My Bloody Valentine : Zenith Ă  son ZĂ©nith (de Paris)

My Bloody Valentine assourdit le ZĂ©nith

Je suis tombĂ© ce week-end sur un compte-rendu du rĂ©cent concert du mythique groupe My Bloody Valentine, le 09 juillet dernier, au ZĂ©nith de Paris, aprĂšs 17 ans d’absence en France.

Pour la petite histoire, ce groupe a accouchĂ© d’un des albums les plus marquants de l’histoire du rock, Loveless, en 1991.

La lecture de ce compte-rendu m’a laissé  sans voix. Et m’a incitĂ© Ă  en chercher d’autres.Pour en arriver Ă  un constat :Hallucinant de voir un tel ramassis de dĂ©biles se branler la nouille sur le volume d’un avion Ă  rĂ©action au dĂ©collage et de hurler Ă  la sociĂ©tĂ© policiĂšre et autoritaire qui nous empĂȘcherait de jouir des plaisirs de la vie.Hallucinant d’autant plus lorsque l’on sait qu’une grande partie d’entre eux, et pour cause, ont dĂ©passĂ© la trentaine.

Je ne le cache pas : lire tout ça me donnerait presque envie d’envoyer ces guignols en colonie de vacances en Afghanistan.

My Bloody Valentine Zenith Paris

Une fois n’est pas coutume, je vais insĂ©rer ici de longs passages de ce qu’on peut trouver sur le site tant je me sens incapable de disserter ce soir sur de la merde en html – je laisse du mĂȘme coup les fautes de Français, je ne me sens pas d’humeur Ă  leur moucher le nez.

Si vous ĂȘtes sur mon blog c’est en effet, je l’espĂšre, que vous connaissez les dangers extrĂȘmement importants – si ce n’est dĂ©jĂ  fait, vous pouvez commencer par lire Mon tĂ©moignage.

Premier compte-rendu, par lequel ma soirĂ©e a commencĂ©, sur le blog de josephghosn avec en signature un « nous ne sommes plus nous-mĂȘmes » qui sonne douloureusement Ă  mes oreilles meurtries, tant je ne suis plus le mĂȘme suite Ă  mon traumatisme auditif de 2003 :

Je ne sais qu’une seule chose au moment de m’endormir : mes oreilles bourdonnent comme rarement et elles rĂ©sonnent de joie, tandis que je vois encore l’écho dans ma rĂ©tine de la silhouette de Belinda exactement comme il y a vingt ans. Elle n’a pas vieilli, je suis toujours amoureux d’elle, sa voix est un bourdon qui me dit que je sais exactement ce que j’ai fait des vingt derniĂšres annĂ©es et ce que je ferai aussi des vingt prochaines, peut-ĂȘtre.

Mais le pire reste Ă  venir avec quelques commentaires sur ce billet.

Le meilleur du pire :

odot :
la bonne grosse honte pour le zenith, dont le limiteur a fait son triste office envers et contre 8000 personnes en lĂ©vitation en plein blitz harsh noise: une sommation, deux sommations, trois sommations, et puis silence. je croyais qu’on ne souffrait de ce genre d’absurditĂ© que dans le fond du cafĂ© chĂ©rie ou Ă  la java, et puis non, en fait, mĂȘme MBV, putain, MY BLOOD. rah lĂ  lĂ .

Eric :
C’est donc les flics qui ont tout arrĂȘtĂ©s ? c’est incroyable ! ils se sont dĂ©placĂ©s exprĂšs au concert ( ils ne sont pas venus sur une plainte du voisinage !) avec la ferme intention de punir le groupe et les gens qui avaient payĂ©s ( cher) leur place de concert, des gens qui venaient en toute connaissance de cause, et qui avait de quoi se protĂ©ger si ils le souhaitaient !
On a attendu 16 ans un groupe qui nous est culte, qui a changĂ© la vie de beaucoup d’entre nous, ils viennent faire un concert unique en France, et ils repartent avec une amende pour avoir jouer trop fort ! ! ! incroyable !
Du coup il nous ont pourris le final qui Ă©tait un dĂ©lice noise tel qu’on l’attendais depuis bien longtemps, et recrĂ©ent malgrĂ© eux une nouvelle frustration 

Mais bon tout cela ne dois pas occulter le reste du concert qui fut tout de mĂȘme un grand moment, une bulle dans le temps qui flotte au dessus de tout!
Ce matin, pour la premiĂšre fois depuis trĂšs longtemps je n’ai mis aucune musique, je n’écoute rien d’autre que le doux bourdonnement dans mes oreilles 


Jacky :
Il n’y avait pas 8000 mais 2500 personnes

Et il y a toujours au moins un flic au Zenith. Il ne s’est pas dĂ©placĂ© exprĂšs, donc.
D’aprĂšs mes sources, la limite lĂ©gale est de 106 dĂ©cibels, et le groupe a passĂ© les 3/4 du concert Ă  115.

[NDLM : la limite lĂ©gale est en rĂ©alitĂ© de 105dB en moyenne et 120dB en crĂȘte, loi de voisinage et non de santĂ© publique, il est utile de le rappeler.]

arbobo :
et a terminĂ© au-dessus de 125 dĂ©cibels, comme je l’ai vĂ©rifiĂ© auprĂšs des ingĂ©s-son et de visu sur le db-mĂštre.

la salle a commuté le son plusieurs fois dans You made me realize (on entendait juste un mélange de bruit blanc et des amplis de la scÚne, assourdis), puis fait éteindre les amplis au bout de 12 minutes.

aprĂšs quelques minutes de colĂšre du groupe furieux qui ne voulait pas quitter la scĂšne, ils sont revenus pour 5 minutes terminer leur morceau, dans les mĂȘmes conditions (son commutĂ© plus d’une fois).

final trùs troublant donc, surtout que sur le moment on n’avait pas toutes ces infos.

mais concert terriblement bon malgré la frustration finale !

Ps : Pour finir la (trĂšs) petite histoire, d’aprĂšs les mĂȘmes sources le groupe envisage un procĂšs contre le ZĂ©nith qui leur avait garanti de pouvoir jouer au volume qu’ls voulaient, ça va ĂȘtre marrant dans le prĂ©toire.

Gwen :
Concert Ă©tourdissant, ça reste du trĂšs bon (mĂȘme si les bouchons d’oreilles Ă©taient plus qu’indispensables 😀 )

yann :
Hier j’étais en transe les 3/4 du concert, qui m’a aussi rappelĂ© qu’en France on ne rigole pas avec les dĂ©cibels (certains se souviendront sans doute du concert de Mogwai qui avait Ă©tĂ© interrompu pour les mĂȘmes raison au cafĂ© de la danse, et de la baston qui s’en Ă©tais suivie entre les roadies du groupe et les ingĂ©s son de la salle!).

