Monsieur 6mV

Il y avait bien longtemps que je n’Ă©tais plus allĂ© consulter un ORL, dĂ©sabusĂ© par leurs “il n’y a rien Ă  faire”, “il faut apprendre Ă  vivre avec” et autres “ça va passer, c’est simplement dĂ» au stress”. Mais sur les conseils avisĂ©s et insistants de mon bien-aimĂ© gastroentĂ©rologue j’ai fini par me dĂ©cider Ă  en voir un dernier. Juste un dernier. Mais pas n’importe lequel. Cet homme lĂ  a dĂ©jĂ  fait des miracles, paraĂ®t-il.

Rendez-vous pris, me voilĂ  proposĂ© une injection… de botox. Wie bitte ? Oui oui, du botox. Le truc pour les rides, lĂ .

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Explications (attention, ça va être un peu long et chiant) :

La toxine botulique est une toxine sĂ©crĂ©tĂ©e par une bactĂ©rie, le Clostridium Botulinum. InjectĂ©e Ă  dose infime dans un muscle, elle provoque le relâchement de celui-ci pendant une durĂ©e transitoire (quelques semaines en gĂ©nĂ©ral). C’est cette propriĂ©tĂ© de relaxation musculaire qui est utilisĂ©e en thĂ©rapeutique dans des indications variĂ©es.

Certaines indications sont officiellement reconnues et font l’objet d’une autorisation de mise sur le marchĂ© ou AMM : l’hĂ©mispasme facial (contracture de la moitiĂ© du visage), le blĂ©pharospasme (contraction du muscle des paupières qui provoque une fermeture de celles-ci), les dystonies cervicales (torticolis spasmodiques), la spasticitĂ© (raideur musculaire de causes variĂ©es).
Toutefois, la toxine botulique est Ă©galement utilisĂ©e par des Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es, dans d’autres indications, hors AMM, mais validĂ©es par des Ă©tudes scientifiques.

Techniques d’injection

Après dilution de la toxine dans du sĂ©rum physiologique, l’injection se fait par voie sous-cutanĂ©e ou intra-musculaire.
Les doses et sites d’injection varient selon la pathologie Ă  traiter.

L’effet bĂ©nĂ©fique n’est jamais immĂ©diat et survient en gĂ©nĂ©ral dans un dĂ©lai de un Ă  huit jours après l’injection (parfois plus). Cet effet dure en gĂ©nĂ©ral quelques semaines (deux Ă  six mois) selon les patients et les pathologies traitĂ©es. Cela explique la nĂ©cessitĂ© de rĂ©pĂ©ter les injections Ă  intervalles rĂ©guliers, en gĂ©nĂ©ral tous les deux-quatre Ă  six mois.
A cĂ´tĂ© de ces effets bĂ©nĂ©fiques, des effets secondaires indĂ©sirables peuvent cependant survenir, bien qu’ils soient rares :
– Certains effets secondaires peuvent survenir quel que soit le site d’injection : une infection (introduction accidentelle de microbes) au site d’injection est très rare en raison des prĂ©cautions d’hygiènes qui entourent l’injection. Des hĂ©matomes ou ecchymoses sous cutanĂ©es ou musculaires sont possibles et disparaissent d’eux-mĂŞmes en une Ă  deux semaines. Une fatigue gĂ©nĂ©rale pendant quelques jours (une Ă  deux semaines au maximum) peut survenir, d’autant plus que la dose injectĂ©e a Ă©tĂ© forte.
– D’autres effets secondaires sont spĂ©cifiques Ă  certains sites d’injections et sont liĂ©s Ă  une diffusion de la toxine en dehors du muscle injectĂ©. Dans ce cas prĂ©cis, il peut s’agir de paralysie faciale et trouble de la mastication.

Tous ces effets secondaires sont passagers (ils durent de quelques jours à une ou deux semaines en général, parfois plus longtemps). Leur survenue ne contre-indique pas la poursuite des injections, mais les infiltrations ultérieures se feront simplement avec une dose légèrement plus faible.

Ce traitement est utilisĂ© depuis plus de quinze ans dans le monde, et il n’a pas Ă©tĂ© dĂ©crit d’effets Ă  long terme lors de la rĂ©pĂ©tition des injections.

Cependant, 3 Ă  10% des patients dĂ©veloppent des anticorps antitoxines et ceci d’autant frĂ©quemment que les injections sont rapprochĂ©es et que les doses utilisĂ©es sont Ă©levĂ©es. C’est pourquoi il est recommandĂ© d’espacer les infiltrations d’un intervalle d’au moins deux mois. La signification de ces anticorps antitoxines n’est pas complètement Ă©lucidĂ©e, mais leur prĂ©sence explique un certain nombre de rĂ©sistances secondaires Ă  la toxine (c’est-Ă -dire des patients rĂ©pondeurs intialement Ă  la toxine et qui deviennent insensibles Ă  son effet).

En cas de grossesse : en l’absence de donnĂ©es sur l’innocuitĂ© de la toxine en cas de grossesse et d’allaitement, ces circonstances constituent des contre-indications au traitement.

Bon. VoilĂ  ce qu’on m’a fait signer. Un “consentement Ă©clairĂ©”, ça s’appelle.

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Mais bien entendu il n’Ă©tait pas question de m’injecter cette saloperie s’il n’y avait pas lieu d’ĂŞtre. C’est la raison pour laquelle un neurologue Ă©tait Ă©galement prĂ©sent.

Bilan des courses :
1/ je jouis d’une activitĂ© musculaire au niveau des mâchoires anormalement Ă©levĂ©e, six fois plus que la normale (6mV au lieu de 1mV). Et mes acouphènes seraient probablement grandement amplifiĂ©s Ă  cause de cette stupide suractivitĂ© (lorsque l’on sait que les acouphènes en eux-mĂŞme sont dĂ»s Ă  une hyperactivitĂ© de la zone du cerveau consacrĂ©e Ă  l’audition, on se dit qu’il serait temps que je gagne plus). Bon, et c’est extraordinaire ça, 6mV ?, demandais-je.”Monsieur nous avons dĂ©jĂ  vu quelques pointes Ă  10 / 12mV, mais 6 c’est dĂ©jĂ  Ă©norme. Vous avez un bruxisme très prononcĂ©”.

2/ j’ai donc eu droit Ă  mon petit coup de botox… il y a dĂ©jĂ  plus d’une semaine.

Sans résultat à ce jour.

Je me raccroche Ă  ce que m’a dit l’ORL : “ne tirez aucune conclusion avant au moins deux semaines”.

En d’autres termes, wait and hear.

Ca je sais faire.

(L’orage gronde sur radiojunior.com)

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RĂ©ponses

  1. Non, malheureusement… Jeudi j’avais mĂŞme mal Ă  en crever, comme ça m’arrive souvent.

    Absolument rien de neuf, en somme.

    Je dois faire le point avec l’ORL dans deux semaines, on verra bien d’ici lĂ …