif alors ? Que faire ? Que dire ?

On entend souvent que la personne dĂ©pressive se coupe de son entourage et que c’est mal. On suppose alors, avec facilitĂ©, que le dĂ©pressif est seul en cause dans ce processus d’isolement social. Mais peut-ĂȘtre le fait-il pour une question de survie, pour se protĂ©ger de l’acide que vous jetez sur ces plaies ? La dĂ©pression est une maladie (ce n’est pas le cas d’un coup de dĂ©prime), une des pires qui existent, elle est terriblement invalidante, c’est comme un trou noir qui vous dĂ©vore de l’intĂ©rieur. Si vous connaissez quelqu’un qui vit cela, pitiĂ© pour elle ou pour lui : n’en rajoutez pas.  ArrĂȘtez d’ĂȘtre con, et votre ami dĂ©pressif ne coupera pas les ponts. Bien au contraire, il deviendra un vrai petit chien fidĂšle.

Les animaux se cachent pour mourir, peut-ĂȘtre parce qu’ils n’ont pas envie de se faire achever par le troupeau.

AprÚs voir lu tout ça, voulez-vous vraiment savoir comment aider un dépressif ? Réfléchissez-y à deux fois. Parce que comme le dit Dider Super, les dépressifs des fois y font chier.

CrĂ©dit photo Comment aider un dĂ©pressif ? La dĂ©pression pour les nuls : Chris O’Connor.

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J’ai plus envie : dĂ©sabusĂ© de tout. Et de rien.

Je m’apprĂȘtais Ă  Ă©crire un billet sur le rĂ©cent drame norvĂ©gien et cette lamentable paresse intellectuelle qui consiste Ă  Ă©tiqueter de “fou” un individu qui commet un atrocitĂ©, s’Ă©vitant ainsi toute rĂ©flexion de fond sur ce qui a pu causer un tel acte. Mais des attaques rĂ©pĂ©tĂ©es ces derniĂšres heures ont fini par me faire passer l’envie de faire marcher le cerveau.

RĂ©ponses

  1. se qui veux dire que c facile de vivre avec des acouphenes c bien sa en attendant les orl son bien content de nous trouver pour des consultation qui pratique entre 100 et 200 euro au mieux de leur donner notre argent plutot les donner dans la recherche car tant con nous diras quil faut vivre avec et bien personne ne ferras rien surtout nous les concerner il faut faire bouger les choses depuis 1918 sa ne bouge pas du moins trĂšs peut c normal chacun d’entre nous souffrons de notre coter mobilisons nous pour faire avancer les choses merci

  2. Tout Ă  fait d’accord avec le paragraphe “ce que tu vis”. Ceux qui ont rencontrĂ© un Ă©pisode dĂ©pressif sont moins tolĂ©rant… Bien moins tolĂ©rant car ils pensent que toute dĂ©pression est identique Ă  la leur et sont sĂ»r qu’avec un peu d’effort on s’en sort facilement, d’ou quelques remarques acerbes parfois.

  3. Bonjour,

    Bravo, court et trĂšs rĂ©aliste, le vĂ©cu de la vue d’un dĂ©pressif et tous ces cons autour :p Certes, ils ne le font pas exprĂšs, mais il faut accepter un jour ou l’autre qu’un dĂ©pressif est malade, et qu’il n’est pas question de volontĂ©! Et les anciens dĂ©pressifs, en effet, sont les pires, ils pensent tout comprendre, qu’une courte dĂ©pression ou qu’une baisse de moral est pareille que votre dĂ©pression sĂ©vĂšre qui suit moults dĂ©cĂšs, perte d’emplois, d’un toit, d’amis etc c’est toujours sympathique pour aider le/la malade … !