[NDLM : j’ai souvent entendu parler de ce concert de Mogwai au CafĂ© de la danse et ai eu l’occasion d’en Ă©couter l’enregistrement
 Je vous parlerai une autre fois de ce groupe terrifiant de connerie qui a pondu quelques disques magistraux – si c’était incompatible, nous le saurions depuis longtemps non ?]

sami bergold :

pan style=”font-weight:bold;”>honte totale pour le zĂ©nith, honte pour la France une fois de plus
, pas une trĂšs grosse surprise juste une piteuse confirmation
FUCK

Jacky :
Ils risquent de perdre leur procĂšs, c’est indĂ©fendable (et d’ailleurs, je peine Ă  croire qu’ils en intentent un) : Ă  partir du moment oĂč ils ont insistĂ© pour dĂ©brancher les limitateurs automatiques, ils s’exposaient Ă  des ennuis.
Et alors apparemement (de source sĂ»re), ils ont carrĂ©ment bousillĂ© des enceintes Ă  la toute fin, en jouant trop fort
 du coup (sans vouloir ĂȘtre relou), je peux comprendre que les mecs du zenith aient dit basta
 🙂

[NDLM : notons le « sans vouloir ĂȘtre relou » de ce pauvre Jacky qui a conscience de s’écarter du discours bien-pensant de ses amis commentateurs ; il ne voudrait surtout pas ĂȘtre relou, fasciste, sarkozyste et compagnie. Notons Ă©galement que si l’on suit son discours, c’est la destruction du matĂ©riel qui a amenĂ© le ZĂ©nith a pousser le hola. Et non la mise en danger du public. Et dans ce cas lĂ  le Jacky ben il « peut comprendre ». On ne dĂ©conne pas avec le matos.]

pornoccio :
Oui, sur la fin, ça sentait le cramĂ©: un ampli a du avoir un coup de chaud. La proximitĂ© de Belinda peut-ĂȘtre? Damned, elle est plus belle qu’il ya 20 ans. C’est Ă©vident, regardez MBV, regardez Sonic Youth: le bruit conserve.

marianne :
on est forcĂ©ment un peu déçu ; je m’attendais Ă  quelque chose de beaucoup plus violent, larsenique, et mes oreilles dĂ©jĂ  bien abĂźmĂ©es n’ont pas tellement sifflé  mais qu’importe, Loveless reste et restera l’un de mes disques prĂ©fĂ©rĂ©s de tous les temps.
Pour moi qui n’ai pas pu voir MBV Ă  la grande Ă©poque, coincĂ©e que j’étais dans ma ville de province, ce concert a juste Ă©tĂ© Ă©norme, j’ai dansĂ© sur la plupart des titres avec cette sensation de “dĂ©rĂšglement de tous les sens” et j’ai constatĂ© que beaucoup de monde Ă©tait en lĂ©vitation ; les principes de prĂ©caution ou de sĂ©curitĂ© qui envahissent peu Ă  peu toutes les sphĂšres de la vie publique et privĂ©e ne nous enlĂšveront pas ça.

[NDLM : Florent Pagny, on t’a reconnu, tombe le masque
]

80000 :
Honte au Zenith! Honte Ă  la France! […] tout ce que j’ai reçu etait un My Bloody Valentine censurĂ©.

stunt :
A Glasgow on a pu profiter d’un son à la fois plus fort et plus clair et d’un final assourdissant (30 minutes de noise).

[NDLM : J’espĂšre que tu en as bien profitĂ©, stunt, et surtout n ‘hĂ©site pas Ă  retourner en Ecosse. Tu pourrais peut-ĂȘtre songer Ă  t’y Ă©tablir d’ailleurs, tu crois pas ? Si tu veux, je t’achĂšte un aller-simple.]

DJ Pop :
Il fut dommage que ce ne soit que trĂšs peu relayĂ© par la presse avant et aprĂšs le concert, si ce n’est, un article pas mal du Monde


[NDLM : Bien dommage en effet de 1/ ne pas avoir prévenu que ce concert serait une boucherie pour le public et surtout 2/ de ne pas en avoir parlé aprÚs]

regis :
Je comprends les frustrations j’aurais moi mĂȘme Ă©tĂ© extrĂȘmement frustrĂ©.
je les ai vu le 29 /06 Ă  Manchester et lĂ  pas de soucis ils ont jouĂ© comme ils voulaient et les bouchons anti bruits Ă©taient nĂ©cessaires dĂšs le dĂ©but. […] la lĂ©gislation n’a peaut ĂȘtre pas Ă©tĂ© ici respectĂ©e soit mais il y a eu un contrat signĂ© entre les artistes et la salle.
donc sachant pertinnement que le niveau sonore serait élevé ils pouvaient ne pas signer le contrat et donc le concert se faisait dans ce cas ailleurs
il y a non respect des artistes et ça c’est scandaleux.
Dommage dommage il aurait fallu casser le zenith aprÚs ça
de toute façon tout les zenith ont un son pourri alors 


A lire aussi :  Lunes de fiel

[NDLM : C’est le RĂ©gis-est-un-con des Nuls, vous croyez ?]

Bojarski :
Les mecs ont tout coupĂ© et y’a pas un blaireau qui a rĂ©agi.
Vous méritez mon plus profond mépris, bande de boniches.

[NDLM : ah, un gros rebelle ! Ça fait plaisir de savoir qu’il en reste.]

Tous des cons ?

Heureusement, dans cet ocĂ©an de crĂ©tinisme, un certain Fab surgit soudain pour gentiment remettre quelques pendules Ă  l’heure :

J’ai aimĂ© MBV il y a X annĂ©es, quand Loveless rĂ©sumait Ă  lui tout seul l’esprit musical d’une Ă©poque. Au moins pour moi.
Je n’ai pas Ă©tĂ© au ZĂ©nith, ni Ă  Manchester, ni ailleurs non plus. Donc je vais parler sans savoir, lancez les tomates. Sauf que j’ai Ă©cumĂ© les concerts pendant 20 ans, et que s’il y a quelques choses dont je suis sĂ»r, ce sont : 1/ pas besoin de balancer 110 dB pour faire un grand concert>2/ jouir pendant 1h15 aux assauts soniques de MBV c’est bandant, choper des acouphĂšnes pendant les 20 annĂ©es qui suivent ça calme (je le sais, j’étais au Transbordeur en 91 ou 92, et c’était dĂ©jĂ  le mĂȘme souk, bruit blanc sur “You made me realize”, sono qui lache et tout et tout
 rien de bien neuf, donc!)

Quant Ă  ceux qui pleurent le fait de ne pas en avoir assez ramassĂ© plein les tympans Ă  cause des organisateurs du ZĂ©nith, rendez-vous dans 15 ans. Ils pleureront encore, mais pas de la mĂȘme chose.

[NDLM : merci Fab, MERCI]

korelys :
Je suis allĂ© au ZĂ©nith ce 9 juillet, excitĂ© Ă  l’idĂ©e de replonger dans ce bain incandescent, mĂȘme si sans surprise dĂ©sormais.
Je m’étais quand mĂȘme procurĂ© des bouchons avant de venir, pour la premiĂšre fois de ma vie !
Eh ouais, je suis pas hypocondriaque mais j’ai 39 ans, dĂ©jĂ  vĂ©cu quelques alertes, aprĂšs des annĂ©es d’excĂšs plus ou moins “contrĂŽlĂ©s”
 je kiffe la vie saine Ă  prĂ©sent, mon sang circule mieux 😉

J’ai pris beaucoup de plaisir Ă  ce concert, malgrĂ© les couacs, mĂȘme si l’expĂ©rience n’est pas comparable Ă  celle de 92.

Les bouchons sont restés dans la poche.
Ceci dit, je suis globalement d’accord avec Fab
:
http://nro.chez-alice.fr/sommaire.html

[NDLM : en voilĂ  un au moins qui prend des risques assumĂ©s
 Il a eu l’immense chance de connaĂźtre quelques alertes. Je n’en ai eu qu’une et il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard.]

