“Le racisme tue.” Indignez-vous. Puis rĂ©flĂ©chissez.

Traquons les racistes. Jusque dans les chiottes.

J’ai reçu Ă  l’instant sur mon adresse mail perso le message suivant d’un certain Fred L., qui se prĂ©sente comme un “Citoyen français”.

Bonjour,

Vous ne pouvez pas ignorer que Marine Le Pen est en tĂȘte dans les sondages d’opinion depuis quelques jours.

Je vous rappelle qu’il y a en France 6 000 000 de musulmans dont la majoritĂ© sont citoyens français. Aujourd’hui on les isole, les stigmatise, les discrimine, les ghettoĂŻse.

Et moi ça me rĂ©volte ! C’est IN-SU-POR-TABLE ! Et il temps d’en finir avec cela !

Les musulmans, comme les juifs, ont le droit de vivre en France comme les autres.

Je vous rappelle qu’on est dans une RĂ©publique laĂŻque. Il ne doit pas y avoir de discrimination en fonction de la religion, de l’éducation, du statut social


Alors assez ! Basta ! Ca suffit !

OĂč tout cela va nous conduire ? Comme il y a 60 ans en arriĂšre. Va-t-on mettre bientĂŽt en France un croissant jaune sur la poitrine des musulmans ?

Assez avec ça !  Il faut en finir avec ce racisme et les racistes comme Marine Le Pen ou Eric Zemmour – invitĂ© comme une pop star par les dignitaires de l’UMP.

Qu’on se le dise :  Marine Le Pen est une raciste. Zemmour est un raciste condamnĂ©.  Et le racisme tue !

Aussi, faites comme moi, indignez-vous, envoyez ce courriel – ou un autre – Ă  vos relations, amis, parents, blogeurs,  journaux,
 et organisons, dĂšs que possible, dans chaque ville, chaque village, via facebook ou autre, des apĂ©ros gĂ©ants « NON AU RACISME » afin de monter Ă  nos dirigeants et Ă  la face du monde que la France n’est pas un pays de racistes.

Fred L.
Citoyen français [avec numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone portable et mail perso Ă  la clef, rien que ça…]

Ne penses-tu pas un seul instant, cher Fred L., que ton message de haine et d’intolĂ©rance, qui stigmatise et discrimine une grande partie de la population française, m’est insupportable ? Toi qui viens me hurler Ă  la face, par une douce fin d’aprĂšs-midi hivernale, ces quelques lignes sans avoir pris la peine de t’essuyer les pieds avant d’entrer ? Tu n’as pas trouvĂ© la sonnette on dirait !

Que veut dire “il est temps d’en finir avec ça” ? Que signifie “il est temps d’en finir avec les racistes” ?

Que va-t-on faire des  plus de 25% de Français, si l’on en croit les rĂ©cents sondages, qui expriment leur intention d’Ă©ventuellement voter pour Marine Le Pen lors de la prochaine prĂ©sidentielle ? Sans compter qu’il faudrait y ajouter, d’ailleurs, les 15% environ de l’extrĂȘme gauche, point Ă©tonnamment omis dans ce mail, soit 35 Ă  40% de Français qui “pensent mal”.

Qu’est donc cette façon de mettre dans le mĂȘme sac, avant sans doute de le lester de bĂ©ton et de le couler en MĂ©diterranĂ©e, Marine Le Pen et Eric Zemmour ? Marine Le Pen est une raciste et, pire encore, Eric Zemmour un raciste condamnĂ© ? Je rĂ©clame la peine de mort ! Evacuons les Ă  Madagascar ! Et s’il sont trop nombreux, nous les enverrons Ă  l’Est dans des usines de rĂ©Ă©ducation par le travail manuel !

Ton cerveau ramolli n’est sans doute pas habituĂ© Ă  la contradiction.Mais vivre en dĂ©mocratie, c’est justement accepter le dĂ©bat. Quand donc admettrons-nous Ă  nouveau ce qui n’est qu’un Ă©vidence : le racisme n’est pas un dĂ©lit mais une opinion, contrairement Ă  ce qu’assĂšne le jouasse MĂ©lenchon qui se fĂ©licite de voir la France s’enfoncer toujours plus dans la judiciarisation de son Opinion ?

Fred L., je ne serais pas Ă©tonnĂ© de savoir que tu fais sans doute partie de ceux qui s’extasient de tout ce qui vient de l’Ă©tranger justement parce que cela vient de l’Ă©tranger. Ta xĂ©nophilie Ă©rigĂ©e en systĂšme est tout sauf un humanisme : c’est un racisme qui ne dit pas son nom, un racisme qui ne s’assume pas, un racisme d’Ă©picerie Bio.

Tout sauf de l’anti-racisme. Rien de moins qu’un alter-racisme.

La furie avec laquelle tu appelles le Peuple Ă  se lever contre le racisme et, encore une fois, les racistes, me fait penser Ă  ces foules qui investissent les maisons et crient vengeance en rĂ©clamant de planter la tĂȘte de l’Ennemi au bout d’une pique. Une surcompensation du doute ? Peut-ĂȘtre. Une incapacitĂ© Ă  concevoir l’Autre ? AssurĂ©ment.

J’ose espĂ©rer que nos Politiques, de tout bord, sont encore capables de rĂ©sister Ă  la poussĂ©e d’hormones et de rebrancher le cerveau pour se poser la seule bonne question : pourquoi 40% des Français affirment se retrouver dans les extrĂȘmes actuellement ? Pourquoi. Avant de se demander comment il faut y “remĂ©dier”.

Cela suppose une prise de responsabilitĂ© face Ă  des rĂ©actions bien plus vives et violentes que ton mail par ailleurs, je l’avoue, bien insignifiant. Certains sujets ne peuvent plus ĂȘtre abordĂ©s sans la peur au ventre. C’est terrifiant.

Mais j’ose encore croire que c’est Ă  cela que servent “nos” Ă©lus. Et “nos” journalistes.

Tu te rĂ©jouis de la condamnation d’un Zemmour qui prend le risque, professionnellement mais aussi et surtout mĂ©diatiquement, d’exprimer des propos qui s’Ă©cartent franchement de la Doxa officielle. Ne ferais-tu pas mieux de remballer tes hauts-le-coeur et de l’Ă©couter ? Au moins une fois ?

Je ne te demande pas de le comprendre, mais au moins d’essayer. Ensuite, tu pourras retourner boire un verre avec tes amis et cracher ta haine des ces racistes que tu croises un peu partour, les vieux cons de fachons et les chemises brunes de ton enfance. Eric Zemmour est peut-ĂȘtre raciste. Mais il est intelligent et Ă©duquĂ©. Il tient des raisonnements. C’est le cas de nombreuses autres personnes. Il faut parvenir Ă  surmonter son dĂ©goĂ»t pour se farcir Ă  la chaĂźne du Zemmour, du (ou de la) Le Pen, du MĂ©lenchon et du Besancenot, du Bayrou et du Sarko, du Caroline Fourest, du Philippe Chalmin ou du Bernard Maris. Du Royal ou du Madelin. Du lard ou du cochon.

A lire aussi :  Baroudeur toujours en fuite d’ennui

Il faut parvenir Ă  cesser un instant le ronronnement ordurier de ses neurones imbĂ©ciles, le temps de se plonger dans un article, fĂ»t-ce-t-il du Figaro ou de LibĂ©, de Rue 89 ou d’Atlantico, du Canard enchaĂźnĂ© ou de Minute (liste volontairement non exhaustive).

Je prĂ©fĂ©rerai toujours quelqu’un qui ose avoir raison tout seul que raison ensemble, pour reprendre lĂ  certains propos d’un Emmanuelli des grands soirs.

Tu parles de racisme. Mais, aprĂšs tout, qu’importe si ce racisme est constructif ? Comprendre par lĂ  : permet d’Ă©viter d’aboutir Ă  toutes les horreurs que tu Ă©voques. Tu dis que le racisme tue mais, encore une fois, l’apologie systĂ©matisĂ©e de la diffĂ©rence n’est-elle pas destructrice par essence ?

“Le mĂ©tis est le nouvel aryen”, nous dit Zemmour. Il y a la matiĂšre Ă  rĂ©flexion. Pas nĂ©cessaire matiĂšre Ă  agression.

J’ai vu cette semaine sur un statut Facebook d’un de mes contacts quelqu’un s’extasier devant la phrase suivante :
“Yeah au square on m’appelle Fouiny baby mais pour toi je reste Laouni weld bladi, Boom Boom les keufs viennent me lever.”

Que l’on trouve cela amusant, soit. Mais que l’on trouve ça grandiose… Je ne vais pas traquer les personnes de mauvais goĂ»ts jusque dans les chiottes mais est-ce leur rendre service que de s’extasier de concert sur des bourdonnements de mouche ? Qui donc osera leur dire qu’un Ă©lĂšve moyen de collĂšge est capable d’aligner ces quelques mots ? Qui aura le courage de leur dire qu’afficher ainsi son indigence sur son profil Facebook ferme irrĂ©mĂ©diablement de nombreuses portes ? Qui leur dira que discriminer fait partir de la vie parce que discriminer, c’est choisir ?

La racisme, ou prĂ©tendu racisme, procĂšde exactement de la mĂȘme logique. Words are like bullets, comme on pouvait l’entendre dans un Ă©pisode de South Park. Alors on se tait. Surtout ne pas parler des problĂšmes. Et si on ferme les yeux, ils disparaĂźtront.

Alors on regarde monter les votes des extrĂȘmes en s’indignant : ces gens sont racistes, ils ne sont pas comme nous, ce sont des monstres, il faut les combattre sans relĂąche.

Hitler avait les pieds fourchus et une queue de diablotin, Staline mangeait les enfants et John Galliano les chiens et les ornithorynques.

Et toi, Fred L. ? Un enfant de la GĂ©nĂ©ration Canal + (qui n’est rien moins qu’un TF1 Ă  l’envers – mĂȘme merde, public diffĂ©rent), j’imagine ?

(Dessin signĂ© Konk, un dessin d’extrĂȘme droite… hĂ© oui, Fred L., ils font les mĂȘmes dessins qu’Ă  l’extrĂȘme gauche…)

________________________

Mise Ă  jour du 11 mars.

RĂ©ponse de Fred L. ( qui communique Ă  chaque fois sous son vrai nom, d’ailleurs…) Ă  mon billet ci-dessus.

Bonjour,

Je te remercie pour la publication de mon courriel. Je ne reviendrai pas sur ton « commentaire » rĂ©flexe, instinctif et basique. Je prĂ©fĂšre Ă©lever le dĂ©bat et agir pour faire Ă©chouer les logiques populistes Ă©mergentes gĂ©nĂ©rĂ©es par ces dignitaires politiques mĂ©diatisĂ©s et guignols (CopĂ©, Novelli, Estrosi, Ciotti,..), possĂ©dĂ©s par l’ambition, aveuglĂ© par les calculs Ă©lectoraux et le pouvoir, dĂ©bordĂ©s par le prĂ©sent, incapables de projeter un avenir, juste capables d’acclamer comme une pop star un raciste condamnĂ© (Zemmour). Leur panique camouflĂ©e, leur course aux canots de sauvetage dĂ©guisĂ©e en ricanantes provocations, leurs trĂ©pignements («on a quand mĂȘme bien le droit de dire ce qu’on veut chez nous, na») : quelle image pour la jeunesse de Tunis ou du Caire ! Si toutefois cette jeunesse nous regarde, ce qui semble de moins en moins probable. Le lĂ©galisme de la jeune rĂ©volution tunisienne, sa dĂ©cision d’élire une constituante ! Et pendant ce temps, nos benalistes rassis Ă  nous, acclamant un raciste condamnĂ© !