    Bref, tu as bien rĂ©sumĂ© les choses, avec l’humour dont ce texte avait besoin pour bien passer, çà m’a fais sourire, et tu rĂ©sume bien la rĂ©alitĂ© des choses 🙂

    Je me permet de donner ce lien à quelques personnes qui en ont bien besoin 🙂

  4. pas trres intelligent votre message… no l’entoureg ce ne sont pas des cons… mamere est depressive depuis 40 ans et commenc a se soigner… le fait est qu’elle a pourri la vie de tout le monde, de moi de son mari… comment au bout d’un moment la patience de rompt et effectivemenent quand on a tout fait pour l’aider on a aussi envie qu’elle se bouge le cul…. ca la rend mechante…. est ce car elle est malade que nous devonss suporter ses remarques, ses crises et devenir depressifs a notre tour? c’est destructeur pour l’entourage… alors merci pour les commentaires mais expliquez plutot comment aider ce type de personnes… l’entourage souffre aussi….

    1. Ne le prenez pas mal, mais votre commentaire prouve que vous n’avez absolument pas compris les mĂ©canismes de la dĂ©pression… Vous dites que votre mĂšre est en dĂ©pression depuis 40 ans mais qu’elle vient seulement de commencer Ă  se soigner. Cela veut-il dire que personne n’avait conscience de sa maladie jusqu’Ă  trĂšs rĂ©cemment ?

      Un premier point est qu’effectivement et naturellement, l’entourage d’un dĂ©pressif doit absolument se protĂ©ger, s’oxygĂ©ner, car la dĂ©pression est d’une certaine façon une maladie “contagieuse”. Oh, elle ne s’attrape pas en se touchant la main Ă©videmment mais un contact permanent sur une longue durĂ©e peut tirer la personne en bonne santĂ© vers le fond. Or, pour apporter de l’aide au malade, il faut qu’elle soit dans la meilleure santĂ© possible.

      Vous voyez, quand vous dites que vous aimeriez bien qu’elle “se bouge le cul”, c’est comme si vous disiez Ă  une personne en fauteuil roulant “hĂ© coco tu arrĂȘtes de faire ta larve, tu te lĂšves et tu viens nous aider Ă  sortir les courses de la voiture, ok ?”. En Ă©tant naturellement en colĂšre contre elle, puisque dans votre tĂȘte la personne refuse de se lever. Alors qu’elle ne le peut tout simplement pas, et que ce simple fait est dĂ©jĂ  pour elle une grande souffrance. Comprenez-vous Ă  quel point c’est agressif – et insultant – pour le malade ?

      En fait, non seulement la volontĂ© n’est d’aucun secours en matiĂšre de dĂ©pression mais c’est mĂȘme pire que ça : les spĂ©cialistes s’accordent Ă  dire que les personnes qui ont le plus la volontĂ© de s’en sortir… sont justement celles qui ont le plus de difficultĂ©s Ă  guĂ©rir ! Je ne vais pas vous expliquer cela en deux lignes, si cela vous intĂ©resse il y a de nombreux livres qui montrent ces mĂ©canismes, comme par exemple “MĂ©diter pour ne plus dĂ©primer. La pleine conscience, une mĂ©thode pour vivre mieux.” de Christophe AndrĂ©.

      J’ai d’ailleurs lui et entendu les mĂȘme stupiditĂ©s au sujet du BaclofĂšne ces derniers jours. Sur des pages entiĂšres, des internautes disent que pour sortir de l’alcoolisme seule la volontĂ© compte, il faut simplement dĂ©cider d’arrĂȘter de boire. Ces gens n’ont rien compris. Ce sont des propos de comptoir. Non seulement ils sont dans l’erreur, mais en plus ils disent Ă  la personne alcoolique que si elle est malade c’est parce qu’au fond elle le veut bien. Essayez de vous projeter un instant… RĂ©alisez-vous l’horreur d’une telle attitude ?

      Donc pour finir oui Ă©videmment cela peut ĂȘtre destructeur pour l’entourage, je suis le premier Ă  le dire. Et le fait que vous vous souciez de votre mĂšre prouve Ă  quel point elle compte pour vous. Combien de dĂ©pressifs se retrouvent rapidement seuls, abandonnĂ©s par leur famille et leurs amis – qui estiment lĂ  encore dans la quasi-totalitĂ© des cas que le dĂ©pressif n’a qu’Ă  dĂ©cider de ne plus ĂȘtre dĂ©pressif. Vous ĂȘtes encore lĂ  aprĂšs toutes ces annĂ©es, et votre pĂšre aussi, donc je vous tire mon chapeau Ă  tous les deux ! Ce que je vous conseillerais, si c’est possible, ce serait d’aller voir un spĂ©cialiste avec elle, ou de votre cĂŽtĂ©, je ne sais pas. Mais il faudrait que vous puissiez discuter avec un psy sur la durĂ©e pour comprendre un peu mieux ce que vit votre mĂšre et Ă©vacuer ce qu’elle vous fait subir. Ceci afin de pouvoir vous prĂ©server mais aussi de pouvoir l’aider. Car n’oubliez pas que, quoiqu’elle vous fasse endurer, et je sens bien que c’est trĂšs dur, c’est elle qui souffre le plus…