Fab (encore lui) :
j’ai tendance Ă  croire si je me rĂ©fĂšre au concert du Transbo de 92 et Ă  la derniĂšre photo prĂ©sentĂ©es dans ce blog (la moitiĂ© des gens discernables qui se bouchent les oreilles, c’est gĂ©nĂ©ralement pas bon signe).
La seule diffĂ©rence c’est qu’en 1992 l’excitation prenait le pas chez moi sur le “dangereux”. L’inconscience, quoi. Celle qui fait qu’on est content d’avoir vĂ©cu un truc tout juste pas possible, mĂȘme si on en garde des sĂ©quelles

Le problùme d’une salle de concert, c’est que si le groupe joue hyper fort, c’est tout le monde qui trinque. Alors que s’il joue juste fort, ceux qui veulent en prendre plein les oreilles n’ont qu’à se rapprocher des baffles et tout le monde est content.

[NDLM : La seule diffĂ©rence pour moi, mon ptit Fab, c’est que dans mon cas ce n’est pas l’excitation qui a pris le pas sur le « dangereux » en 2003. Puisqu’aucune conscience du danger il n’y avait chez moi, comme chez l’immense majoritĂ© du public d’ailleurs.]

korelys :
Certains encaissent sans problĂšme (j’ai vu des enceintes de ravers oĂč des gens collaient leur tĂȘte contre la grille des HP, entraient les bras par les 2 trous des Ă©vents et se tenaient aux tresses de cuivre qui mĂšnent le jus aux bobines mobiles des HP).
D’autres en font les frais et finissent leur vie dans un enfer de bruit blanc.

Sur la “sociĂ©tĂ© d’interdiction de”, concernant le sujet qui nous intĂ©resse, c’est tout le problĂšme du concept mĂȘme de loi, de responsabilitĂ© dans la mise en danger d’un autrui pas forcĂ©ment informĂ© des risques, de libertĂ© qui s’arrĂȘte la oĂč celle des autres est mise en pĂ©ril, etc


[NDLM : plus exactement, et pour reprendre une image que j’ai dĂ©jĂ  employĂ©e, c’est un peu comme jouer Ă  la roulette russe : on peut passer au travers des dizaines de fois. Mais un jour ou l’autre
]

Capra :
J’ai ratĂ© ça pour cause de paternitĂ© prĂ©coce (enfin ca dĂ©pend de quel point de vue
), mais gardait un souvenir hallucinĂ© du concert du New Morning (avec Happy Mondays bien foutraque en premiĂšre partie
). Le plus marrant rĂ©trospectivement Ă©tait la prĂ©sence avec moi d’une pote de troquet de l’époque, une certaine Laetita Sadier, qui Ă©tait sortie aussi de ce concert avec les yeux comme des soucoupes (et des acouphĂšnes pour une semaine, comme tout le monde).

[NDLM : Laetita Sadier c’est elle. Aprùs ça, des gens vont encore venir me dire que les musiciens ne connaissent pas les risques qu’ils infligent à leur public.]

Nono2931 :
Ca me fait tout simplement pitié de lire certaines commentaires et si peu de bon sens.
Comment pouvez vous ĂȘtre heureux de vous en prendre plein les oreilles quand on sait les consĂ©quences que ça peut avoir. Et je sais de quoi je parle j’en souffre depuis plus de 6 mois maintenant et ça s’empire malgrĂ© toutes les prĂ©cautions immaginables. Vous pouvez me dire que je suis un rabat joie ou tout ce que vous voulez mais sachez qu’il y a de forte chances pour que la gĂ©nĂ©ration actuelle soit une gĂ©nĂ©ration d’acouphĂ©niques et de sourds prĂ©coces et une des causes est justement cette dĂ©bilitĂ© de la recherche du son le plus puissant.

Ca me donne juste envie de gerber.

tarentel :
je suis d’accord avec nono2931 mĂȘme si je peux comprendre ceux qui cherchent Ă  se cramer les oreilles. aprĂšs tout, c’est le droit de chacun de disposer de son corps et de sa santĂ© comme bon lui semble. mais d’un point de vue musical, monter le son n’est pas trĂšs logique: il faut reconnaitre que ce concert de MBV Ă©tait trĂšs fort (comme d’autres d’ailleurs) et que mettre des bouchons dans les oreilles ça modifie la perception du son qui rentre dans les oreilles justement
 certaines frĂ©quences passent sans problĂšmes, d’autres se retrouvent Ă©teintes complĂštement. alors quelle est la logique d’un groupe (qui porte lui-mĂȘme des protections) sachant qu’ainsi la grande majoritĂ© des spectateurs qui ne voudront pas s’abimer les oreilles (comme eux) devront porter un appareil qui rĂ©duit la qualitĂ© d’écoute!. tout cela est un peu Ă©trange quand mĂȘme
 la seule logique dans tout ça reste les vibrations dans le corps trĂšs fortes induites par cette montĂ©e de son (ce que je retrouve avec plaisir dans les concerts de sunn o))) mĂȘme si lĂ  il s’agit surtout de l’utilisation d’infrabass trĂšs forte). mais cette montĂ© de son se fait toujours au dĂ©triment de la qualitĂ© de perception de la musique
 et cela me parait bien dommage! finallement peut-ĂȘtre que tout cela fait partie du folklore musical. comme une tradition difficile Ă  faire Ă©voluer.

[NDLM : oui, chacun peut disposer de son corps et de sa santĂ© comme bon lui semble – mĂȘme si une telle affirmation mĂ©riterait un long dĂ©bat – Ă  condition de le faire en connaissance de cause ! Or dans un tel cas, lorsque l’on ne sait pas, c’est autrui qui dispose de mon corps. Ce qui est absolument intolĂ©rable.]

Poursuite de ma lecture sur le blog de Rustman, qui le prĂ©sente lui-mĂȘme comme les errements sans but prĂ©cis d’un dipsomane amateur de la beauferie en tant que concept
 et vous allez rapidement constater que gros beauf il l’est, assurĂ©ment :

Evidemment, ça s’est terminĂ© par un “Wall of sound” d’une puissance phĂ©nomĂ©nale (partie “holocaust” de “they made me realize” Le son d’un rĂ©acteur d’avion au dĂ©collage… pas plus, pas moins, 20 minutes d’un intense bruit blanc, malheureusement troublĂ© par les abrutis du Zenith qui ont trouvĂ© bon de couper le son pour cause de normes dĂ©passĂ©es… De colĂšre, je me suis barrĂ©.

Autre compte-rendu de ce concert sur le blog de Parlhot, qui se décrit ainsi :
un journaliste passionnĂ© de musique et d’interviews fleuves, j’ai crĂ©Ă© Parlhot pour pouvoir m’Ă©tendre Ă  ma guise et en toute franchise sur les artistes et les sujets qui me touchent et toucher en retour des gens en quĂȘte de style et d’esprit critique..

Sous le titre My Bloody Valentine terrorise le ZĂ©ntih.
(Suivi d’un “trĂšfle de plaisanterie”. Ahah, qu’est-ce qu’on rigole.)