Tiens, Laurent, puisqu’on parle de la belle France, de la France Ă©ternelle, ouverte sur l’horizon. Pendant qu’il n’est bruit que de Zemmour, les Ă©ditions Robert Laffont viennent de rĂ©Ă©diter le Camp des saints, de l’écrivain d’extrĂȘme droite Jean Raspail. Le livre a Ă©tĂ© publiĂ© en 1973. Son thĂšme ? Un million d’Indiens misĂ©reux, Ă  bord d’une flottille hors d’ñge, s’échouent sur la CĂŽte d’Azur. Qu’en faire ? Les accueillir ? Les empĂȘcher de dĂ©barquer, arme Ă  la main ? Le vĂ©ritable sujet du livre n’est pas l’invasion elle-mĂȘme. C’est la capitulation des Ă©lites politiques et mĂ©diatiques françaises devant cette invasion. Ils rĂȘveraient de tirer dans le tas, mais n’osent pas. Leur lĂąchetĂ©, leur dĂ©ballonnement, devant ce qu’on n’appelait pas encore, en 1973, la bien-pensance tiers-mondiste (mais le concept Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ ) les paralysent. La mĂ©diatisation du livre a Ă©tĂ© limitĂ©e : quelques articles et interviews dans le Figaro Magazine et Valeurs actuelles. MĂȘme CopĂ© n’a pas osĂ© inviter Raspail (mais ça viendra peut-ĂȘtre). Le livre est pourtant un grand succĂšs : 5 000 exemplaires ont Ă©tĂ© vendus en fĂ©vrier. Jean Raspail, en outre, a participĂ© Ă  une grande Ă©mission de tĂ©lĂ©vision, Ce soir ou jamais, animĂ©e sur France 3 par FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ. TrĂšs bien. Il est tout Ă  fait lĂ©gitime que la tĂ©lĂ©vision publique reçoive tout le monde, mĂȘme les Ă©crivains racistes, tant qu’ils n’ont pas Ă©tĂ© condamnĂ©s. Sauf que l’animateur, TaddeĂŻ, a soigneusement omis de prononcer un mot : «racisme», justement. «Sulfureux», «controversé» : pour prĂ©senter le livre, TaddeĂŻ s’est soigneusement limitĂ© Ă  ces adjectifs, qui Ă©vitent de prendre parti et de s’engager. Le Camp des saints est pourtant un livre raciste. Odieusement raciste. Si FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ l’a vraiment lu, il ne peut le qualifier autrement. Exemples ? Ils fourmillent. Les naufragĂ©s de Jean Raspail puent, et l’écrivain insiste longuement sur cette puanteur. Pas un seul, dans ce million d’Indiens, n’est dotĂ© par le romancier d’un visage humain, ou de rĂ©actions humaines. C’est une masse grouillante, informe et menaçante. Noirs et Arabes, jetĂ©s sur les routes par la dĂ©bĂącle française devant cette invasion pacifique, ne sont que des dĂ©linquants et des violeurs. Il a beau ĂȘtre Ă©ditĂ© par l’honorable maison Robert Laffont, c’est un livre raciste – ce qui ne lui retire pas ses qualitĂ©s littĂ©raires, et notamment sa perverse puissance d’évocation. En considĂ©rant cet accueil critique intimidĂ©, aujourd’hui, du Camp des saints, comment ne pas repenser Ă  l’accueil critique de Bagatelles pour un massacre, l’immonde pamphlet antisĂ©mite de CĂ©line, tel que le relatait rĂ©cemment AndrĂ© Derval, dans un recueil passionnant (1) ? CĂ©line le publie en 1937. Au comble de l’embarras, la «grande presse» fait silence. La presse d’extrĂȘme droite exulte. Rien que de trĂšs normal. Et il se trouve, dans les revues littĂ©raires, des critiques pour exalter le style de l’oeuvre, en faisant mine de ne pas voir son contenu.

Jean Raspail Ă©tait une sorte de Zemmour des annĂ©es 70. Comme Zemmour, d’ailleurs, il faut le voir faire patte de velours, sur les plateaux. Un croisĂ©, lui ? Pas du tout ! Que va-t-on imaginer ? Un humble romancier, simplement, qui entendait, en 1973, «poser un problĂšme». Si la masse misĂ©reuse dĂ©ferle sur
nous, «qu’est-ce qu’on fait ?» Oui, que faire de ces gens qui, hĂ©las, hĂ©las, «ne sont pas de notre type ethnique» ? Pour rĂ©pondre d’avance Ă  une question piĂšge, il ne faudrait pas dĂ©duire de ce qui prĂ©cĂšde un appel Ă  l’interdiction du Camp de saints. Mais il faut l’appeler par son nom : un livre raciste. Il faut dĂ©signer les
Ă©ditions Robert Laffont comme ce qu’elles sont : l’éditeur d’un livre raciste. Un livre raciste littĂ©rairement intĂ©ressant, sans doute ; sociologiquement, historiquement intĂ©ressant, tout ce qu’on voudra, mais raciste. Et toxique. RĂ©Ă©ditez-le tant que vous voudrez, invitez l’auteur tant que vous voudrez, mais ayez le courage d’apposer un bandeau, «attention, contenu raciste». Ou bien «le racisme tue». Comme sur les paquets de cigarettes, que la libertĂ© interdit aussi d’interdire.

Salut  à Toi.


Bonjour,

Je te remercie pour la publication de mon courriel. Je ne reviendrai pas sur ton « commentaire » rĂ©flexe, instinctif et basique. Je prĂ©fĂšre Ă©lever le dĂ©bat et agir pour faire Ă©chouer les logiques populistes Ă©mergentes gĂ©nĂ©rĂ©es par ces dignitaires politiques mĂ©diatisĂ©s et guignols (CopĂ©, Novelli, Estrosi, Ciotti,..), possĂ©dĂ©s par l’ambition, aveuglĂ© par les calculs Ă©lectoraux et le pouvoir, dĂ©bordĂ©s par le prĂ©sent, incapables de projeter un avenir, juste capables d’acclamer comme une pop star un raciste condamnĂ© (Zemmour). Leur panique camouflĂ©e, leur course aux canots de sauvetage dĂ©guisĂ©e en ricanantes provocations, leurs trĂ©pignements («on a quand mĂȘme bien le droit de dire ce qu’on veut chez nous, na») : quelle image pour la jeunesse de Tunis ou du Caire ! Si toutefois cette jeunesse nous regarde, ce qui semble de moins en moins probable. Le lĂ©galisme de la jeune rĂ©volution tunisienne, sa dĂ©cision d’élire une constituante ! Et pendant ce temps, nos benalistes rassis Ă  nous, acclamant un raciste condamnĂ© !

Tiens, Laurent, puisqu’on parle de la belle France, de la France Ă©ternelle, ouverte sur l’horizon. Pendant qu’il n’est bruit que de Zemmour, les Ă©ditions Robert Laffont viennent de rĂ©Ă©diter le Camp des saints, de l’écrivain d’extrĂȘme droite Jean Raspail. Le livre a Ă©tĂ© publiĂ© en 1973. Son thĂšme ? Un million d’Indiens misĂ©reux, Ă  bord d’une flottille hors d’ñge, s’échouent sur la CĂŽte d’Azur. Qu’en faire ? Les accueillir ? Les empĂȘcher de dĂ©barquer, arme Ă  la main ? Le vĂ©ritable sujet du livre n’est pas l’invasion elle-mĂȘme. C’est la capitulation des Ă©lites politiques et mĂ©diatiques françaises devant cette invasion. Ils rĂȘveraient de tirer dans le tas, mais n’osent pas. Leur lĂąchetĂ©, leur dĂ©ballonnement, devant ce qu’on n’appelait pas encore, en 1973, la bien-pensance tiers-mondiste (mais le concept Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ ) les paralysent. La mĂ©diatisation du livre a Ă©tĂ© limitĂ©e : quelques articles et interviews dans le Figaro Magazine et Valeurs actuelles. MĂȘme CopĂ© n’a pas osĂ© inviter Raspail (mais ça viendra peut-ĂȘtre). Le livre est pourtant un grand succĂšs : 5 000 exemplaires ont Ă©tĂ© vendus en fĂ©vrier. Jean Raspail, en outre, a participĂ© Ă  une grande Ă©mission de tĂ©lĂ©vision, Ce soir ou jamais, animĂ©e sur France 3 par FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ. TrĂšs bien. Il est tout Ă  fait lĂ©gitime que la tĂ©lĂ©vision publique reçoive tout le monde, mĂȘme les Ă©crivains racistes, tant qu’ils n’ont pas Ă©tĂ© condamnĂ©s. Sauf que l’animateur, TaddeĂŻ, a soigneusement omis de prononcer un mot : «racisme», justement. «Sulfureux», «controversé» : pour prĂ©senter le livre, TaddeĂŻ s’est soigneusement limitĂ© Ă  ces adjectifs, qui Ă©vitent de prendre parti et de s’engager. Le Camp des saints est pourtant un livre raciste. Odieusement raciste. Si FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ l’a vraiment lu, il ne peut le qualifier autrement. Exemples ? Ils fourmillent. Les naufragĂ©s de Jean Raspail puent, et l’écrivain insiste longuement sur cette puanteur. Pas un seul, dans ce million d’Indiens, n’est dotĂ© par le romancier d’un visage humain, ou de rĂ©actions humaines. C’est une masse grouillante, informe et menaçante. Noirs et Arabes, jetĂ©s sur les routes par la dĂ©bĂącle française devant cette invasion pacifique, ne sont que des dĂ©linquants et des violeurs. Il a beau ĂȘtre Ă©ditĂ© par l’honorable maison Robert Laffont, c’est un livre raciste – ce qui ne lui retire pas ses qualitĂ©s littĂ©raires, et notamment sa perverse puissance d’évocation. En considĂ©rant cet accueil critique intimidĂ©, aujourd’hui, du Camp des saints, comment ne pas repenser Ă  l’accueil critique de Bagatelles pour un massacre, l’immonde pamphlet antisĂ©mite de CĂ©line, tel que le relatait rĂ©cemment AndrĂ© Derval, dans un recueil passionnant (1) ? CĂ©line le publie en 1937. Au comble de l’embarras, la «grande presse» fait silence. La presse d’extrĂȘme droite exulte. Rien que de trĂšs normal. Et il se trouve, dans les revues littĂ©raires, des critiques pour exalter le style de l’oeuvre, en faisant mine de ne pas voir son contenu.

Jean Raspail Ă©tait une sorte de Zemmour des annĂ©es 70. Comme Zemmour, d’ailleurs, il faut le voir faire patte de velours, sur les plateaux. Un croisĂ©, lui ? Pas du tout ! Que va-t-on imaginer ? Un humble romancier, simplement, qui entendait, en 1973, «poser un problĂšme». Si la masse misĂ©reuse dĂ©ferle sur

nous, «qu’est-ce qu’on fait ?» Oui, que faire de ces gens qui, hĂ©las, hĂ©las, «ne sont pas de notre type ethnique» ? Pour rĂ©pondre d’avance Ă  une question piĂšge, il ne faudrait pas dĂ©duire de ce qui prĂ©cĂšde un appel Ă  l’interdiction du Camp de saints. Mais il faut l’appeler par son nom : un livre raciste. Il faut dĂ©signer les

Ă©ditions Robert Laffont comme ce qu’elles sont : l’éditeur d’un livre raciste. Un livre raciste littĂ©rairement intĂ©ressant, sans doute ; sociologiquement, historiquement intĂ©ressant, tout ce qu’on voudra, mais raciste. Et toxique. RĂ©Ă©ditez-le tant que vous voudrez, invitez l’auteur tant que vous voudrez, mais ayez le courage d’apposer un bandeau, «attention, contenu raciste». Ou bien «le racisme tue». Comme sur les paquets de cigarettes, que la libertĂ© interdit aussi d’interdire.

Salut  à Toi.

Admettons. Et qui donc va dĂ©cider de ce qui est raciste et de ce qui ne l’est pas ?

A lire aussi :  Iran – RĂ©volution Ă  nos portes : vers la guerre civile ?

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Mise Ă  jour du 14 mars.

Nouveau message de Fred L. ( qui visiblement cherche Ă  travailler sa notoriĂ©tĂ© sur le web…) :

Bonjour Laurent,

Un peu de lecture


A quoi sert-il  de parler des « racines » d’un pays, comme le fait le PrĂ©sident de la rĂ©publique et toute la droite,  sinon Ă  donner, implicitement  ou explicitement, Ă  ceux qui s’y rattachent  un droit de propriĂ©tĂ© sur le pays, ou au moins une prioritĂ© sur les autres ?

En particulier, parler de racines chrĂ©tiennes  voudrait-il  dire  qu’il convient de donner aux chrĂ©tiens la propriĂ©tĂ© de la France ou au moins  une prioritĂ© sur les  autres citoyens ?  Mais quelle prioritĂ© ? Et si  un chrĂ©tien devient athĂ©e ou musulman  ou bouddhiste, perdrait il ces privilĂšges ? Absurde.