      1. je comprend votre point de vue, le fait est qu’elle a refuse de se soignĂ© auparavant…. elle ne souhaitait pas voir unspecialiste…. honnetement vous penserezcertaineement qu je n’ai rien compris mais c’est dur a digerer pour l’entourage… comment ne pas penser que ne pas vouloir se soigner ce n’est pas aussi ne pas se soucier de son entourage? j’ai essayĂ© d ‘ere comprehensive longtemps, maintenant j’ai deux enfants et ils passent avant….

        1. Je me mĂ©fie toujours du “ne veut pas se soigner” et je vais vous dire pourquoi 😉 Lorsque j’ai eu mon traumatisme et que mes symptĂŽmes sont apparus, il y avait quelqu’un dans ma sociĂ©tĂ© Ă  l’Ă©poque qui Ă©tait venu me voir – quelques mois plus tard en rĂ©alitĂ©. Cette personne m’a dit en substance “je te comprends parfaitement, quand je vais en vacances en Corse je ne supporte pas le bruit des cigales sur la plage, je veux dire, ça me fait tellement mal que je ne peux pas rester”.

          Elle semblait comprendre nĂ©anmoins que ce que je vivais Ă©tait largement pire, pour ĂȘtre gentil, mais elle m’a dit qu’elle avait Ă©tĂ© soignĂ©e trĂšs rapidement par la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et m’a donnĂ© l’adresse de son spĂ©cialiste. Le fait est que je suivais dĂ©jĂ  une autre piste Ă  ce moment lĂ  – psy et/ou dentiste, je ne suis plus sĂ»r de la date exacte – et que si l’on veut guĂ©rir il ne faut pas tout faire en mĂȘme temps. Et puis, bien des gens m’avaient conseillĂ© bien des pistes, ce n’Ă©tait donc qu’une parmi d’autres… J’ai gardĂ© le papier dans mon tiroir. Quelques semaines plus tard, je l’ai recroisĂ©e. Elle Ă©tait toute Ă©tonnĂ©e que je ne sois pas complĂštement guĂ©ri. Lorsque je lui ai dit que je n’avais pas encore contactĂ© son spĂ©cialiste PNL, elle n’a pas eu l’air de comprendre.

          Peu de temps aprĂšs, elle a dit Ă  quelqu’un que je connaissais que je refusais de me soigner – et que donc je me complaisais dans ma situation. Puisque de son point de vue elle dĂ©tenait la solution. Elle Ă©tait mĂȘme en colĂšre contre moi et elle a dit en gros que c’Ă©tait bien fait pour moi si je souffrais beaucoup puisque je ne voulais pas me prendre en main. Bref.

          Je ne dis absolument par que c’est votre cas, mais juste que vu de l’extĂ©rieur – mĂȘme si vous n’ĂȘtes pas totalement Ă  l’extĂ©rieur – c’est toujours plus facile de se dire que la personne ne veut pas guĂ©rir. Ceci dit Ă©videmment si elle est malade depuis 40 ans et ne veut voir AUCUN mĂ©decin, autrement dit si elle vit dans le dĂ©ni le plus complet, vous ne pouvez pas lui ouvrir les yeux Ă  sa place, j’en ai peur…