C’est parti :

On m’avait dit qu’ils flirteraient avec les 140 dĂ©cibels. HĂ© bien je ne sais pas si on y est mais ça joue fort. TrĂšs fort. Je veux dire : Ă  cĂŽtĂ© MogwaĂŻ c’est Cocoon ! Non, sĂ©rieux, mes oreilles n’ont jamais pris aussi chĂšres Ă  un concert. Tout le monde ou presque a des boules quiĂšs. Presque, parce que Ă  moins que j’hallucine, j’en vois un Ă  cĂŽtĂ© de moi qui ne porte rien ! Comment fait-il ? Ce n’est pas humain. Les morceaux s’enchaĂźnent et le vacarme est impressionnant. De toute Ă©vidence, plutĂŽt que de caresser ses ouailles dans le sens du poil, Kevin Shields et sa bande ont choisi l’option terroriste. DĂ©jĂ  que j’ai du mal Ă  individualiser et reconnaĂźtre leurs morceaux sur disque, lĂ  c’est tout bonnement impossible. [
] Ce concert ce n’est plus de la musique mais une expĂ©rience masochiste. [
]
A un moment, sans doute parce que l’ingĂ©-son de la salle lui en a intimĂ© l’ordre, Kevin Shields annonce qu’ils vont jouer moins fort, mais pas du tout, juste derriĂšre ils se mettent Ă  jouer plus fort que jamais et les quelques malheureux qui l’ont cru et ont ĂŽter leurs boules quiĂšs ont du morfler sĂ©vĂšre. Les morceaux sont de plus en plus violents. Limite speed metal me dis-je par moments. Des gens commencent Ă  partir. [
] Sourd aux demandes du public, le groupe se lance dans un long morceau dantesque, un truc de pur feedback Ă  vous faire sauter les tympans malgrĂ© les boules quiĂšs et les mirettes avec pour cause de lights shows stroboscopiques. Le morceau est “You Made Me Realise” me souffle-t-on dans mon oreillette. Mais j’aurais pu m’en douter car le public reprend ce refrain en choeur dĂšs qu’il Ă©merge de la masse sonore. Le son est tellement fort que le ZĂ©nith en tremble. Oui, le sol tremble sous nos pieds et quand ils ne quittent pas le navire, les gens joignent leurs mains sur leurs boules quiĂšs, et serrent sans doute les fesses, en attendant la fin de l’apocalypse. Mais ça dure. La pression sonore est vĂ©ritablement flippante. EntrecoupĂ©e de courts moments de rĂ©pits oĂč le groupe coupe bizarrement les amplis et continue Ă  jouer son insoutenable bourdonnement en son direct. Puis ça repart. Plusieurs fois comme ça. Un cauchemar. Un rush stellaire. Comme si tout le concert se dĂ©roulait Ă  rebours Ă  la vitesse de la lumiĂšre. Comme si nous Ă©tions au cƓur de la formation d’une Ă©toile ou de son effondrement. Comme si le ZĂ©nith allait exploser, lĂ , maintenant. Je vois une femme enceinte Ă  ma droite. Je pense quelque chose comme “Mon Dieu !” Le morceau s’achĂšve. J’embrasse mes boules quiĂšs. [
] Ce qui est sĂ»r aussi c’est que Kevin Shields est un putain de tarĂ©, mais heureusement qu’il y en a quelques-uns de ce genre sur terre et dans l’industrie musicale. En rappel le type a eu quand mĂȘme le culot de nous resservir le boucan d’enfer angoissant sur lequel il avait clĂŽt le concert !

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[NDLM : je n’ai rien contre les tarĂ©s, bien au contraire Ă  vrai dire
 Ă  condition qu’ils ne viennent pas bousiller mon existence.]

Et un fĂȘlĂ©, lustucru de son pseudo, d’y aller de son petit commentaire :
ahhaha je crois que les plus fous dans l’histoire c’est ceux qui payent 40 euro boule quiĂšs incluse. ça me rappel les performances de groupe inconu (gĂ©nĂ©ralement venu du nord la oĂč il fait froid) qui prennent plaisir gratuitement(ou presque) Ă  vous niquer les tympans sans boule quies alors lĂ  c’est plus pour le cotĂ© sado maso du regardeur (parceque le cotĂ© Ă©coute y plus qu’un vague acoufen persistant quelques heures apres voir jour).

[NDLM : oui, nous sommes de gros cons d’aller assister à des concerts. OK, OK]

Allez, on poursuit la sĂ©ance d’exploration des abysses sur Pop Only Knows :

Premier choc: ca joue fort, TRES TRES FORT ! Tout le monde met ses bouchons, [
] Un concert de My Bloody Valentine, c’est finalement 1h30 de musique presque intrumentale, la tĂȘte dans un Ă©tau, Ă  passer le mur du son toutes les 5 secondes. [
] Par deux fois, le ZĂ©nith baissera le son des enceintes, le groupe jouant trop fort… Kevin s’en excusera auprĂšs du public. Ce seront ses seuls mots pour nous. [
] Et puis arrive le dernier titre… You made me realize, l’hymne de MBV. Et lĂ , la Terre tremble. C’est un choc tellurique, le groupe joue encore plus fort, c’est l’Apocalypse.

Quand la Terre grondera et explosera, que l’Agneau ouvrira le SeptiĂšme Sceau, avec les Ă©clairs, et les voix, et les tonnerres et un tremblement de terre et la grĂȘle tombant drĂ» (relisez l’Apocalypse de St Jean, les enfants, c’est ce qui est dit…), c’est ce son qu’on entendra.

Par trois fois, les baffles sont coupĂ©es puis le son revient. C’est une experience bruitiste hors du commun. Puis tout le matĂ©riel finit par pĂ©ter rĂ©ellement. Le son coupe d’un seul coup. C’est le chaos. Le public hĂ©bĂ©tĂ© ne sait comment rĂ©agir, moi le premier. Finalement au bout de 10mn, le groupe revient pour finir You Made me realize. Ca dure 2 minutes avant que tout repĂšte pour de bon. C’est fini, MBV ne reviendra plus. Avec Xav’, le guitariste de Carvel, on reste sonnĂ©s, abasourdis.

C’est certainement le concert le plus extrĂȘme que j’ai vu dans ma vie. Le plus dĂ©routant aussi. En fait, on se disait avec Xav’ que ce set tenait plus de la musique contemporaine (Boulez & co) que du rock. Ce matin encore, je reste sous le choc.
Fallait il y aller ? Pfff… j’en sais rien. Je ne sais mĂȘme plus comment je m’appelle.

Un petit commentaire d’un certain StĂ©phane, pour la route :
Je reste sur ma faim, moi, j’ai trouvĂ© ça carrĂ©ment frustrant en fait, ces problĂšmes de son, ce volume baissĂ© autoritairement, ces excuses de Kevin, ce You Made Me Realise hachĂ©, dĂ©coupĂ© en rondelles, quasi censurĂ©… Pas complĂštement foutage de gueule, faut pas exagĂ©rer non plus, mais pas loin…

 

Toujours plus loin, toujours plus con !

Je monte d’un cran dans la connerie avec le blog Loin du BrĂ©sil.
Une vraie perle.

Lisez plutĂŽt :

Nous, on est lĂ  pour se faire exploser la tĂȘte, pour que nos oreilles saignent, on a mis un point d’honneur Ă  ne pas accepter les bouchons offerts gratuitement Ă  l’entrĂ©e, on a eu un peu peur en constatant que, derriĂšre la console, trainait un appareil de contrĂŽle du niveau sonore. Alors quand, aprĂšs 20 minutes environ de concert, Kevin Shields, muet jusque lĂ , Ă  son habitude, nous dit – par deux fois – d’un air dĂ©pitĂ© : “Les gens de la salle ont baissĂ© le son de la sono, on n’y peut rien, on s’excuse si vous n’entendez pas notre musique comme elle devrait…”, nos pires craintes se matĂ©rialisent : dĂ©cidĂ©ment, la France, avec ses rĂšglements et sa folie dictatoriale d’un Etat se dĂ©lectant de la privation des libertĂ©s “pour le bien de tous”, n’est pas le pays du Rock, et il n’est pas sĂ»r que My Bloody Valentine revienne de si tĂŽt jouer en nos contrĂ©es. Mais le pire reste Ă  venir : lors du dernier morceau, l’Ă©pique “You Made Me Realise”, qui voit My Bloody Valentine se lancer dans un tunnel bruitiste extrĂȘme, couronnant magnifiquement le concert, le son lĂąche aprĂšs une dizaine de minutes, laissant les musiciens et le public comme Ă©garĂ©s au milieu du silence… ProblĂšme technique ? ExcĂšs de censure parce que le son a rĂ©guliĂšrement frisĂ© – dĂ©passĂ© peut-ĂȘtre – les limites lĂ©gales ? On ne le saura pas, et aprĂšs cinq ou six minutes d’attente, le morceau peut repartir, jusqu’Ă  ce que Kevin ait (apparemment) des problĂšmes avec ses pĂ©dales d’effets et dĂ©clare dĂ©finitivement forfait.