D’abord, quand commencent les racines de la France ? Au   palĂ©olithique, quand on identifie les premiĂšres populations sur le territoire de ce qui devint ensuite la France ?  En  481, quand  un roi Franc, Clovis, la conquiert ? Ou encore en 1190 quand la France prend ce nom   ?

Ensuite,  de  quels peuples sont issus les Français d’aujourd’hui   ? Toute cette page ne suffirait pas à nommer les Vandales, les Burgondes, des Alains,  les Suùves, les Bituriges, les Arvernes, les Eduens, les Ambarres, les Carnutes et les autres Aulerques qui y ont fait souche. Sans compter, plus tard, des Normands, des Anglais, et tant d’autres.

Enfin,   quelles religions se sont succĂ©dĂ©es  sur son territoire ?  LĂ  encore, il faudrait des pages pour nommer les innombrables variantes de religions  celtes, gauloises, grecques, romaines, juives,  qui  se sont succĂ©dĂ©s ou ont cohabitĂ© sur notre territoire avant  l’arrivĂ©e des innombrables variantes du  christianisme. Et mĂȘme, dans certaines parties de la France d’aujourd’hui, connues alors sous le nom de Septimanie,  des musulmans y ont fait souche au  8Ăšme siĂšcle,  avant que la chrĂ©tientĂ© n’y soit vraiment dominante. Et  si les premiers  rois de ce qui devient bien plus tard la  France ont choisi, au 5Ăšme siĂšcle,  de devenir chrĂ©tiens, l’hĂ©ritage d’un pays laĂŻc  ne se rĂ©duit pas Ă  la religion  d’un roi (qui a  d’ailleurs choisi de devenir chrĂ©tien  aprĂšs 15 ans de rĂšgne,  surtout pour des raisons politiques, soucieux de l’alliance avec la puissante famille de sa deuxiĂšme Ă©pouse, Clotilde).

Ceci  n’est pas propre Ă  la France : si on cherchait  les racines d’autres pays, on aurait les mĂȘmes surprises : l’Angleterre porte le  nom d’un peuple allemand ; l’Allemagne porte le nom de trois peuples diffĂ©rents,  suivant la langue dans laquelle on la nomme ;  la Russie porte un nom qui dĂ©signe un  peuple qu’on nomme ailleurs les Vikings.

Il ne faut donc pas jouer avec les mots : la droite   ne nous parle des racines  que pour nous  dire qu’elle refuse les fruits.

Cela ne veut pas dire, Ă©videmment, qu’il faille rejeter l’hĂ©ritage chrĂ©tien ; ou  plutĂŽt, dans le cas de la France,    l’hĂ©ritage catholique. Car la prĂ©sence, dominante, de l’église catholique,  du 9Ăšme au 18Ăšme siĂšcle,  en France, fille ainĂ©e de l’Eglise, a façonnĂ© une grande partie des valeurs de ce pays, pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur, en lui inculquant des idĂ©aux  de grandeur et de charitĂ©. Pour le pire, en y imposant une intolĂ©rance qui en  chassa juifs et protestants, et freina le dĂ©veloppement intellectuel, scientifique et Ă©conomique  du pays. Rien  ne me dit plus de la tristesse de cet hĂ©ritage que la rĂ©vocation de l’Edit  de Nantes ; rien ne m’en  dit plus la grandeur   qu’une aube de printemps  dans la basilique de VĂ©zelay.

Mais mettre en avant, comme le fait la droite aujourd’hui, l’hĂ©ritage chrĂ©tien  du pays, comme mesure de l’identitĂ© du pays,  c’est exclure ceux qui ne se reconnaissent  pas dans cette foi. Et mĂȘme  exclure ceux qui, chrĂ©tiens, ne veulent pas confondre leur foi et  leur citoyennetĂ©. C’est d’abord une petite manƓuvre pour exclure les musulmans. C’est aussi une dĂ©risoire  manigance pour minimiser le formidable hĂ©ritage des LumiĂšres, qui commencent d’ailleurs en France  au 12Ăšme siĂšcle, avec l’arrivĂ©e, par des traducteurs juifs,  de textes musulmans porteurs de la pensĂ©e grecque.

C’est de tout cela qu’il faut ĂȘtre fier. C’est cela qui fait la grandeur de ce pays.

Une culture, une religion, une nation  ne peut survivre si elle  se prĂ©occupe d’exclure plutĂŽt que de sĂ©duire. Sa lĂ©gitimitĂ© ne doit pas se limiter Ă  revendiquer une place dans l’Histoire ;  elle  doit  aussi chercher Ă  se faire  une place dans l’avenir.

Aussi, au  lieu de dĂ©battre de l’hĂ©ritage laissĂ© par une religion, on devrait plutĂŽt parler de  la façon dont   notre pays,  (nourri,  entre autres,  du fait religieux), pourra  rĂ©pondre aux grandes questions de l’avenir et attirer ceux qui le construiront.

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La fin des acouphĂšnes ? Les acouphĂšnes, ces sons qui sifflent ou bourdonnent dans la tĂȘte de maniĂšre plus ou moins permanente sans que la moindre source sonore extĂ©rieure ne puisse les expliquer, gĂąchent la vie de 5 millions de Français. Longtemps considĂ©rĂ© comme un trouble psychologique, ces sons fantĂŽmes ne bĂ©nĂ©ficiaient jusqu’ici d’aucun traitement efficace.

RĂ©ponses

  1. Des racistes, il y en a parmi toutes les races, je crois qu’il faille avoir le courage de l’admettre et de le dire. Que faites vous de ceux qui traitent les français de souche des “sous chiens” ? Moi, je n’aime pas ĂȘtre traitĂ©e de sous chien tout comme je ne traiterai jamais personne autrement que je voudrais qu’on me traite. Par contre il y a une race que j’ai du mal Ă  accepter, ce sont les tire au flancs, et il y en a parmi toutes les races. 😕

  2. Fred L. serait-il Daniel Schneidermann ? 😉
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    “Le Camp des saints vient d’ĂȘtre rĂ©Ă©ditĂ© aujourd’hui, prĂ©cĂ©dĂ© d’une prĂ©face de Raspail lui-mĂȘme, intitulĂ©e Big Other. C’est un texte trĂšs dur, trĂšs musclĂ© mais pas raciste, quoiqu’en disent certain, en particulier Daniel Schneidermann qui le compare Ă  Bagatelle pour un massacre et demande, en grand libĂ©ral qu’il est, qu’on fasse figurer sur la couverture un tampon « Attention, contenu raciste ».”

    Je l’ai dĂ©jĂ  dit Ă  de nombreuses reprises : libĂ©ral je suis, libĂ©ral je resterai. Fred L. et Daniel Schneidermann, allez donc imposer vos avis Ă  qui vous voulez mais svp, ne salissez pas tout ce que vous touchez…

    Autre papier intĂ©ressant, Ă  lire sur Causeur.fr, sous la plume d’Elisabeth LĂ©vy :
    C’est moi, la peste brune ?
    Avec en filigrane toujours cette question lancinante : “peut-on avoir d’autres idĂ©es que les vĂŽtres sans ĂȘtre un salaud ou un idiot ?”

  3. Laurent, dans ta rĂ©ponse Ă  Fred L, tu as raison quand tu dis que chacun est libre de penser ce qu’il veut.

    Par contre tu me surprend beaucoup car c’est la premiĂšre fois que je vois quelqu’un dĂ©fendre ouvertement le racisme. je n’avais jamais vu ça.
    J’ai toujours vu les racistes nier leur racisme car ils en avaient honte.

    Mais comme tu le dis trĂšs justement, on a le droit de penser librement.

    Par contre tu te trompes lourdement quand tu dis que le racisme est une opinion. C’est faux. Le racisme n’est certainement pas une opinion; c’est un dĂ©lit. Il est mĂȘme sĂ©vĂšrement sanctionnĂ© par la loi. Que tu le veuilles ou non. A mon sens, tu es mĂȘme dans l’illĂ©galitĂ© avec ce que tu as Ă©crit.

    Moi je juge les gens d’aprĂšs leurs qualitĂ©s morales et non en fonction de leurs couleurs ou de leurs origines.
    Un type qui a commis un dĂ©lit, on s’en fiche qu’il soit noir, jaune, anglais, juif, musulmans, polonais ou amĂ©ricain. Il faut le juger par rapport Ă  ses actes.

    Il faut quand mĂȘme aussi rappeler que l’immense majoritĂ© (95%) des musulmans français ou non, qui habitent en France ne sont pas des dĂ©linquants mais des gens sĂ©rieux. Ne trouves-tu pas injuste de jeter l’opprobre sur 95% parce Ă  cause des 5% restants?

    Par contre, il est vrai qu’il faut lutter contre l’immigration clandestine et incontrĂŽlĂ©e. RĂ©clamer des papiers pour tous les sans-papiers n’est pas rationnel car une fois que tous les sans papiers seront rĂ©gularisĂ©s, ça en appellera d’autres et il y aura le mĂȘme nombre de nouveaux sans papiers qui demanderont Ă  ĂȘtre rĂ©gularisĂ©s.

    Cela dit, n’en dĂ©plaise au racistes, la France a toujours accueilli et accueillera toujours des Ă©trangers. Et heureusement car sans l’immigration notre taux de fĂ©conditĂ© serait de 0,5. Nous serions un peuple en voie d’extinction. Chasser tous les Ă©trangers ou français d’origine Ă©trangĂšre, ne garder que les bons français de souche (les vrais de vrais) et les forcer Ă  faire des enfants pour atteindre un taux de fĂ©conditĂ© de 2,1 et assurer le renouvellement de notre population mis aussi le paiement des retraites ne me parait ni intelligent ni mĂȘme rĂ©alisable.

    Et franchement ne trouves-tu pas risible de dire que Coluche, yves Montant, Laurence Ferrari, Nicolas Sarkozy, Michel Picoli, Zinedine Zidane, Louis de Funes, Lino Ventura, Djamel, Karembeu, Josiane Balasko, Yannick Noah, Gael Monfils, Camelia Jordana, Amel Bent, Da Silva, Leni escudero, rachida Dati, Fadela Amara, Mouss Diouf, Azouz Begag, Max Gallo, Abderrahmane Dahmane, Kofi yamgnane,
    DieudonnĂ©, Omar, Guy-Manuel de Homem-Christo (chanteur du groupe Daft punk), Maria de Medeiros, axel poniatowski, Rachid Tahar djibril CissĂ© et tous les autres millions de français d’origine Ă©trangĂšre sont tout aussi français que toi Laurent.
    La France leur appartient autant qu’Ă  toi. Et heureusement.
    Soutenir le contraire serait raciste et risible.

    1. “C’est la premiĂšre fois que je vois quelqu’un dĂ©fendre ouvertement le racisme. je n’avais jamais vu ça. J’ai toujours vu les racistes nier leur racisme car ils en avaient honte.” :
      Alex, il est inexact de dire que je dĂ©fends pas le racisme. Je dis simplement, pour reprendre lĂ  encore une formule de Eric Zemmour, qu’on a le droit d’ĂȘtre raciste.
      Ce qui me surprend personnellement c’est que visiblement, en me lisant, tu conclus que je suis un raciste qui s’assume. C’est dommage… Ce n’est pas le message que j’essayais modestement de faire passer.

      “Tu te trompes lourdement quand tu dis que le racisme est une opinion. C’est faux. Le racisme n’est certainement pas une opinion; c’est un dĂ©lit. Il est mĂȘme sĂ©vĂšrement sanctionnĂ© par la loi.” :
      J’en ai conscience et c’est bien un regret sur cet Ă©tat de fait que j’exprime. Encore une fois, je pense simplement que le prĂ©tendu remĂšde est pire que le mal et qu’en amenant tout sur le terrain de la loi on ne fait qu’entretenir le racisme que l’on prĂ©tend combattre.