          Je comprends que dĂ©sormais vos enfants passent avant et je vous l’ai dit, je vous tire mon chapeau parce qu’on sent vraiment que vous vous ĂȘtes plus que souciĂ©e de votre mĂšre… Peut-ĂȘtre pourriez-vous lui Ă©crire une lettre, sans lui reprocher quoi que ce soit, mais pour essayer un petit Ă©lectrochoc, qu’elle comprenne peut-ĂȘtre qu’elle est malade et qu’elle fait souffrir les gens qui l’aiment. Sans pour autant qu’elle prenne cela comme une reproche. Pas facile, en effet…

          1. il est sur que l’histoire de chacun lui est propre et c’est difficle a expliquer en quelques lignes. Meme si les mots de votre article, je vous l’avoue m’ont choquee car l’entourage, meme si il est maladroit, essaye d’aider , cela m’a ouveert les yeux sur beaucoup de choses.j’ai compris que certains comportements sont dus a la maladieet pas a de la mauvaise volonte…. donc je vous remercie 🙂

          2. Je crois qu’il ne faut pas gĂ©nĂ©raliser. Il y a certains entourages qui essaient d’aider, c’est votre cas et ça force le respect, mais il y en a aussi qui n’essaient mĂȘme pas…

            Pour avoir traversĂ© un Ă©pisode comme ça, je peux tĂ©moigner comme toutes les autres personnes qui l’ont Ă©galement vĂ©cu : il y a de tout.

            Des gens que l’on connaissait depuis des annĂ©es, que l’on pensait ĂȘtre des amis, que l’on avait parfois soutenu, aidĂ©, hĂ©bergĂ© ou autre, et qui fuient dans la seconde oĂč le problĂšme apparaĂźt. Parce qu’ils ne savent pas quoi dire aux gens qui vont mal, par exemple. Ou qu’ils ont autre chose Ă  foutre. On ne vit qu’une fois aprĂšs tout.

            D’autres qui, volontairement ou non, par manque d’intelligence et/ou par mauvais esprit, te mettent la tĂȘte sous l’eau et appuient trĂšs fort. Ou qui restent sur le quai en te regardant te noyer, soit en regardant ailleurs, soit en continuant de te parler comme si tout Ă©tait normal, soit en rigolant mĂȘme…

            Certains qui sont vaguement lĂ  au tout dĂ©but mais qui aprĂšs quelques semaines ou quelques mois disparaissent dĂ©finitivement. Oui qui changent d’attitude, parce que si tu ne vas pas mieux au bout de quelques mois, c’est que tu ne veux pas guĂ©rir, donc c’est ta faute.

            D’autres enfin qui veillent Ă  ne jamais parler de tes problĂšmes, parce qu’il y a plus malheureux que toi, ou encore parce que “tout le monde a ses problĂšmes”, donc c’est indĂ©cent d’en parler etc. Et qui, lorsqu’ils te demandent si tu vas bien, ne veulent pas entendre la rĂ©ponse. Si tu leur dis la vĂ©ritĂ©, ils rĂ©essaient une fois ou deux, puis ils disparaissent. Ben oui, c’est mal Ă©levĂ© de ne pas rĂ©pondre “ça va merci, et toi ?”.

            Ou encore ceux qui considĂšrent que tu n’as qu’Ă  faire un effort et accepter ce qui t’arrive, et qui te le disent avec le sourire. Et si tu y arrives pas, il y a les psys pour ça, et remboursĂ©s par la sĂ©cu hein.

            La liste est interminable. Et encore, personnellement j’ai eu de la chance ! J’ai croisĂ© pas mal de personnes au cours de ces annĂ©es qui se sont retrouvĂ©s seuls ! Ce qui est loin d’ĂȘtre mon cas 🙂 Mais oui effectivement, par la force des choses, le tri se fait.

            D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, j’ai constatĂ© que ce sont les plus grands donneurs de leçons, du genre “il faut aider les personnes qui en ont besoin”, “il ne faut pas ĂȘtre Ă©goĂŻste”, “je suis fier de payer des impĂŽts parce que ça aide les nĂ©cessiteux”, “je suis indignĂ©”, “la guerre c’est horrible”, “tu trouves ça normal qu’il y ait des gens qui meurent de faim ?”, “je suis de gĂŽĂŽĂŽche depuis toujours MĂŽĂŽĂŽssieur et j’ai des valeurs, moi” etc. qui te laissent crever sans aucun scrupule le jour oĂč quelque chose de grave te tombe sur la tĂȘte. Cela m’a Ă©normĂ©ment intriguĂ© et, je l’avoue, m’intrigue encore.