[
] Car on a frisĂ© la perfection dans le genre, ce soir, ou plutĂŽt, on l’aurait frisĂ©e si le niveau sonore avait pu ĂȘtre Ă  la hauteur – Ă©pique, pas moins – des shows “normaux” (c’est-Ă -dire pas en France) de My Bloody Valentine : un son quand mĂȘme puissant et somptueux, un travail remarquable sur les ambiances lumineuses, entre projection d’images psychĂ©dĂ©liques et stroboscopes incitant Ă  la transe (“Ne manquait que les pĂ©tards“, confirmait Gilles B) [
]>

AprĂšs une heure et demi, les oreilles quand mĂȘme gravement allumĂ©es par le mur de Marshalls en face, au milieu de nombreux jeunes spectateurs hĂ©bĂ©tĂ©s, qui n’avaient visiblement jamais entendu de la musique jouĂ©e aussi fort, force a donc Ă©tĂ© de constater que la rĂ©appartion soudaine de My Bloody Valentine fait pleinement sens [
]

noise annoys ? y va de son point de vue sur la question :
Cher Sylvain,

En t’Ă©coutant – et en lisant pas mal de commentaires qui concordent avec toi -, j’ai envie de (pour une fois) me permettre d’ĂȘtre en dĂ©saccord avec toi (et avec les autres). My Blood Valentine n’est pas un groupe comme les autres, le principe de leur musique, c’est de crĂ©er un effet “physique” sur leurs auditeurs Ă  un niveau sonore qui doit provoquer un impact – voire des dommages – physiques. On peut ĂȘtre en dĂ©saccord avec cet extrĂ©misme, mais dans ce cas il faut Ă©couter autre chose. Ecouter MBV Ă  un niveau normal comme un autre groupe de rock, c’est tout simplement un contre-sens total. Pour les amoureux du noise, il y a Sonic Youth, The J&MC, etc. tous des groupes magnifiques et magiques, que l’on peut Ă©couter “normalement” fort, mais MBV, c’est autre chose. DĂ©solĂ©, mais les gens qui ne comprennent pas cela passent Ă  cĂŽtĂ© de l’essence, de la raison mĂȘme d’exister de ce groupe !

J’ai eu la chance avec mes amis d’assister Ă  un concert londonien de MBV en 1990, et lĂ , sans les restrictions sonores stupides de la France, nous avons pu vraiment ressentir leur musique, d’oĂč notre frustration cette semaine. Par contre, je dois bien dire que le groupe a indiscutablement – et curieusement – gagnĂ© en beautĂ©, en tension, en richesse… Ce fut donc magnifique… mais pas assez fort. Dont Acte.

Un dernier compte-rendu de ce concert, cette fois-ci sur Xsilence :

On se rend tout de suite compte que les bouchons d’oreilles distribuĂ©s Ă  l’entrĂ©e vont nous ĂȘtres utiles et tout le monde suit le mĂȘme rituel en vissant ces Ă©tranges morceaux de plastique rouges dans leurs canaux auditifs. [
] Le batteur martyrise son instrument, il est totalement impressionnant. Devant lui se trouve la bassiste, totalement courbĂ©e sur son instrument de destruction massive et plus punk que jamais. [
] Mais lĂ , le mur de son a explosĂ©, est devenu encore plus impressionnant et “vivant”. On Ă©tait parti pour 15 minutes de bruit pur. Le tout trĂšs supportable. Et vĂ©ritablement gĂąchĂ© par le staff technique du ZĂ©nith qui a imposĂ© des limites de volume. On connaĂźt la suite : Kevin Shields aprĂšs s’ĂȘtre excusĂ© durant le concert, a fini par s’Ă©nerver et tout s’est tu dans un grand silence malsain.

Bloodinmyeyes rote quelques lignes en réaction à ce papier :

A ce titre, le fait d’avoir des bouchons d’oreille permet d’attĂ©nuer un peu ce mur de bruit et de percevoir la mĂ©lodie se cachant souvent dans la section rythmique ou dans les voix. Les personnes n’en ayant pas mis n’ont peut-ĂȘtre pas pu apprĂ©cier la musique de My Bloody Valentine Ă  sa juste valeur. [
]
DĂ©cevant Ă  cause du manque de puissance dont Kevin s’est plaint Ă  plusieurs reprises, entĂąchant la prestation des Irlandais qui ne pouvaient pas fournir totalement ce qu’ils souhaitaient par moment. Notamment, on retiendra le final du concert, l’apocalyptique “You Made Me Realise”, connu pour son mur du son Ă©quivalent Ă  un dĂ©collage d’avion ou de fusĂ©e. Au cours de son interprĂ©tation, le niveau sonore, sensĂ© aller crescendo, est tombĂ© Ă  plusieurs reprises. La faute Ă  qui? A une lĂ©gislation française contraignante? Aux techniciens du ZĂ©nith excĂ©dĂ©s par ce vacarme? Mais MaĂźtre Kevin a fait la nique Ă  Paris et s’est arrĂȘtĂ© en plein dĂ©collage. AprĂšs une pause de quelques minutes et une nĂ©gociation avec les responsables de la salle, la chanson reprend lĂ  oĂč elle s’est arrĂȘtĂ©e. Kevin, ayant montrĂ© sa frustration Ă  plusieurs reprises, fait un pied-de-nez lors du dernier refrain, en chantant “You made me realise” a capella, juste avant un bref dernier dĂ©luge. Les Français ont eu droit Ă  une version inĂ©dite de cette chanson, mais sĂ»rement pas la meilleure. Donc on peut fĂ©liciter les personnes ayant cherchĂ© Ă  se procurer des places Ă  l’Ă©tranger, ils avaient peut-ĂȘtre prĂ©vu que ce problĂšme arriverait.
Vous l’avez compris, la dĂ©ception vient du fait que les organisateurs français aient bridĂ© le potentiel MBV de ce soir. Ceci n’incitera sĂ»rement pas Kevin Shields et sa bande Ă  revenir de sitĂŽt Ă  Paris. Quand on invite un tel groupe, on devrait savoir Ă  quoi s’attendre, messieurs les organisateurs (et messieurs dames les spectateurs aussi, soit dit au passage). Sinon, pas la peine d’inviter.