      “Moi je juge les gens d’aprĂšs leurs qualitĂ©s morales et non en fonction de leurs couleurs ou de leurs origines.” :
      Moi aussi. Du moins je fais tout mon possible et j’y tiens plus que tout. Ceci dit, tu ne peux nier que nous avons, TOUS, des prĂ©jugĂ©s. Nous sommes tous, dans une certaine mesure, racistes, sexistes, homophobes et j’en passe. Comprendre par lĂ  que nous nous construisons dĂšs notre naissance sur des prĂ©jugĂ©s (regarde le festival de clichĂ©s qu’on nous sert sur les Japonais ces derniers jours) et que, Ă  mon sens, la meilleure façon de les “combattre” est prĂ©cisĂ©ment d’en avoir conscience et non de les “interdire”. C’est un peu comme tous ces gens qui prĂ©tendent que la pub n’a aucun effet sur eux : je pense qu’on devient moins mallĂ©able face Ă  la pub Ă  partir du moment oĂč l’on comprend et accepte qu’elle a un effet sur nous. L’objectivitĂ© n’existe pas, nous sommes chacun une somme infinie de subjectivitĂ©s.

      “Il faut quand mĂȘme aussi rappeler que l’immense majoritĂ© (95%) des musulmans français ou non, qui habitent en France ne sont pas des dĂ©linquants mais des gens sĂ©rieux. Ne trouves-tu pas injuste de jeter l’opprobre sur 95% parce Ă  cause des 5% restants?” :
      Bien entendu. J’espĂšre que tu ne penses pas que j’ai fait ça dans mon billet, si ?… LĂ  n’Ă©tait pas, mais alors pas du tout mon intention.
      Mais mon propos est toujours le mĂȘme : ce n’est ni en interdisant le racisme ni en glorifiant son prĂ©tendu opposĂ© (l’anti-racisme, ou la xĂ©nophilie bĂ©ate) qu’on le combattra. Je pense que les gars qui font South Park sont bien plus utiles lorsqu’ils prĂ©sentent un Cartman qui dĂ©fend son droit au racisme tel un droit inaliĂ©nable. Car si nous ne sommes certainement pas tous des Juifs Allemands, nous avons tous quelque chose en nous de Cartman. 😉
      Et sans faire de la psychologie de PMU, je ne pense pas que nier et/ou refouler ce petit Cartman au fond de nous aille dans le sens espéré.

      “Et franchement ne trouves-tu pas risible de dire que Coluche [etc.] et tous les autres millions de français d’origine Ă©trangĂšre sont tout aussi français que toi Laurent.” :
      Evidemment qu’ils sont tout aussi français que moi. Le degrĂ© de “franchiositĂ©” (dĂ©dicace Ă  SĂ©go) n’est d’ailleurs pas sujet Ă  dĂ©bat pour ma part : on est Français ou on ne l’est pas. J’ai horreur de la logique binaire en gĂ©nĂ©ral mais lĂ  ça fonctionne plutĂŽt bien…

      “La France leur appartient autant qu’à toi. Et heureusement.
      Soutenir le contraire serait raciste et risible.” :
      Raciste, peut-ĂȘtre. Risible, certainement. Mais, justement, n’a-t-on pas le DROIT d’ĂȘtre un gros beauf crĂ©tin inculte et stupide (par exemple) ? Plus que le droit au racisme, je dĂ©fends le droit de chacun Ă  la stupiditĂ© ! 😉 Et le droit Ă  chacun de se construire en confrontant les points de vue, aussi stupides soient-ils, non en suivant aveuglĂ©ment la route tracĂ©e par le Guide SuprĂȘme et Rue89.

  4. je pense, mon ami, que tu ne rĂ©ussiras pas Ă  ouvrir le dĂ©bat que tu cherches Ă  ouvrir. Tu dis, “on pourrait se demander si”, “il faudrait comprendre pourquoi”, “il y a matiĂšre Ă  rĂ©flexion”, “peut-ĂȘtre pourrait-on envisager d’expliquer” etc… et on te rĂ©pondra toujours “non, le racisme c’est mal”.
    Tu sous-estimes ce que levi-strauss, lacan, foucault, finkielkraut et d’autres ont appelĂ© la part d’inconscient structural: En gros, je rĂ©cite ce que j’ai appris dans mon sommeil, c’est-Ă -dire dans la sociĂ©tĂ© et les “valeurs” qu’elle met en avant Ă  un instant t. Je crois que c’est moi qui parle quand je dis “Zemmour = Hitler”, alors qu’en fait c’est la structure. Il y a comme un mĂ©canisme de dĂ©fense du social contre le local, du groupe contre l’individu, du corps contre le virus. Le corps social occidental version post colonisation et post nazisme tendance mondialisation a produit spontanĂ©ment des millions d'”anticorps” (c’est Ă  dire des nains intellectuels avec une grille de lecture prĂ©remplie façon dĂ©claration de ressources de la CAF) prĂȘts Ă  prendre les armes dĂšs qu’une bactĂ©rie entre dans la circulation sanguine. On siffle Zemmour, Finkielkraut sur les plateaux tĂ©lĂ©, on ne veut pas trop de Marine Le Pen Ă  l’antenne, on s’extasie devant le slam des citĂ©s pour prĂ©server la “structure”. Ce n’est pas un phĂ©nomĂšne rationnel, mais inconscient. Zemmour est le vilain et en plus il est le diable. Il se dissimule sous une cape de justicier pour infecter le corps social. Et les anticorps rĂ©agissent immĂ©diatement pour rĂ©pondre au schĂ©ma du France 2011 qui nous injecte par intraveineuse depuis les bancs du CM1 le programme Ă  la mode. c’est ce que Freud appellerait le retour du refoulĂ©: on purge l’histoire occidentale de ses maux et de ses plaies (les intolĂ©rances du christianisme, les gĂ©nocides des minoritĂ©s, le colonialisme et ses dĂ©rives, les injustices sociales et les guerres nationalistes) et on procĂšde (toujours Freud) Ă  “l’inversion normative”: le racisme Ă©tait la norme, il devient la lĂšpre absolue, le blanc chrĂ©tien nationaliste Ă©tait le modĂšle, il devient la caricature du mal, l’immigrĂ©, l’Ă©tranger, Ă©taient les loups sanguinaires ennemis de la civilisation, ils deviennent les hĂŽtes de marque sans qui rien n’est possible, des conditions de civilisation.

  5. Je suis d’accord avec toi pour dire qu’il peut y avoir des excĂšs dans l’anti racisme. Certains propos sont taxĂ©s de racistes parce qu’ils ont commis la faute d’analyser la situation.
    Ce que Zemmour a dit n’est pas faux mais ce n’est pas pour ça qu’il a Ă©tĂ© condamnĂ©. Le problĂšme c’est qu’en disant cela publiquement dans les mĂ©dias, il stigmatise ipso facto tout la partie de la population qu’il a dĂ©signĂ©e, qu’elle soit trafiquante de drogue ou non. Et c’est pour ça qu’il a Ă©tĂ© condamnĂ©. C’est une incitation Ă  la haine raciale.
    C’est dommage car c’est un excellent journaliste qui, je le pense, n’est pas raciste. Il est bien plus intĂ©ressant que des bien pensants bien hypocrites.

    Force est de constater que tu te contredis quand tu dis que tu n’es pas raciste mais que tu dĂ©plores que le racisme ne puisse pas ĂȘtre une opinion comme une autre ou que l’on ne puisse pas ĂȘtre raciste sans ĂȘtre attaquĂ©.
    Le racisme au mĂȘme titre que la pĂ©dophilie ou le proxĂ©nĂ©tisme est condamnable. Ca ne peut pas ĂȘtre une opinion acceptable.
    Le racisme c’est le rejet et la haine de l’autre uniquement parce qu’il est diffĂ©rent ou qu’il est d’un autre pays; sans autre grief aucun. Autant dire que c’est absurde.
    Si, comme tu le dis, c’est une rĂ©action humaine, elle doit ĂȘtre rĂ©primĂ©e car elle ne mĂšne Ă  rien de bon. Il suffit de s’intĂ©resser Ă  l’histoire pour le constater.
    LĂ©gitimer le racisme c’est comme lĂ©gitimer la pĂ©dophilie et de ce fait autoriser des propos publics tels que:
    ” Les danois sont un peuple infĂ©rieur Ă  nous, je les hais, etc …”
    Le rejet de l’autre peut ĂȘtre une pulsion humaine, ça ne la lĂ©gitime pas pour autant; elle est nĂ©gative et nous devons la rĂ©primer et la combattre.

    Nous traversons une passe difficile; il faut lutter contre les vrais problĂšmes et chercher de vraies solutions plutĂŽt que de rechercher des boucs Ă©missaires qui vont servir d’exutoire Ă  nos angoisses et nos peurs.

    Je prĂ©cise que je n’ai rien contre nos amis danois, bien au contraire; c’Ă©tait juste pour donner un exemple 😉

  6. “Le racisme c’est le rejet et la haine de l’autre uniquement parce qu’il est diffĂ©rent ou qu’il est d’un autre pays; sans autre grief aucun. Autant dire que c’est absurde”

    Ce que je conteste et remplace par “Le racisme, exacerbation aveugle de la tendance NATURELLE de l’ĂȘtre humain Ă  se mĂ©fier de l’Ă©tranger et de ses coutumes (chaque culture, chaque religion, chaque langue est prĂ©datrice et a son propre instinct de territorialitĂ©), est le RESULTAT possible d’une confrontation mal prĂ©parĂ©e, mal vĂ©cue, mal ressentie, mal comprise, mal encadrĂ©e mal tout ce qu’on veut entre deux personnes ou deux groupes de personnes de cultures diffĂ©rentes.” Le racisme des gens qui votent Le Pen n’est pas un chĂšque en blanc ou une pĂ©tition de principe contre les noirs, les arabes, les jaunes, les verts ou les bleus en gĂ©nĂ©ral. Il n’est ni sans grief, ni absurde et, surtout, il n’est pas dĂ©finitif.
    Jean-Paul du 93 va dire “je vote Le Pen parce que je n’en peux plus de ces gosses d’africains qui squattent les cages d’escalier”, il a donc un grief: on le dĂ©range dans son hall d’immeuble. Cela correspond Ă  une rĂ©alitĂ© sociale, ce n’est donc pas absurde. Paul peut rĂ©flĂ©chir Ă  la question et changer d’avis, ou bien la situation peut Ă©voluer en bien, par exemple il peut ĂȘtre mutĂ© Ă  Juan Les Pins et laisser derriĂšre lui les HLMS taggĂ©s et les concerts de rap improvisĂ©s sous ses fenĂȘtres au son de “nik la police” et “gaulois sales fils de putes vercingĂ©torix on t’encule”. Il sera alors plus tranquille pour mĂ©diter en slip de bain les leçons fleuries de l’humanisme des LumiĂšres, qui, soit dit en passant, en plaçant la Raison au sommet de la pyramide et en assignant Ă  la France Europe la mission de raisonner/civiliser le monde, a posĂ© les bases d’une justification morale de la colonisation.
    Bref, tout peut changer, le racisme n’est pas dans ses gĂȘnes.

    Zemmour n’incite Ă  rien du tout, il EXPRIME le point de vue de Jean-Paul et d’autres dans son genre, qui n’ont pas l’occasion de l’ouvrir parce qu’on prĂ©fĂšre avoir sur les plateaux tĂ©lĂ© Grand Corps malade, Joey Starr et Lady Gaga. La frustration de Jean-Paul est donc quelque peu attĂ©nuĂ©e. C’est un moindre mal en attendant des jours meilleurs, oĂč les remarques dĂ©sobligeantes sur les immigrĂ©s ne trouveront plus d’Ă©cho dans la sociĂ©tĂ©, non pas parce que la vilaine molĂ©cule du vilain racisme aura Ă©tĂ© extraite de force par les gentils docteurs de la pensĂ©e saine et moderne, mais parce qu’elles n’auront plus de rĂ©alitĂ© sociale visible sur lesquelles s’accrocher.

  7. DĂ©jĂ , commence par avoir la dĂ©cence de dire ” pour moi” ou “je pense que” . Car lĂ  tu viens d’exposer tes idĂ©es comme s’il s’agissait de la vĂ©ritĂ© universelle. Ce qui n’est pas le cas. Loin de lĂ  et heureusement.

    Tu es en train de tout mĂ©langer. Si c’est involontaire c’est de l’ignorance; si c’est volontaire c’est de la malhonnĂȘtetĂ©.