            Mais au fond, c’est un peu comme cette fois oĂč, enfant, j’Ă©tais Ă  la messe – je suis agnostique mais issu d’une famille catholique non pratiquante, c’Ă©tait une messe de PĂąques probablement, je ne me souviens plus. Je voyais une femme non loin de moi qui semblait complĂštement exaltĂ©e. Le curĂ© disait qu’il fallait prendre soin de son prochain, etc., les trucs habituels. Elle Ă©tait Ă  fond 🙂 Puis ça s’est terminĂ© et nous sommes sortis de l’Ă©glise. Et lĂ , je l’ai vue insulter, littĂ©ralement, un clochard qui faisait la manche, totalement pacifiquement. Elle lui a demandĂ© de partir sur le champ. Il gĂąchait la fĂȘte, j’imagine.

            Cela peut paraĂźtre paradoxal mais au fond je pense que ça ne l’est pas du tout, et que c’est mĂȘme le contraire… J’ai constatĂ© la mĂȘme chose chez pas mal de personnes qui tiennent de “beaux discours” Ă  longueur de temps mais qui, si quelqu’un qu’elles connaissent va mal, au mieux le laissent se dĂ©brouiller, au pire lui intiment de garder ses problĂšmes pour lui. L’individu ne les intĂ©resse pas. Il est quantitĂ© nĂ©gligeable.

            Je crois que je continuerai nĂ©anmoins de m’interroger sur ces mĂ©canismes pendant longtemps. Une chose est sĂ»re : les paroles sont du vent, seuls les actes comptent. Et j’ai au moins appris Ă  me mĂ©fier de ces “beaux parleurs”.

            En tout cas, j’imagine que j’ai voulu choquer pour faire rĂ©flĂ©chir, je ne me souviens plus vraiment mais on dirait bien ! Et du coup vos mots me touchent Ă©normĂ©ment. Donc c’est moi qui vous remercie – et aussi d’avoir pris le temps de commenter et de ne pas cĂ©der Ă  la faciliter en me rangeant dans la case “enfoirĂ©” au bout de quelques secondes 😉

            En effet, par exemple, la dĂ©pression peut vous faire voire quelque chose de complĂštement anodin comme une catastrophe atomique. C’est un problĂšme de fonctionnement du cerveau, rien Ă  voir avec la volontĂ© lĂ  encore… Mais il faut au moins que le malade ait conscience de cela… pour qu’il puisse prendre un peu de distance, mĂȘme si c’est trĂšs dur… Mais s’il en a conscience et qu’il voit que son entourage non seulement ne le comprend pas mais le lui reproche, il ne se sent pas aidĂ© mais enfoncĂ©… Ce qui est encore plus dur et peut, en effet, rendre agressif.

  5. Je vis ce problĂšme avec quelqu’un de mon entourage trĂšs proche. C’est vraiment l’enfer et ma patience tend Ă  se tarir au fil des jours, Les pleurs, le nombrilisme, l’accaparement des espaces collectifs comme le lit me sont de plus en plus insuportables. C’est rigolo tout de mĂȘme comme on voit se dessiner deux tribus rivales : Celle des handicapĂ©s et celle des infirmiers Ă  domicile. C’est la guerre ouverte. Le problĂšme vient peut ĂȘtre de lĂ  ? Enfin bref, en tant qu’infirmier je peux vous dire que la phrase “mais tu vas te bouger bordel ?” m’est souvent arrivĂ©e aux lĂšvres, avec aussi “t’as vu la chance que tu as d’ĂȘtre prise en charge par tes congĂ©nĂšres”, sympa pour ce qui est de l’intendance, mais trop cons pour comprendre les soucis stratosphĂ©riques d’une crĂ©ature supĂ©rieure que personne comprend…

    1. Que rĂ©pondre…

      Diriez-vous Ă  un tĂ©traplĂ©gique “mais tu vas te lever de ton fauteuil oui ??? Il n’y a pas de raison que tu sois le seul Ă  rester assis pendant que nous on se dĂ©mĂšne comme des malades ! Bouge toi et plus vite que ça, feignasse !” ?