[NDLM : Toi la prochaine fois que je te vois je mettrai un ptit cachet dans ta biùre et quand tu auras bien la chiasse je te dirais que lorsque l’on accepte la biùre d’un inconnu, on doit savoir à quoi s’attendre 😉 ]

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Je laisse le mot de la fin à Jacky Chiles, oasis de neurones dans un océan de vase cérébrale et peu communicante :

Fait curieux et inĂ©dit pour moi : distribution de bouchons aux tourniquets de l’entrĂ©e. Ce gracieux don pouvant revĂȘtir plusieurs significations. Son trĂšs fort ou… mais passons.
[
] Le volume est trĂšs trĂšs Ă©levĂ© et au fil de la soirĂ©e on distingue de moins en moins les petits dĂ©tails qui sont pourtant tellement fascinants chez ce groupe. Entendez par lĂ  (sans jeu de mot) le chant et la mĂ©lodie. On ne perçoit absolument rien, aucune coloration de ces disques pourtant si riches. Le pire Ă©tant que ce dĂ©luge de puissance est effroyablement mou. My Bloody Valentine se contente de jouer trĂšs fort et sans grande conviction des morceaux qui semblent subitement trop grands pour eux. [
] Mal au bide, yeux qui piquent et mal de crane. [
] Toujours ce bruit qui recouvre tout. Qui Ă©crase tout. L’effet peut amuser 5 minutes. Mais sur tout un concert le bourdonnement fait que toutes les chansons se ressemblent. L’espace est rempli par un vacarme et la figure statique des quatre perdus au milieu des murs d’enceintes.

En mĂȘme temps que se serait-il passĂ© s’ils avaient simplement dĂ©cidĂ© de respecter les limites acceptables (et par la mĂȘme occasion nos tympans) ? Eh bien Kevin se serait retrouvĂ© Ă  poil sur scĂšne, n’ayant rien d’autre Ă  proposer que ses chansons. [
]

Le groupe semble prĂ©fĂ©rer livrer une prestation extrĂȘme plutĂŽt qu’une Ă©niĂšme interprĂ©tation standard collant de trop prĂšs aux albums. Intention des plus louables mais tout miser sur des sensations purement physiques comportait des risques. Alors effectivement le sentiment qu’on peut Ă©prouver est totalement inĂ©dit dans une salle de concert. C’est un truc physique nouveau mais excessivement pĂ©nible. Les fameuses vibrations qui rapprochent le concert d’un enfermement dans le rĂ©acteur d’un avion. Le rĂ©sultat est un bouquant sans intĂ©rĂȘt. Et ce malgrĂ© les bouchons.

Ces protections auditives ont d’ailleurs Ă©tĂ© Ă©voquĂ©es pour justifier la qualitĂ© moyenne de la prestation (mais tout de mĂȘme gĂ©niale vous me suivez ?). Or lorsqu’on joue aussi fort le rĂ©sultat est de toute façon catastrophique. Car les bouchons faussent le rĂ©sultat et filtrent le rendu. Et sans on risque toute bonnement d’avoir de sĂ©rieux problĂšmes d’audition pour les 40 prochaines annĂ©es Ă  venir. Pour un amateur de musique c’est assez difficile d’imaginer son plaisir quotidien affectĂ© parce qu’un pseudo gĂ©nie a dĂ©cidĂ© de vous broyer les oreilles afin de ne pas faire comme les autres. [
]

Le pire du pire est atteint avec le dernier morceau sorte de climax Ă  l’envers. “You made me realise”. Pour certain mĂȘme ratĂ©, avec une partie des enceintes bridĂ©es, coupĂ© au milieu et abandonnĂ© une nouvelle fois c’est le must. Ouais une façon de voir les choses. Le rapprochement avec un rĂ©acteur d’avion est plus judicieux que jamais. On peut voir ce qu’on veut dans ce bouquet final crispant. Un sommet de rock psychĂ©, une communion entre le groupe et des milliers de personnes dans un Ă©tat second ou une Ă©preuve de force oĂč l’on sert les dents en attendant que ça se passe.

Victor Hugo disait “la musique c’est du bruit qui pense”. Ce qui me fait dire que le bruit proposĂ© par Kevin et sa troupe ne pensait pas grand chose ce soir lĂ  hormis Ă  ĂȘtre le plus Ă©levĂ© possible.

Ce dĂ©ballage un peu ridicule de puissance fait rire. Oui il fait rire, un peu comme les blaireaux sur les parkings de supermarchĂ©s qui font des concours de tuning. Celui qui fera le plus de boucan, “mate les watts Jacky ! 150 DB ça crache ! C’est moi qui fais le plus de bruit, tu sens les vibrations ?”. Il n’est pas question d’autre chose. L’expĂ©rience physique a ses limites. Oui ça vibre, j’ai les oreilles qui chauffent, ce sont les individus qui jouent le plus fort au monde. Et aprĂšs ? [
]

>Chacun prend le plaisir oĂč il veut et ça ne se critique aucunement. Il y a bien des gens qui aiment se faire fouetter le corps recouvert de latex par des maĂźtresses SM sexagĂ©naires. Sans aller au bout de la comparaison, l’inconfort volontairement instaurĂ© par Shields et son Ă©quipe ne pouvait faire l’unanimitĂ©.

Le procĂšs annoncĂ© ici et lĂ  contre le ZĂ©nith et la gueulante poussĂ©e Ă  l’encontre des ingĂ©nieurs son du ZĂ©nith est au passage des plus grotesques. Le groupe a-t-il seulement pris le soin d’effectuer des balances dans l’aprĂšs-midi ? Pas certain, cela aurait certainement Ă©vitĂ© de mauvaises surprises. Je remercie d’ailleurs les hommes de l’ombre du ZĂ©nith qui ont su prĂ©server mon ouĂŻe et qui me permettront d’Ă©couter encore Loveless pour de nombreuses annĂ©es sans passer par les prescriptions d’un ORL.

Merci Jacky Chiles pour refléter assez fidÚlement mon point de vue.

C’est donc ça, la sociĂ©tĂ© dont rĂȘvent certaines personnes Ă  la cervelle de moineau ? Une dĂ©ficience intellectuelle qui leur permet sans doute de mieux supporter les acouphĂšnes. Cette hypothĂšse serait Ă  vĂ©rifier avec l’INSERM. Mais dans un pays totalitariste comme le nĂŽtre, oĂč l’on n’a pas le droit – quel scandale ! – de jouer Ă  200dB dans une salle de concert, ce n’est malheureusement pas demain la veille qu’une telle expĂ©rience pourra ĂȘtre menĂ©e.

Je te mettrais cette bande de crĂ©tins dans EDVIGE sans tarder si ça ne tenait qu’à moi


Mise Ă  jour du 23 septembre :
Bien sĂ»r je m’en prends ici Ă  quelques blogs sans dĂ©fense mais il est malheureux de constater que les grands mĂ©dia ne font guĂšre mieux… cf par exemple Le Monde:My Bloody Valentine, dĂ©cibels Ă  gogo
Article publié le 11 Juillet 2008
Par Stéphane Davet
Au ZĂ©nith, l’unique concert français du groupe culte du rock bruitiste. Seize ans aprĂšs la derniĂšre tournĂ©e de My Bloody Valentine, on applique dĂ©sormais le principe de prĂ©caution. A l’entrĂ©e du ZĂ©nith, Ă  Paris, oĂč se tenait, le 9 juillet, l’unique concert français du quatuor britannique, une paire de bouchons d’oreille est distribuĂ©e Ă  chaque spectateur. Une façon de dĂ©clarer aussi que ce groupe culte du rock bruitiste est de retour tel qu’en lui-mĂȘme.
Ou comment effleurer un sujet du doigt lĂ  oĂč il y avait lieu de sortir l’artillerie lourde.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, tu mets des bracelets Ă  clous pour faire peur, tellement t’as pas de muscles.Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, t’aimerais bien te coiffer avec une crĂȘte, mais ta maman elle veut pas.Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, tellement que t’es con, tu crois vraiment qu’t’es anarchiste.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, ton tee shirt “Anarchie”, et bin, y vaut 300 balles.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, essaie de prendre des cours de djembe, t’emmerderas moins tout le monde dans les campings.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, si tu trouves pas de boulot et bin comme tout le monde, t’essaieras d’faire gendarme.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, avant t’avais une belle Playstation 2 toute neuve que ta mĂšre elle t’a achetĂ© quand t’as failli avoir ton BEP, mais tu l’as plus, tu l’as Ă©changĂ© contre un bout d’shit.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, quand tu danses dans un concert de néo-métal, et bin on dirait bambi.

Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux, si t’as un comportement aussi bizarre, c’est que t’es peut-ĂȘtre pas encore conscient que si ça trouve t’es homosexuel.

(photo issue de josephghosn, qui a vu… et survĂ©cu Ă  My Bloody Valentines contrairement, sans l’ombre d’un doute, Ă  une bonne partie du public ce soir lĂ )

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Les Inrocks, ce torchon gauchiste de rebellocrates acnĂ©eux, nous relate son festival de Primavera, le festival de Barcelone (plus qu’excellent dans sa programmation, comme toujours, il faut bien le reconnaĂźtre ! ) qui a rassemblĂ© cette annĂ©e 140 000 festivaliers pour 267 concerts sur quatre jours (!).

RĂ©ponses

  1. Tout simplement affligeant.

    J’aimerai connaitre le nombre de trauma auditif ce soir la. Le pire dans tout ça, et que cette bande d’abrutis qui crie carrĂ©ment Ă  la “censure” (bon dĂ©jĂ  on sent la rĂ©flexion fine!) n’auront surement jamais rien.

    Cela dit j’aimerai bien leurs filer un bon gros 200DB pendant 1h. Ils aiment ça, autant leurs en filer :). Ils auront mĂȘme peut ĂȘtre encore des jouissances toutes leurs vies aprĂšs! Des bruits continus, des douleurs, tout ce qu’ils aiment!

  2. Je félicite Laurent pour sa patience et sa détermination à essayer de convaincre ces trous du cul. Sur le forum Audiofanzine on peut lire ce genre de provocations pré pubÚres depuis des années.
    Le fait nouveau c’est qu’il y a un plaisir adolescent Ă  transgresser “les interdits” Ă  35 ans au lieu de 22… DeuxiĂšme “nouveautĂ©”: Agison leur bourre le mou avec les bouchons en mousse (qui ne les protĂšgent aucunement..) et dans le mĂȘme temps les excite Ă  aller de plus en plus loin dans une exposition suicidaire. Cela n’a aucune importance. AprĂšs tout des abrutis comme ça on en croise tous les jours ou presque pleurnichant sur FA une fois que le mal est fait. Ce qui m’Ă©nerve en particulier c’est “la douce musique des acouphĂšnes”, expression que j’ai dĂ©jĂ  lue plusieurs fois y compris sur FA par un type qui tentait de justifier son “mieux ĂȘtre” grĂące Ă  la TCC. Il parlait mĂȘme de ses “amis les acouphĂšnes”…

    Je ne souhaite pas de mal Ă  ces petits bourgeois qui, tĂŽt ou tard, auront besoin de nos conseils pour s’acheter un clavier en caoutchouc ou un PC sans ventilo et nous remercieront en pleurant sur leur sort Ă  l’aide d’un “smiley triste”…

    Enfin, en dehors de ces messages que je n’ai pas lus en entier, je retiens l’intervention policiĂšre au ZĂ©nith, une salle censĂ©e ĂȘtre aux normes comme Bercy. La plainte Ă©manerait-elle d’un spectateur ?
    Du directeur mĂȘme ?

  3. Incroyable article. Je me souviens d’un concert aux Francofolies oĂč j’Ă©tais restĂ© avec des acouphĂšnes pendant 48 heures…
    Ceci dit, je trouve que tu es un peu dur avec certains commentaires, qui ne me semblent pas si extrĂ©mistes que cela, mais qui sont plus dans la posture…

  4. @Nono : Je serais aussi curieux de savoir s’il y a eu plainte d’un spectateur. Cela ne me semble pas impossible puisque l’on sait que certains sont partis trĂšs tĂŽt pendant le concert, justemment, apparemment, en raison du volume trop Ă©levĂ©.
    Si en revanche l’intervention est due aux personnes qui gĂšrent la salle, j’ose espĂ©rer qu’ils ne l’ont pas fait uniquement pour sauver leur matĂ©riel… mĂȘme si je me fais peu d’illusion sur le sujet.

    @Vicastel : Peut-ĂȘtre, peut-ĂȘtre… mais il faut voir que j’ai payĂ© trĂšs cher cette incapacitĂ© Ă  sortir du moule, de la posture, du politiquement correct. Car si ces gens osaient par moments “ĂȘtre relou”, pour reprendre une des expressions citĂ©es, j’aurais peut-ĂȘtre croisĂ© une mise en garde au dĂ©tour d’un fanzine ou d’un webzine.

    Alors en effet, ce manque de caractĂšre, de personnalitĂ©, a tendance Ă  me mettre en colĂšre… Ce que j’accepte de mon neveu de 3 ans 1/2, j’ai du mal Ă  l’accepter chez des gens qui ont 30 ans de plus.

  5. Bonsoir.

    Etant le “Rustman” citĂ© quelque part dans l’article, je me permets de rĂ©agir rapidement.

    Je m’Ă©tais prĂ©muni contre le bruit et je savais trĂšs bien Ă  quoi j’allais m’exposer. J’Ă©tais venu avec des bouchons d’oreille trĂšs occultant (bien plus que les “blagues” dangereuses qui ont Ă©tĂ© distribuĂ©es au public.

    On peut disserter sur la dĂ©bilitĂ© de jouer aussi fort, mais bon au final je n’ai pas souffert d’acouphĂšne ou de quelque dĂ©sagrĂ©ment/trouble/blessure que ce soit.

    Je ne conteste aucunement le danger des volumes dĂ©biles auquels les groupes jouent dans les concerts de rock, et je me protĂšge systĂšmatiquement, et j’incite tout le monde Ă  en faire de mĂȘme.

    Bonne soirée de la part du gros beauf.

  6. Bonsoir Gwenvaël / Rustman,

    Juste une question…

    Pourquoi se contenter sur ton blog (si je peux me permettre de te tutoyer) d’un “pas plus, pas moins, 20 minutes d’un intense bruit blanc, malheureusement troublĂ© par les abrutis du Zenith qui ont trouvĂ© bon de couper le son pour cause de normes dĂ©passĂ©es… De colĂšre, je me suis barrĂ©.” ?

    Visiblement tu es trĂšs au courant du danger. Tu sais que les bouchons en mousse sont loin d’ĂȘtre la panacĂ©e (pour ne pas dire totalement inutiles lorsque l’on atteint une telle intensitĂ© sonore). Tu as la chance de n’avoir jamais Ă©tĂ© atteint mais tu en parles malgrĂ© tout autour de toi : c’est trĂšs bien, j’en connais un paquet qui ne le font pas, qu’ils soient eux-mĂȘmes atteints d’acouphĂšnes et/ou hyperacousie ou non d’ailleurs !

    Mais pourquoi ne pas en glisser une ligne sur ton blog ?

    Tes lecteurs, eux, ne sont peut-ĂȘtre pas au courant.