    1) Ta dĂ©finition du racisme est bien gentille mais c’est la tienne et non la vĂ©ritable dĂ©finition. Un peu de culture ne te fera pas de mal; je vais te donner la VRAIE dĂ©finition du racisme.
    Racisme: qui croit Ă  la hiĂ©rarchie des races, est hostiles aux autres groupes ethniques qu’il considĂšre comme infĂ©rieur.
    On est loin de TES histoires de ” exacerbation aveugle de la tendance NATURELLE de l’ĂȘtre humain Ă  se mĂ©fier de l’étranger et de ses coutumes (chaque culture, chaque religion, chaque langue est prĂ©datrice et a son propre instinct de territorialitĂ©), est le RESULTAT possible d’une confrontation mal prĂ©parĂ©e, mal vĂ©cue, mal ressentie, mal etc …”.

    Ta dĂ©finition est lĂ©gĂšrement taillĂ©e sur mesure pour cadrer avec tes idĂ©es. C’est le moins qu’on puisse dire….

    En fait tu as carrĂ©ment remplacĂ© la dĂ©finition du racisme par TES idĂ©es. Pourquoi se gĂȘner. Tant qu’Ă  faire autant Ă©jecter la rĂ©alitĂ© et imposer la sienne. Pourquoi s’encombrer de rigueur dans son raisonnement? Hein?

    Donc rappelle-toi bien tes histoires ta “tendance NATURELLE Ă  se mĂ©fier des Ă©trangers” et tes histoires selon lesquelles les cultures sont prĂ©datrices c’est toi qui le pense. Tu as une lĂ©gĂšre tendance Ă  prendre ton cas pour une gĂ©nĂ©ralitĂ©. L’Ă©gocentrisme est Ă  l’individu ce que l’ethnocentrisme est Ă  une nation un peuple ou une ethnie. Cette tendance Ă  croire qu’on est au centre…

    2) Contrairement Ă  toi ( ou Ă  tes Paul et Jean-paul) lorsque je suis dĂ©rangĂ© par des gens qui encombrent mon entrĂ©e, par de la musique rap etc … je vais agir contre les problĂšmes (plaintes, associations de dĂ©fense, procĂšs, etc …) au lieu de beugler “je suis raciste et j’ai le droit”.

    En fait, tu mélanges racisme et insécurité.

    Un raciste rejette les Ă©trangers SANS AUTRE GRIEF que celui de la couleur, la race la culture ou la religion (je le rĂ©pĂšte c’est absurde, ĂȘtre noir ou grec n’est pas une faute blĂąmable).

    Toi tu viens greffer l’incivilitĂ© lĂ -dessus or c’est autre chose ça.

    Moi je suis “raciste” envers, le vol, l’incivilitĂ©, le manque de respect, le trafic de drogue, etc …

    Je ne suis pas raciste envers les autres langues, cultures ou religions.

    Toi tu fais l’amalgame entre racisme et insĂ©curitĂ© afin de justifier ton racisme (en utilisant le prĂ©texte de l’insĂ©curitĂ©).

    Le racisme c’est rejeter l’autre parce qu’il est indiffĂ©rent, parce qu’il n’a pas la mĂȘme couleur parce qu’il est Ă©tranger.
    Ca n’a absolument rien Ă  voir avec l’incivilitĂ© ou l’insĂ©curitĂ©.

    Toi tu viens y greffer des histoires d’incivilitĂ© (rap, tags, etc …).
    Ca c’est autre chose. Et ça, on est tous d’accord pour dire qu’on est contre l’incivilitĂ©.

    3) J’ai habitĂ© 8 ans en rĂ©gion parisienne Ă  Grigny et Ă  Evry. Ce sont deux zones trĂšs sensibles. J’avais des voisins noirs (guadeloupĂ©ens) maghrĂ©bins et français. Je n’ai jamais eu de tags sur mon immeuble. Par contre Ă  l’entrĂ©e de l’immeuble il y avait parfois des regroupements de jeunes. Je vais te dĂ©cevoir mais ils Ă©taient français (pas de chance).

    A lire ton post caricatural, on a l’impression que tous les noirs et tous les arabes posent des problĂšmes d’incivilitĂ©. LĂ  encore, dĂ©solĂ© de te le dire mais c’est loin d’ĂȘtre le cas. Mon collĂšgue de travail Ă©tait d’origine maghrĂ©bine, il Ă©duquait bien ses enfants et ces derniers n’Ă©taient pas des dĂ©linquants…

    Les problĂšmes de ton Paul et de ton Jean-Paul existent; c’est certain. Mais pour les rĂ©soudre, est-ce une bonne solution de dire lĂ©galiser le racisme? Non. N’est-ce pas plus intelligent de mettre en place une pĂ©tition pour la crĂ©ation d’un centre social (par exemple) oĂč ces “gosses d’africains” come tu dis puisse se regrouper plutĂŽt que de beugler ” je haie les africains!”.

    Donc je le rĂ©pĂšte, il faut proposer de VRAIES solutions pour rĂ©soudre les problĂšmes et s’y attaquer courageusement au lieu de se recroqueviller dans une attitude de rejet ou jouer au gros dur “viril” (tu parles d’une virilitĂ©!) qui ne met pas de slip de bain Ă  fleurs (c’est pour les filles ça hein?) pour mĂ©diter les leçons d’humanisme (c’est pour les tapettes ça hein?). La virilitĂ© qui s’appuie sur la misĂšre sociale est pathĂ©tique plutĂŽt qu’autre chose.

    Et c’est facile de jouer au durs quand on est confortablement installĂ© confortablement bien au chaud du bon cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e et qu’on n’est pas en train de crever de l’autre cĂŽtĂ©. Mais chacun pour sa gueule hein?

    1. Bonjour, donc, puisque le dĂ©bat devient, comme il arrive malheureusement souvent, personnel. Je pense, donc, que tu n’as pas compris certaines choses ou encore, comme il arrive souvent sur ce genre de terrains qui semblent obliger les protagonistes Ă  choisir entre la pancarte jaune “je suis gentil, fin, cultivĂ©, ouvert et antiraciste” et la pancarte verte “je suis mĂ©chant, bĂȘte, simpliste et caricatural”, que tu n’as pas voulu les comprendre.
      Prenons tout point par point:
      ARGUMENT 1: “DĂ©jĂ , commence par avoir la dĂ©cence de dire » pour moi » ou « je pense que » . Car lĂ  tu viens d’exposer tes idĂ©es comme s’il s’agissait de la vĂ©ritĂ© universelle. Ce qui n’est pas le cas. Loin de lĂ  et heureusement.”
      L’argument est connu et je passerai vite dessus. Si j’avais dit, “le racisme, c’est horrible et il faut combattre la mĂ©chancetĂ© partout parce que c’est mal”, on ne m’aurait pas reprochĂ© de commencer par “je pense que” puisque tout le monde ne pouvait qu’ĂȘtre d’accord. Je constate d’ailleurs que le protagoniste Ă  la pancarte jaune ne s’embarrasse pas de tant de lourdeurs de style. DerriĂšre son “je vais te donner la VRAIE dĂ©finition du racisme” pointe non pas le “je pense que” qu’il prĂŽne apparemment mais le “tout le monde sait que” de l’omniscient du savoir.

      ARGUMENT 2: “Ta dĂ©finition du racisme est bien gentille mais c’est la tienne et non la vĂ©ritable dĂ©finition. Un peu de culture ne te fera pas de mal; je vais te donner la VRAIE dĂ©finition du racisme.”
      S’ensuit: “Racisme: qui croit Ă  la hiĂ©rarchie des races, est hostile aux autres groupes ethniques qu’il considĂšre comme infĂ©rieur”.
      On admire ici le rhĂ©toricien. Avoir de la culture, c’est donc savoir ouvrir une page de dictionnaire Ă  la lettre C. La dĂ©finition du racisme par le Larousse ne fait aucun doute, c’est son application pratique Ă  la sociologie actuelle du vote dit xĂ©nophobe ou raciste qui pose problĂšme. Marine Le Pen est dite raciste et derriĂšre elle les 15 Ă  20% d’Ă©lecteurs qu’elle reprĂ©sente. Sont-ils tous convaincus, ces Ă©lecteurs, que le togolais, le camerounais ou l’antillais sont des descendants du singe bonobo qu’il faut mettre dans une cage afin de procĂ©der Ă  des sĂ©ances d’anatomie comparĂ©e? D’aprĂšs cette dĂ©finition, ils le sont. Ou alors ils ne sont pas racistes et ce dĂ©bat est sans objet. le “racisme” du 18Ăšme ou du 19Ăšme siĂšcle, tel qu’il apparaĂźt ici oĂč lĂ  dans les romans de Balzac par exemple, ne recouvre plus (selon moi, d’aprĂšs moi, d’aprĂšs mon opinion, selon mon point de vue…) la rĂ©alitĂ© sĂ©mantique de ce qui recouvre aujourd’hui les comportements ou opinions dites “racistes”. Il y a eu, ce qui est frĂ©quent, un glissement du terme hors de sa “boĂźte” initiale. Le raciste FN Jean-Marie Le Pen n’est pas le raciste SS Heinrich Himmler.
      Pour qu’il y ait rigueur dans le raisonnement, il faut dĂ©jĂ  qu’il y ait raisonnement. L’ouverture d’un dictionnaire Ă  la page C ne tiendra jamais lieu de cours de lexicologie, d’histoire de la sĂ©mantique et d’Ă©tude des phĂ©nomĂšnes de connotation.

      ARGUMENT 3: Contrairement Ă  toi ( ou Ă  tes Paul et Jean-paul) lorsque je suis dĂ©rangĂ© par des gens qui encombrent mon entrĂ©e, par de la musique rap etc 
 je vais agir contre les problĂšmes (plaintes, associations de dĂ©fense, procĂšs, etc 
) au lieu de beugler « je suis raciste et j’ai le droit ». En fait, tu mĂ©langes racisme et insĂ©curitĂ©.

      Le but de mettre en scĂšne un personnage fictif comme mon cher Jean-Paul est de le doter d’une reprĂ©sentativitĂ©, mĂȘme partielle, et d’Ă©laborer sur ce qu’il peut croire ou ressentir. Si j’avais voulu dire “j’en ai marre des africains dans mon hall”, j’aurais dit “j’en ai marre des africains dans mon hall” et non pas “Jean-Paul en a marre des africains dans son hall”. Il ne s’agit pas de moi, ou de mon opinion personnelle sur la prĂ©sence ou non d’africains dans mon immeuble, mais d’imaginer un scĂ©nario possible parmi mille autres de la montĂ©e des tensions dans certains quartiers (le FN ayant souvent fait de gros scores dans ces quartiers). Il ne s’agit pas de savoir ce que toi, pancarte jaune, ou moi, pancarte verte, ferions dans ce cas-lĂ  mais de comprendre pourquoi d’autres, justement, sont tentĂ©s de laisser parler leurs penchants “racistes” quand ils font face Ă  ce que tu appelles de “l’insĂ©curitĂ©”.

      ARGUMENT 3 BIS: “Toi tu fais l’amalgame entre racisme et insĂ©curitĂ© afin de justifier ton racisme (en utilisant le prĂ©texte de l’insĂ©curitĂ©). ”
      Qu’on vienne m’expliquer oĂč il est dit, dans mon intervention, que je suis raciste. Tu donnes sans le vouloir raison Ă  Zemmour qui dit que cette chasse aux sorciĂšres tourne Ă  une sĂ©ance puĂ©rile de 1,2,3 soleil. “Je t’ai vu, t’as bougĂ©, t’es raciste”. Est suspectĂ© de racisme
      toute personne qui ne marche pas les yeux fermĂ©s dans les plate-bandes de l’idĂ©ologie anti-raciste. Vous devriez vendre des T-shirts fluo pour vous reconnaĂźtre entre vous dans le mĂ©tro.

      ARGUMENT 4 “J’ai habitĂ© 8 ans en rĂ©gion parisienne Ă  Grigny et Ă  Evry. Ce sont deux zones trĂšs sensibles. J’avais des voisins noirs (guadeloupĂ©ens) maghrĂ©bins et français. Je n’ai jamais eu de tags sur mon immeuble. Par contre Ă  l’entrĂ©e de l’immeuble il y avait parfois des regroupements de jeunes. Je vais te dĂ©cevoir mais ils Ă©taient français (pas de chance).”
      Fantastique. Que dirais-tu si GisĂšle (elle existe, celle-lĂ ) venait te voir en disant “J’ai louĂ© pendant trois ans mon studio Ă  des sĂ©nĂ©galais et Ă  chaque fois j’ai eu des problĂšmes (retard de loyer, dĂ©gradations). Par contre ma voisine Francine a louĂ© Ă  des bretons et elle n’a jamais eu d’embĂȘtements. Je vais vous dĂ©cevoir, mais eux, ils Ă©taient français (pas de chance)”. Tu dirais: argument creux vide et irrecevable et tu aurais raison.