      Il ne s’agit pas d’ĂȘtre supĂ©rieur ou infĂ©rieur, mais simplement de comprendre que vous ĂȘtes en prĂ©sence d’une maladie. Celle-ci est d’autant plus difficile Ă  apprĂ©hender qu’elle est invisible et qu’elle touche le cerveau – au sujet duquel la mĂ©decine, soyons lucides, ne connaĂźt Ă  ce jour encore pratiquement rien.

      J’ai pu observer que bien souvent les personnes qui n’ont jamais eu de dĂ©pression n’y comprennent rien, car ils se “rĂ©fugient” derriĂšre l’idĂ©e du “je contrĂŽle ma vie, c’est ma volontĂ© qui dĂ©cide de tout”. C’est une vision infiniment rassurante, car on pense qu’on est (seul) maĂźtre Ă  bord, mais c’est une reprĂ©sentation illusoire, tout simplement fausse disons-le.

      Mais j’ai Ă©galement observĂ© que les personnes qui ont subi une dĂ©pression sont le plus souvent incapables de comprendre toute dĂ©pression plus lourde que ce qu’elles ont elles-mĂȘmes vĂ©cu. Comme si elles avaient expĂ©rimentĂ© le pire qu’il soit possible d’imaginer. A mon humble avis c’est une sorte de mĂ©canisme de dĂ©fense psy, car la personne se reconstruit en se disant qu’elle a connu le pire et qu’elle s’en est sortie, qu’elle ne pourra donc jamais vivre quelque chose de plus lourd, et que si la dĂ©pression survient encore elle pourra y faire face de la mĂȘme façon. Mais ce qui en dĂ©coule aussi c’est que parfois certains ex-dĂ©pressifs sont encore moins capables de “comprendre” la dĂ©pression, en tout cas lorsqu’ils sont face Ă  une dĂ©pression plus lourde que celle qu’ils ont affrontĂ©e. Et, du coup, peuvent avoir tendance Ă  se montrer durs, voire cruels, avec le malade, au motif qu’eux ont vĂ©cu “la mĂȘme chose” et l’ont surmontĂ©. Surtout que bien souvent ils ont rĂ©Ă©crit l’histoire en s’imaginant qu’ils ont vaincu la dĂ©pression grĂące Ă  leur volontĂ© – erreur commune mais lourde de consĂ©quences pour les malades.

      A mon avis vous devez prendre un peu l’air, car en Ă©tant affectĂ© de la sorte, ce qui se comprend parfaitement, j’imagine que vous ne rendez pas service Ă  cette personne, qui se bat contre la maladie du mieux qu’elle peut, en la faisant culpabiliser et en la renvoyant Ă  la difficultĂ© voire l’impossibilitĂ© de “se bouger” qu’elle vit actuellement. Croyez bien qu’elle en a conscience, au moins en partie, et qu’elle aimerait que ce soit diffĂ©rent, qu’elle rĂȘve d’avoir la chance de pouvoir enfin se bouger Ă  nouveau, mĂȘme si elle imagine sans doute, au moins par moments, qu’elle ne le pourra plus jamais.

      Cette personne de votre entourage est-elle suivie par un psy ? En espĂ©rant pour elle qu’elle ne tombe pas sur un psy qui n’y comprenne rien lui non plus Ă  la dĂ©pression – cela existe malheureusement et au fond cela n’est pas trĂšs surprenant, pour les raisons que j’ai prĂ©sentĂ©es prĂ©cĂ©demment…

  6. Un article intĂ©ressant sur la dĂ©pression, qui Ă©voque Ă©galement l’hypersensibilitĂ© auditive.

    Tremblements. Angoisses. Paniques. Vertiges. Sudations. Migraines. Douleurs thoraciques. Respiration rapide. Tachycardie. Fatigue morale. Psychique. Physique. Hypersensibilité au bruit. A la lumiÚre.

    L’homme politique Renaud Gautier et le journaliste GrĂ©goire Barbey Ă©voquent la dĂ©pression. Leur dĂ©pression.