    Je dirais mĂȘme qu’il y en a forcĂ©ment qui ne sont pas au courant.

    Mais peut-ĂȘtre en as-tu dĂ©jĂ  parlĂ© sur ton blog, je t’avoue que je n’ai pas pris le temps de l’Ă©plucher… Je me suis concentrĂ© ce soir lĂ  sur le concert de My Bloody Valentine.

    Je suis moi-mĂȘme amoureux de rock indĂ©, de groupes Ă  la MBV et de dĂ©cibles dĂ©goulinants… Je l’ai dĂ©jĂ  dit ici et ailleurs mais je suis le premier Ă  dire que le volume fait partie du plaisir…

    Size does matter.

    Encore faut-il avoir conscience des risques auxquels on s’expose – d’autant que tu n’es pas sans savoir que le seuil de douleur se situe bien au-dessus du seuil de danger.

    Mon billet ne se veut pas une attaque personnelle, un dĂ©lit de sale gueule, ou que sais-je. Oui j’emploie le mot beauf… Evidemment tu le prends un peu mal, mĂȘme si tu te dis toi-mĂȘme amateur de beauferie…

    Mais réfléchissons deux secondes :

    Tu parles de colĂšre face aux organisateurs du ZĂ©nith qui ont coupĂ© le concert et t’ont laissĂ© dans la frustration (la frustration, je t’assure, j’en connais un rayon depuis 2003).
    Peux-tu imaginer la colĂšre d’une personne amoureuse de musique – ou pas, mais je parle ici de mon cas bien entendu – qui se voit plonger en enfer et Ă©loignĂ©e de ce qu’elle aime le plus au monde Ă  cause d’un simple concert ? Alors mĂȘme que, entre autres choses, elle lisait des kilomĂštres de compte-rendus de concerts tels que celui prĂ©sent sur ton blog, sans n’avoir JAMAIS lu la moindre mise en garde ?

    Je t’assure que c’est bien autre chose que de la frustration…

    Une question pour finir :
    tu utilises des bouchons moulĂ©s, j’imagine ? Tu les fais refaire rĂ©guliĂšrement ?

    Bonne soirée de la part du grand méchant Laurent

  7. Il n’y a aucun soucis, je n’ai pas pris ça pour une attaque personnelle, et d’ailleurs depuis j’ai pris bien le temps de lire votre tĂ©moignage, qui donne Ă  rĂ©flĂ©chir (et pas qu’un peu).

    En ce qui concerne les protections auditives, j’en avais des moulĂ©es mais je les ai perdu aux vieilles charrues 2008, il faut que je les fasse refaire… lĂ  je suis avec des “acoufun” qui sont pas terribles, mais dĂ©jĂ  incomparablement meilleures que des simples bouchons en mousse.

    Sinon, je comprends trĂšs bien votre point de vue, et j’admets volontiers de la mauvaise foi, voire de l’esbrouffe dans les propos que j’ai tenu sur mon blog Ă  l’Ă©poque. J’ai quand mĂȘme trouvĂ© que c’Ă©tait totalement fou, en rĂ©alitĂ© malgrĂ© ma prĂ©paration, je ne pensais pas que ça allait ĂȘtre fort Ă  ce point (et pourtant, j’ai des centaines de concerts rock Ă  mon actif)… Bref, pĂȘchĂ© de complaisance, et pour reprendre Vicastel, j’Ă©tais dans la “posture”. Tiens, ça me servira toujours Ă  prendre un peu plus de recul sur ce que j’Ă©cris 😉

    En fait, il est dommage qu’ils aient jouĂ© si fort, et il est dommage que le son ait Ă©tĂ© coupĂ©. Au final, personne n’a Ă©tĂ© content. Soucis de communication, probablement 😀

  8. bah moi j’y Ă©tais aussi et je les aurais bien mis ces bouchons qu’on nous donnait mais je trouvais pas ça assez fort. Et pourtant j’ai encore des acouphĂšnes aujourd’hui, mais ils n’apparaissent que lorsque je suis fatiguĂ© ou quand je fume un pĂ©tard ou que j’y pense (aux acouphĂšnes en tombant sur ce blog par exemple.
    J’avais besoin de connaitre mes limites, c’Ă©tait pas la premiĂšre fois que je sortait d’un concert ou rĂ©pĂ© avec des sifflements mais mais les prĂ©cĂ©dents s’effaçaient toujours au bout de quelques temps.
    Donc voilĂ  moi je ne blĂąme personne mise Ă  part l’oreille humaine de ne pas ĂȘtre assez rĂ©sistante pour supporter une telle dĂ©charge de jouissance sonore.
    Plus c’est fort plus c’est bon,je sais que c’est con et immature mais j’y peu rien. C’est peut ĂȘtre de cette douleur que naĂźt cette sensation de pleinitude et de bien ĂȘtre.

    Je pense Laurent que ton blog, mĂȘme si il part d’une intention louable et altruiste, ne doit pas franchement t’aider Ă  penser Ă  autre chose que ça et Ă  aller mieux et arrĂȘter de te plaindre. C’est un cercle vicieux.

  9. “Je pense Laurent que ton blog, mĂȘme si il part d’une intention louable et altruiste, ne doit pas franchement t’aider Ă  penser Ă  autre chose que ça et Ă  aller mieux et arrĂȘter de te plaindre. C’est un cercle vicieux.” :

    Je comprends ton point mais… Tu peux aussi te dire que ce blog me permet d’Ă©vacuer ce que j’ai sur le coeur, d’aider Ă  faire comprendre Ă  ceux qui n’en souffrent pas ce que peut ĂȘtre cet enfer, etc. (pour une liste complĂšte, voir le lien “Pourquoi ce blog”)

    De fait, je vais beaucoup mieux depuis que je l’ai commencĂ© – sans affirmer pour autant un lien de causalitĂ© direct.

    J’ai remarquĂ©, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, que les personnes qui souffrent de lĂ©gers acouphĂšnes ont souvent beaucoup plus de mal Ă  comprendre celles qui en ont des plus forts – sans parler des douleurs et de l’hyperacousie ! – que celles qui n’en souffrent pas.

    Et de fait, lorsque tu dis “j’ai encore des acouphĂšnes aujourd’hui, mais ils n’apparaissent que lorsque je suis fatiguĂ© ou quand je fume un pĂ©tard ou que j’y pense (aux acouphĂšnes en tombant sur ce blog par exemple)”, je me dis que, fort heureusement pour toi, on ne parle vraiment pas de la mĂȘme chose…

  10. ah moi j’y Ă©tais aussi et je les aurais bien mis ces bouchons qu’on nous donnait mais je trouvais pas ça assez fort. Et pourtant j’ai encore des acouphĂšnes aujourd’hui, mais ils n’apparaissent que lorsque je suis fatiguĂ©

  11. my bloody valentine ou my bloody ears??
    quand la betise humaine est érigée en spectacle de masse.
    une sorte de messe auto-destructrice ou les gens vont Ă  l’abattoir.
    il existe un cotĂ© quasi-suicidaire dans l’addiction aux sons forts,dans certains concerts caractĂ©risĂ©s par des niveaux sonores horriblement Ă©levĂ©s.
    certains groupes devraient etre interdits de jouer.
    en outre,la réglémentation sur le niveau sonore des concerts est trop laxiste.
    mais faut pas rever pour un changement.

  12. quand la betise humaine est érigée en divertissement.
    effarant!!
    maintenant bloody valentine ce n’est rien Ă  cotĂ© de manowar.
    il faudrait renforcer la législation sur le volume des concerts mais faut pas rever.