      ARGUMENT 5: “Donc je le rĂ©pĂšte, il faut proposer de VRAIES solutions pour rĂ©soudre les problĂšmes et s’y attaquer courageusement au lieu de se recroqueviller dans une attitude de rejet ou jouer au gros dur « viril » (tu parles d’une virilitĂ©!) qui ne met pas de slip de bain Ă  fleurs (c’est pour les filles ça hein?) pour mĂ©diter les leçons d’humanisme (c’est pour les tapettes ça hein?). La virilitĂ© qui s’appuie sur la misĂšre sociale est pathĂ©tique plutĂŽt qu’autre chose.Et c’est facile de jouer au durs quand on est confortablement installĂ© confortablement bien au chaud du bon cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e et qu’on n’est pas en train de crever de l’autre cĂŽtĂ©. Mais chacun pour sa gueule hein?”
      J’avoue humblement que je n’ai strictement rien compris Ă  cet enchaĂźnement de phrases. Avis au lecteur neutre, donc.

      1. et je viens de m’apercevoir avec Ă©tonnement que je commence le mot « racisme » par la lettre C, qui devient donc le Cacisme. Sur ce, bonne nuit, nous reprendrons ce passionnant dĂ©bat plus tard.

  8. Tiens, pour alimenter un peu ce passionnant dĂ©bat, voici un petit tweet lu Ă  l’instant :
    @TwinsHoodRats :
    “Les asiatiques sont les plus belles suivis de trĂ©s prĂšs par les Arabes Puis Les “Blanche” et ensuite les Africaines le reste elles sont guez”

    Intrigué, je suis allé voir le compte de @TwinsHoodRats, alias Myna_Da_HeartBreaka. Elle se présente ainsi sur son compte Twitter:
    “Made every nigga want an Arabian chick . NĂ©grophile Jusqu’a dead ; Amoureuse des Z & Antillais 230E5E1E”

    Question simple : est-elle raciste ? (argumentation souhaitĂ©e Ă©videmment…)

    Autre tweet, mĂȘme question :
    @Lauraa_Brown :
    “Question pour les hommes vous preferez les beurettes, renoi, tisme or les white ?”

  9. ” Zemmour n’incite Ă  rien du tout, il EXPRIME le point de vue de Jean-Paul et d’autres dans son genre, qui n’ont pas l’occasion de l’ouvrir ”

    Et voilà, tu recommences à parler comme si citait la vérité universelle. Il faut dire:
    ” POUR MOI ou JE PENSE que Zemmour n’incite etc …”

    C’est tellement vrai ce que tu dis que Zemmour Ă  Ă©tĂ© condamnĂ© pour … incitation Ă  la haine raciale. Je sais que c’est dur mais il faut que tu fasses un effort pour arrĂȘter de prendre ton cas pour une gĂ©nĂ©ralitĂ© ou parler comme si tu citais la vĂ©ritĂ© universelle.
    Tant qu’a faire tu aurais dĂ» dire:
    ” Zemmour n’incite Ă  rien du tout, il EXPRIME le point de vue de tous les français”
    Quitte Ă  s’en foutre de la rigueur dans la pensĂ©e autant y aller carrĂ©ment.

    2)
    ” parce qu’on prĂ©fĂšre avoir sur les plateaux tĂ©lĂ© Grand Corps malade, Joey Starr et Lady Gaga.”

    Ben oui, c’est dur Ă  admettre mais c’est ce que les français aiment. A moins que la TV programme ces gens contre les goĂ»ts des français? Vu les enjeux liĂ©s Ă  l’audimat, c’est impossible.
    En tout cas, ça montre bien que ton Paul et ton Jean-Paul sont trĂšs loin d’ĂȘtre reprĂ©sentatifs de ce que sont vĂ©ritablement les français. Tant mieux. Et merci pour cet argument Ă©loquent (prĂ©sence de Grand corps malade, Lady Gaga etc … Ă  la TV)

    Moi j’ai surtout l’impression que tu te caches derriĂšre ce Paul et ce Jean-Paul. C’est absurde et mĂȘme lĂąche. Il faut avoir le courage d’assumer ses idĂ©es.

    Mais si tu es frustrĂ© par le goĂ»t des français qui plĂ©biscitent Lady Gaga ou Grand corps malade, ne reste pas dans cet Ă©tat de frustration fais quelque chose. CrĂ©e par exemple une association qui milite pour le retour de Mireille Mathieu dans les primes; qu’elle puisse chanter Maurice Chevalier avec son inimitable talent.

  10. « Les asiatiques sont les plus belles suivis de trés prÚs par les Arabes Puis Les « Blanche » et ensuite les Africaines le reste elles sont guez »

    Ben je dois t’avouer qu’Ă  premiĂšre vue j’ai rien Ă  dire lĂ -dessus, ça m’inspire pas grand chose…

    Si vraiment tu veux un avis, j’ai l’impression qu’il s’agit de propos raz les paquerettes d’ados pas bien fut fut. C’est des conneries sans importance. C’est pas bien grave d’ĂȘtre lĂ©ger dans ses propos.
    Si tu y vois du racisme , je te rassure c’est surtout du n’importe quoi d’ado.

    Si tu y vois quelque chose de sĂ©rieux, c’est une occasion de dire que la prĂ©vention contre le racisme (s’il y a du racisme lĂ -dedans) doit se faire tĂŽt dans les Ă©coles. Il faut lutter contre ce flĂ©au sous toutes ses formes. Le racisme monte les uns contre les autres et donc crĂ©e ou augmente l’insĂ©curitĂ©.

  11. Pour te remercier d’avoir mes messages Laurent, je vais te dire une chose: tu as raison sur plusieurs points. Oui il y a des racailles, oui ils y a des merdeux qui dĂ©rangent les gens sĂ©rieux, oui il y a des trafiquants de drogue.
    J’ai encore regarder, pas plus tard qu’hier soir sur la 10, un reportage sur le travail de la BAC. Ces gars de la BAC font un travail formidable.
    A un moment, il y avait une bande de voyous (du quartier des tarterĂȘts Ă  Corbeil) armĂ©e de barres de fer et de couteau qui s’apprĂ©tait Ă  faire une descente dans la citĂ© voisine ennemie (citĂ© des pyramides Ă  Evry). La BAC les a repĂ©rĂ©s. Les CRS sont intervenus et les ont coincĂ©s puis regroupĂ©s dans un bus afin de les rĂ©acheminer vers chez eux. Juste au moment oĂč le bus allait partir, un voyou en a profitĂ© pour envoyer un coup de pied en plein thorax d’un policier.
    Par chance, les policiers, ont rĂ©ussi a stopper le bus et Ă  attraper l’individu violent pour le menoter et l’incarcĂ©rer. J’Ă©tais trĂšs content car on avait vraiment envie de le baffer.

    A un autre moment les policiers de la BAC, ont menĂ© une grande opĂ©ration qu’ils ont appelĂ© “ajax” et qui consistait Ă  dĂ©manteler tout un rĂ©seu de traffic de canabis et Ă  incarcĂ©rer les dealers.

    Lorsqu’ils terminaient le travail avec plusieurs individus menotĂ©s au sol, plusieurs habitants de la citĂ© se rĂ©jouissaient de ce travail, ils Ă©taient noirs. Ils disaient:
    ” on en a marre de ces types, c’est bien que ça se termine mais on a peur car ça risque de recommencer”

    Parmi les policiers, il y avait une policiÚre qui avec beaucoup de charisme et de professionalisme affrontait les voyous, leur faisait des clé de bras et les menotait.
    Aun moment, un voyou a essayĂ© de lui mettre un coup de tĂȘte, elle l’a esquivĂ© puis lui a mis plusieursclaques pendants que son collĂšgue le menotait.
    Le voyou (je peux t’assurer qu’il Ă©tait blanc)lui a dit:
    ” t’es qu’une sale africaine etc…’

    Ensuite le journaliste a demandé à la policiÚre (qui était noire):
    – Ca vous touche quand vous entendez des choses comme ça?”
    – Oui forcĂ©ment mais on passe dessus.

    Ce que je veux te dire en te racontant cela c’est que tu te trompes de combat. Il ne s’agit pas des blancs contre les noirs.

    Il s’agit d’une lutte de tous (ensemble) contre les voyous.

    Au lieu de beugler ” je hais les africains” et de monter les uns contre les autres il faut agir en proposant de VRAIES solutions: rĂ©pressions, prisons, prĂ©vention, intĂ©gration, contrĂŽle stricte de l’immigration, alphabĂ©tisation, Ă©ducation, instruction, formation, accompagnement, suivi, tutorat, actions sociales, centres sociaux, rĂ©insertion, sanctions, travaux d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©raux, incarcĂ©rations, police de proximitĂ©, crĂ©ations d’emplois, crĂ©ations de zones franches, service civile, instruction civique, sĂ©lection, internats d’excellence, diplĂŽmes, promotion, etc …et mĂȘme expulsions.

    Il y a certes beaucoup d’Ă©checs lĂ -dedans mais aussi beaucoup de rĂ©ussites.

    Franchement est-ce que dire: “oui au racisme” c’est une solution?

    Je le rappelle encore une fois, parmi les arabes et les noirs qui vivent en France, l’immense majoritĂ© sont des gens qui travaillent ou qui cherchent un emploi.
    C’est absurde de scotcher au front de tous ces gens l’Ă©tiquette “dĂ©linquant” ou “trafiquant de drogue”.

  12. rĂ©ponse simple de l’ordinateur boolĂ©en antiraciste version Hal 2001 OdyssĂ©e de l’espace:
    « Les asiatiques sont les plus belles suivis de trés prÚs par les Arabes Puis Les « Blanche » et ensuite les Africaines le reste elles sont guez »
    n’est pas raciste.
    « Les blanches sont les plus belles suivis de trés prÚs par les Arabes Puis Les « asiatiques » et ensuite les Africaines le reste elles sont guez » est raciste.

    Je me souviens d’une colo de vacances oĂč on demandait Ă  un mec s’il avait dĂ©jĂ  fait l’amour avec une “black”. Il avait rĂ©pondu qu’il ne “kiffait” pas trop les “noires”. Plus personne ne lui a parlĂ© ce soir-lĂ . J’ai sagement rĂ©pondu moi-mĂȘme que je n’avais jamais essayĂ©. Et mon pote EugĂšne TchakountĂ© a alors dit qu'”avec une blanche il y avait “pas moyen de se faire sucer correctement” et que les “doudous, c’Ă©tait autre chose”. Et les gens ont balancĂ© en choeur “ouais, tope-la man, faudra leur faire voir ce que c’est Ă  nos cailles”.
    ça répond à a question?

    1. C’est du racisme anti blanc; c’est horrible, je suis blanc et je sais ce que c’est: discriminations, blagues, insultes.

      Le racisme anti blanc est d’autant plus dur Ă  vivre qu’il n’existe pas officiellement. Notre souffrance n’est donc pas reconnue

      Je suis d’accord avec toi c’est honteux.

  13. Comme disait Giraudoux, la guerre de Troie, autrement dit le vrai dĂ©bat, n’aura pas lieu. Pourquoi? Pour plusieurs raisons.

    DĂ©battre suppose ĂȘtre capable de comprendre une proposition intellectuelle dĂ©passant la table de trois. L’obsession est une chose, l’incapacitĂ© chronique Ă  LIRE ce qui est Ă©crit et Ă  REBONDIR en consĂ©quence en est une autre.

    Si un locuteur alpha dit que “Zemmour exprime le point de vue d’un certain nombre de français”, c’est qu’il est conscient que Zemmour n’exprime pas le point de vue “de tous les français”, sinon il aurait dit “Zemmour exprime le point de vue de tous les français”. Le locuteur BĂȘta qui rĂ©pond au locuteur alpha doit donc ajuster sa rĂ©ponse en consĂ©quence, sinon le dĂ©bat n’avance pas.
    Par ailleurs, dire Ă  quelqu’un “Et voilĂ , tu recommences Ă  parler comme si citait la vĂ©ritĂ© universelle” et ajouter derriĂšre sans complexe “Il faut dire POUR MOI ou JE PENSE que Zemmour n’incite etc” est une rupture de la chaĂźne logique interne. C’est un classique de la non-pensĂ©e de la gauche Petit Poney mais j’y reviendrai.

    Mais ce problĂšme est mineur. Plus intĂ©ressant est “Mais si tu es frustrĂ© par le goĂ»t des français qui plĂ©biscitent Lady Gaga ou Grand corps malade, ne reste pas dans cet Ă©tat de frustration fais quelque chose. CrĂ©e par exemple une association qui milite pour le retour de Mireille Mathieu dans les primes; qu’elle puisse chanter Maurice Chevalier avec son inimitable talent.”
    Le lecteur attentif du dĂ©bat aura compris que mon intention Ă©tait d’Ă©lever le dĂ©bat au-dessus de la sphĂšre personnelle (on apprend Ă  faire ça en seconde, il me semble) et de lancer une premiĂšre passerelle possible sur les consĂ©quences du dĂ©calage entre les opinions communĂ©ment dĂ©fendues sur les plateaux tĂ©lĂ© par des stars du show business, majoritairement proches de la pensĂ©e de gauche Petit Poney, et la vie quotidienne de certaines personnes dont les rancoeurs, les frustrations et difficultĂ©s quotidiennes sont Ă©videmment toutes autres que de faire rimer “citĂ©” avec “cinĂ©” ou de se remaquiller Ă  la hĂąte pendant le trajet en limousine de l’hĂŽtel Excelsior au plateau de chez Ruquier. La suite du raisonnement Ă©tait: un Zemmour porte la contradiction Ă  ces gens-lĂ , et il offre donc une fenĂȘtre Ă  ceux, et ils existent, qui en ont jusque lĂ  de se farcir le mĂȘme discours prĂ©mĂąchĂ© depuis dix ans, Ă  savoir: la guerre c’est mal, le racisme c’est mal, la grippe c’est mal etc… Et la conclusion du raisonnement Ă©tait: si Zemmour peut clouer le bec Ă  un certain nombre d’entre eux grĂące Ă  une facilitĂ© oratoire et des rĂ©fĂ©rences qu’ils n’ont pas, nos frustrĂ©s du samedi soir peuvent se sentir moins seuls, Ă  dĂ©faut d’autre chose.

  14. Vient maintenant le vrai problĂšme, le coeur du dĂ©bat. La question soulevĂ©e par l’hĂŽte de ce site Ă©tait: peut-on faire avec la xĂ©nophobie, l’accepter comme une composante parmi d’autres du paysage social et politique, comme une Ă©manation certes nĂ©gative mais aprĂšs tout rĂ©elle d’une certaine forme de lecture des choses? doit-on le laisser parler, quitte Ă  lui apporter la contradiction, ou lui clouer le bec? Faut-il, comme le pensent certains, mettre le couvercle sur la marmite pour ne pas voir que l’eau dĂ©borde, ou n’est-il pas plus intelligent et constructif de se demander pourquoi l’eau dĂ©borde et d’agir en consĂ©quence?

    A cela, la gauche Petit Poney a rĂ©pondu et continuera de rĂ©pondre: le xĂ©nophobe pense mal, ou mieux encore ne pense pas et il faut laisser aux esprits Ă©clairĂ©s, chantres de la tolĂ©rance et du vrai discours progressiste, le soin d’occuper le champs politique et mĂ©diatique. Pour le Petit Poney de gauche, le xĂ©nophobe est indĂ©fendable et avec lui tous les quidams qui, sommĂ©s de choisir entre blanc et noir, entre raciste et pas raciste, entre ouvert et fermĂ©, entre le camp de bons et le camps des mĂ©chants, se seraient mis en tĂȘte de faire fonctionner leurs neurones et de dĂ©ficeler la pelote de laine autrement qu’avec les gros ciseaux magiques de la pensĂ©e binaire.

    De cela, le Petit Poney de gauche ne veut pas. On ne dĂ©mĂȘle pas le sentiment raciste, on le jette au feu la tĂȘte la premiĂšre et on sort dans la rue avec sa dĂ©pouille consumĂ©e en chantant aux airs du “no passaran” de la gĂ©nĂ©ration Skyrock M6 Zouk Machine.
    Dites au Petit Poney “certains se sentent frustrĂ©s par ce qu’ils voient Ă  la tĂ©lĂ©vision, vitrine d’un certain parisianisme” et il vous rĂ©pondra: “TU es frustrĂ© par ce que TU vois Ă  la tĂ©lĂ©vision”. Autrement dit, indiffĂ©rent qu’il est aux termes du dĂ©bat, il prĂ©fĂšre concentrer son attaque sur le dĂ©battant et lui faire dire ce qu’il n’a pas dit ou, selon ses propres termes, pas eu le courage de dire. Dans le match de football qu’il a dĂ©cidĂ© de jouer mano Ă  mano, il ne veut pas d’un arbitre, d’un juge de touche ou d’un commentateur, il veut en face de lui un maillot, un reprĂ©sentant du “camp d’en face”. Il ne t’accepte sur le terrain qu’Ă  la condition expresse que tu joues le bĂȘte soldat romain et que lui joue AstĂ©rix.
    A dĂ©faut de savoir lire correctement le texte qui lui est proposĂ©, il a appris Ă  lire entre les lignes. Il dĂ©code, dĂ©chiffre, dĂ©pouille le raisonnement d’autrui de toutes ses aspĂ©ritĂ©s dialectiques et n’en retient que la substantifique moelle. Le raciste, comme le diable, avance masquĂ©. Coupons-lui la parole avant qu’il ne commence son entreprise de sĂ©duction. Attaquons vite et fort sur le coup d’envoi. Ainsi, il n’y aura pas de match et le rĂ©sultat perdra son caractĂšre d’incertitude.

    Mais je n’en veux pas au petit poney. Comment le pourrais-je? Qu’Ă©tais-je Ă  16 ou 20 ans? Un pur produit de la convention. Un clone pacifiĂ© de l’altermondialisme naissant, un mage de la platitude et des phrases toute faites comme “je suis raciste contre la connerie”, “Le Pen est une ordure” ou “CRS = SS”. Et malgrĂ© ça, malgrĂ© les implacables sermons, jour aprĂšs jour, des moralisateurs Ă  la petite semaine, je ne suis pas devenu raciste par rĂ©action. Moi, non. D’autres, oui. Et c’est Ă  eux qu’il faut s’adresser. Pas Ă  moi.

    1. Pounouf, j’ai bien lu tous tes posts. Je ne sais pas si tu en as conscience mais, dans tes rĂ©ponses, tu es en train d’incarner le raisonnement binaire que tu condamnes tant.

      J’ai critiquĂ© Ă  plusieurs reprises l’antiracisme pour sa nature sectaire, j’ai concĂ©dĂ© Ă  Laurent le fait que plusieurs de ces critiques Ă©taient justes.
      Et toi, tu as totalement tronquĂ© ces aspects de mes propos afin de plaquer ton discours dĂ©jĂ  tout fait, tout prĂ©parĂ©, sur le raisonnement binaire de la “gauche petite Poney” qui n’admet pas la contradiction, la rĂ©flexion et le dĂ©bat.
      Le prĂȘt-Ă -penser c’est confortable, ça Ă©pate les autres mais ça fini par se voir.
      C’est quand mĂȘme drĂŽle de voir un type qui critique l’absence de rĂ©flexion et le fait qu’on ne lise pas ce qu’il Ă©crit et qui, dans sa rĂ©ponse, fait exactement cela.

      En tout cas, merci pounouf, grĂące Ă  toi , j’ai appris que:

      – Tu Ă©tais un intellectuel avec lequel je ne suis pas digne de discuter car, je ne suis qu’un “Petit Poney de gauche” qui n’a mĂȘme pas le niveau seconde incapable qu’il est, “de LIRE ce qui est Ă©crit et Ă  REBONDIR en consĂ©quence” et “d’ajuster sa pensĂ©e”, rompu aux “classiques de la non pensĂ©e ” etc etc ….

      – Les antiracistes ne font pas fonctionner leur neurones contrairement aux gens comme toi.
      Avec la pensĂ©e binaire des “Petits Poneys de gauche”, on ne peut qu’ĂȘtre antiraciste sinon c’est qu’on est raciste.

      – Pour les antiraciste, les xĂ©nophobes pensent mal alors qu’en fait, c’est l’inverse, c’est la “gauche petit poney” qui est spĂ©cialiste de la pensĂ©e binaire et de la non pensĂ©e.

      Tout ça pour en arriver Ă  du: c’est celui qui la dit qui l’est.

      Heureusement que les petites gens dont on ne s’occupe pas “des rancoeurs, des frustrations et difficultĂ©s quotidiennes” ont des dĂ©fenseurs comme toi ou bien mieux encore: Zemmour.

      Tu es trĂšs tendance. Tu n’inventes rien, tu ne fais que rĂ©pĂ©ter du zemour, du finkielkraut et autres soral . Tu as bien appris tes leçons.

      Avec les dĂ©sormais habituelles opposition parisianisme et petites gens dont on ne s’occupe pas ou caricaturisation et ridiculisation de la pensĂ©e opposĂ©e qui est forcĂ©ment “Gauche Petit Poney”, humaniste, positiviste, droit-de-l’hommiste, sectaire, binaire, etc …

      Il ne manque plus qu’un petit pamphlet anti-fĂ©ministe et anti-gay et tu auras dĂ©ployĂ© ta magnifique panoplie idĂ©ologique trĂšs Ă  la mode du parfait petit nouveau rĂ©ac.

      Tes contradicteurs ne sont pas décidément pas dignes de débattre avec toi.

      Pounouf, contrairement Ă  ce que font croire tes modĂšles idĂ©ologiques, il n’y a rien de nouveau, dans ce qu’ils disent.
      Nihil novi sub sole. Ce que tu dis, ou plutĂŽt ce que Zemmour dit, n’est que le retour cyclique d’un mouvement rĂ©actionnaire et ultra conservateur qui resurgit toujours dans les pĂ©riodes de crises et de doutes. Ca, par contre, je suis sĂ»r que Zemmour l’a mieux compris que toi.En 1940 tu aurais Ă©tĂ© PĂ©tainiste et en 1890, anti-dreyfusard.

  15. Pendant ce temps, que se passe-t-il Rue 89 ?
    Le programme du Front national est fasciste : « No pasarån ! »
    Par Nestor Romero | Ancien enseignant

    Papier qui se conclut ainsi :
    “MalgrĂ© mon peu de sympathie pour la stalinienne que fut Dolores Ibarruri dite La Pasionaria je lui reconnais son sens de la formule et je crois qu’il est opportun aujourd’hui, alors que le fascisme menace, de lui emprunter, pour le faire vivre, son cĂ©lĂšbre : « No pasarĂĄn ! »”

    Alors, tous ensemble, hurlons « No pasarĂĄn ! ». Ça ne mange pas de pain.

    _____________________
    Mise Ă  jour du 19 mars :
    Immigration : parlons clairement pour réconcilier la société française !
    Nora Bera
    “Le Ministre de l’IntĂ©rieur a traduit un sentiment qui est hĂ©las partagĂ© par certains français ; ce sentiment bien que profondĂ©ment injuste n’en demeure pas moins une rĂ©alitĂ©. Pourquoi nier ce fait de sociĂ©tĂ© ? Pourquoi au nom de la dictature impuissante du politiquement-correct qui nous a Ă©tĂ© infligĂ©e depuis des dĂ©cennies par une gauche lĂ©nifiante et irresponsable continuer cette politique de l’autruche qui ne mĂšne nulle part ?”

    ______________________
    Mise Ă  jour du 23 mars :
    Et si l’on s’occupait de l’extrĂȘme gauche !
    Yves Thréard (Le Figaro)
    “Il est urgent de dire qu’Ă  l’autre extrĂȘme de l’Ă©chiquier politique, les partis et leurs reprĂ©sentants ne sont pas plus frĂ©quentables. On s’est Ă  tort habituĂ© Ă  leur prĂ©sence dans le paysage politique, Ă  cĂŽtĂ© d’un PS qui ne rechigne pas Ă  compter sur eux, Ă  les prĂ©senter comme des alliĂ©s. Pourtant, le dĂ©cryptage de leurs discours et postures est souvent effrayant.”

    Sophia Aram, chroniqueuse sur France Inter, assimile les Ă©lecteurs du FN Ă  de “gros cons”
    “J’ai retenu une chose sur laquelle tout le monde semble d’accord. Il faudrait arrĂȘter de culpabiliser les personnes qui votent FN. Il faudrait cesser le genre de raccourcis qui consiste Ă  dire que les Ă©lecteurs du Front national ne sont que des gros cons. Au contraire j’aurais tendance Ă  penser qu’avec les gros cons quand il y en a un, ça va c’est quand ils sont plusieurs que ça pose problĂšme”.”

    Gros cons ? par franceinter

  16. Etienne Liebig (RMC) : « Les électeurs du FN sont des cons ! »
    RMC, Les Grandes Gueules, 24/03/11
    Liebig by jeublan6

    Voter front national, une connerie
    “S. Aram a totalement raison, et les causes sont limpides. Dans le marchĂ© politique tel qu’il existe aujourd’hui, l’acheteur xĂ©nophobe va se servir en xĂ©nophobie chez le meilleur des dealers. Le reste est une histoire de “gros cons”.”

    Marine Le Pen met le CSA dans l’embarras
    “Le CSA attend une saisine officielle du Front national dont les Ă©lecteurs ont Ă©tĂ© traitĂ©s de « gros cons » par Sophia Aram, sur France Inter. Pourtant, le conseil n’a pas besoin de recevoir une plainte pour se saisir. Peut-on traiter les Ă©lecteurs du Front national de « gros cons » sur une radio publique comme France Inter ?”

    « Gros cons, petite conne » : Guy Carlier Vs Sophia Aram
    Douche Froide – Europe 1 – 25/03/11
    RĂ©ponse de Guy Carlier Ă  la chronique de Sophia Aram :
    “Dupont Lajoie est devenu Mouloud Lajoie.”

    Gros cons, petite conne par Europe1fr

    Jamel Debbouze refuse de participer Ă  l’émission de Laurent Ruquier “On n’est pas couchĂ©â€ diffusĂ©e sur France 2.
    Pour l’humoriste, Eric Zemmour ne devrait pas ĂȘtre prĂ©sent sur les plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s. “Il ne faut pas qu’il fasse de la tĂ©lĂ© parce que c’est dangereux d’entendre ce genre de discours. Il est spectaculaire, il n’a aucune idĂ©ologie, je suis sĂ»r qu’il ne pense pas ce qu’il dit : c’est juste un imbĂ©cile qui touche des piges”

    L’alibi des valeurs rĂ©publicaines
    (par Malika Sorel, sur son blog)
    “Je n’ai pas trĂšs bien compris ce que signifiait « front rĂ©publicain ». Comment pourrait-il au demeurant en exister un sans respect des valeurs rĂ©publicaines ? Et un front pour faire barrage Ă  quoi, exactement ? Au souhait des Français de voir leurs problĂšmes enfin reconnus et pris en considĂ©ration par ceux qu’ils Ă©lisent ? C’est bien la moindre des choses dans une dĂ©mocratie ! À moins que nous ne soyons dĂ©jĂ  plus dans une vĂ©ritable dĂ©mocratie, et que les Ă©lites ne reprĂ©sentent plus qu’elles-mĂȘmes et leurs intĂ©rĂȘts particuliers. Si c’est le Front National qui les angoisse, alors la solution est fort simple : que les gouvernants mettent en Ɠuvre, dĂšs Ă  prĂ©sent, les actions concrĂštes qui s’imposent pour rĂ©pondre aux peurs justifiĂ©es des citoyens, au lieu de vouloir pousser les problĂšmes sous le tapis.”

    Le métissage : un tabou français
    Quelle place pour les mĂ©tis dans la France «black blanc beur» ? C’est la question que pose Fabrice Olivet dans son ouvrage La Question mĂ©tisse (1000 et une nuits) dont nous publions ici quelques extraits.
    “Je vis dans un pays qui se bouche les oreilles, qui se bande les yeux, comme s’il savait par avance que les histoires d’Arabes, de Noirs, de Juifs allaient forcĂ©ment lui ĂȘtre comptĂ©es en dĂ©bit. La France est probablement le pays qui a ƓuvrĂ© le plus pour bĂątir un monde sans frontiĂšres, sans races et sans religions ! Et nous baissons la tĂȘte comme des coupables ?

    Chti : la blague qui dérape
    “« Il s’agit d’une blague estudiantine , poursuit l’Ă©quipe du Chti 2011. Nous en reconnaissons le potentiel mauvais ton et prĂ©sentons nos excuses Ă  l’ensemble des personnes qui ont pu ĂȘtre choquĂ©es. » De quoi s’agit-il ? D’un dĂ©fi lancĂ© au lecteur : se rendre dans le quartier lillois de Wazemmes au milieu de la nuit muni d’un iPhone et d’un iPad et ressortir avec. Un gag potache dĂ©placĂ©, en somme. […] La polĂ©mique a Ă©galement pris ailleurs sur le Web, avec le billet sur Lepost.fr ou des commentaires sur la page Facebook du Chti. Tout en condamnant « toute tentative de rĂ©cupĂ©ration » politique, les rĂ©dacteurs du Chti se dĂ©fendent d’avoir fait « allusion Ă  des origines sociales, ethniques ou religieuses ».”
    Puisse ce non-Ă©vĂ©nement permettre aux nombreux Ă©tudiants de l’Edhec membres du lobby boboĂŻste de se rendre compte que dans une sociĂ©tĂ© telle que certains nous prĂ©parent, rire devient un crime. Avoir mauvais goĂ»t Ă©galement. Autrement dit, ne pas avoir un goĂ»t conforme Ă  la Norme En Vigueur.
    Le communiqué du Chti

    Sexe et violence, ces informulés du racisme que le FN manipule
    Par Fabrice Olivet, sur Rue89
    “Le procĂšs d’Eric Zemmour et les sondages favorables Ă  Marine Le Pen ont remis en selle notre plus vieil ennemi, cette chose qui paraĂźt-il sommeille dans un cerveau que les neurologues qualifient de reptilien, appelons-le reptile cervical. […] Le mĂ©tissage comme outil de reconquĂȘte. Comment lutter contre le reptile cervical ? C’est tout simple, il faut proposer Ă  Marine Le Pen un gendre Dioula, un petit-fils aux traits wolofs, le mĂ©lange de son ADN celtique avec celui d’un descendant des montagnards kabyles.”
    Un terrifiant papier de propagande que nous sert une nouvelle fois Rue89. “MĂ©tissez-vous, frĂšres racistes, vous n’en deviendrez que meilleurs.” Un brillant exemple de l’alter-racisme moderne. Glaçant.

  17. Les délices de la chasse aux réacs
    par Julien Winock sur Atlantico
    Anti-réac : un produit rassurant
    Le produit est rassurant, il sent bon l’antiracisme des annĂ©es Mitterrand. Ce temps bĂ©ni oĂč l’on cĂ©lĂ©brait le respect des diffĂ©rences, l’abolition des frontiĂšres et l’avĂšnement d’un multiculturalisme sympa oĂč chacun apprenait Ă  tolĂ©rer son voisin. C’est bien connu, moins un produit a dĂ©montrĂ© son efficacitĂ© et plus il faut ĂȘtre gĂ©nĂ©reux sur la dose… ”

    Les surprises de la discrimination à l’embauche
    Quand les employeurs discriminent les Français de souche
    par Florentin Piffard sur Causeur.fr
    “Sous nos cieux vastes et clĂ©ments, il est un prĂ©jugĂ© bien Ă©tabli selon lequel les prĂ©jugĂ©s, c’est mal. Si ces fameux prĂ©jugĂ©s venaient Ă  disparaitre tout Ă  coup, les neuf dixiĂšmes de la production littĂ©raire, cinĂ©matographique et mĂȘme blogosphĂ©rique françaises disparaĂźtraient avec eux. […] Ah, la France ! Ce beau pays oĂč chacun est convaincu que son voisin est xĂ©nophobe mais que lui-mĂȘme ne l’est pas. Le xĂ©nophobe, c’est toujours l’autre. Quand je dis l’autre pour le coup, c’est avec un tout petit a, celui qu’on affuble d’un bob Ricard, le beauf qui est dĂ©cidĂ©ment toujours de souche, notre prochain quoi, notre insupportablement proche prochain. Celui que les Evangiles nous intiment d’aimer comme soi-mĂȘme, et ça n’est pas drĂŽle tous les jours. […] le peuple français, qui se fantasme xĂ©nophobe, est de fait xĂ©nophile, au moins pour ce qui concerne l’accĂšs emploi. Ce qui n’est pas, dans le contexte actuel, un point de dĂ©tail.
    Au fait, qui se propose pour saisir la Halde ?”

  18. Nora Berra c’est la nouvelle arabe de service du gouvernement, aprĂšs Rachida Dati ou azouz begag; il en faut toujours un. Ils sont extrĂȘmement utiles et pas ben difficiles Ă  acheter. Il suffit de leur faire miroiter un petit porte feuille et il bave et sont prĂȘts Ă  servir leur maĂźtre.
    Et eux, ils ne s’encombrent pas d’humanisme, de droit-de-l’hommisme de rĂ©publicanismes et autres futilitĂ©s complĂštement inutiles Ă  leur ascension.

    DĂ©bat sur la place d’identitĂ© nationale, dĂ©bat sur la place de l’islam qui stigmatise leurs compatriotes musulmans, Propos racistes des ministres, adoption d’une pargie de la politique du front national etc…
    Toutcela ne pose aucun problĂšme Ă  Berra qui reste Ă©trangement insensible Ă  cela ou se confine dans la mauvaise foi ou l’aveuglement.
    Il n’est pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    Mais il est tout Ă  fait logique quelque chose qui pourrait leur faire perdre le plat de lentilles qu’on leur a mis sous le nez.
    Rien de plus pathĂ©tique qu’un juda vendu.

    D’autres ont le courage de dire non malgrĂ© les avantages qu’on leur propose pour les acheter et crĂ©dibiliser une politique de front national.

    C’est ainsi qu’Abderrahmane Dahmane pour avoir eu le courage de critiquĂ© le dĂ©bat sur la laĂŻcitĂ© et l’islam a Ă©tĂ© limogĂ©. Il a un peu plus d’honneur et de dignitĂ© que berra ou dati. Et surtout il montre qu’il n’Ă©tait pĂ©s sectaire et voulait faire avacer les choses en entrant dans un gouvernement UMP.
    Il voulait faire avancer les choses mais ne voulait pas ĂȘtre un arabe de service de plus comme dati ou berra ou begag.

    Le plus risible c’est que les dati , berra et auyres begags ont bĂ©nĂ©ficiĂ© des aides sociales, (bourses, allocations familiales et autres primes) et de la politique socialiste Ă  l’Ă©poque de Mitterrand. Quand le RPR passait les aides sociales chutaient trĂšs nettement.

    Et aujourd’hui ils viennent cracher sur le PS parce que c’est ce qui leur permet de poursuivre leur ascension. Sans se rendre compte qu’ils sont pathĂ©tiquement manipulĂ©s arrivistes sans scrupules ni Ă©tats d’Ăąmes ou cas de conscience qu’ils sont.

    En ce qui me concerne n’en dĂ©plaise Ă  Pounouf qui pour dĂ©blatĂ©rer ses leçons s’empresse de me coller l’Ă©tiquette “de gauche” je ne suis ni socialiste ni mĂȘme de gauche.

    Je me sens plus proche d’une Marine Le Pen qui propose ses solutions ( mĂȘmes si ce ne sont pas du tout les miennes) pour s’attĂ©quer Ă  un problĂšme que d’un anarchiste ou un militant NPA ou un partisant du PS toujours favorable Ă  l’accueil de nouveau Ă©migrĂ©s et Ă  la rĂ©gularisation des sans papiers mais toujours trĂšs discrets voire mutique lorsque qu’on leur demande comment on amĂ©liore la situation des quartiers de relĂ©gation en y entassant continĂ»ement de nouveaux arrivants illĂ©gaux condamnĂ©s Ă  la misĂšre et Ă  la promiscuitĂ©, et comment on protĂšge de l’insĂ©curitĂ© les classes populaires qui en sont les premiĂšres victimes.

  19. Alex: “En 1940 tu aurais Ă©tĂ© PĂ©tainiste et en 1890, anti-dreyfusard.”

    Et en 1982, Ă  la coupe du monde, j’aurais Ă©tĂ© pour l’Italie ou pour l’Allemagne?