La glorieuse incertitude de la médecine

« – Allez vous m’ouvrir le crâne ?
– Oui.
– Avec quoi ? Une scie ? »

Le docteur le regardait droit dans les yeux.
« Une scie ronde, mais toute petite. »

Simon sentit son sang couler Il ferma les yeux. Entendit le bruit de la scie ronde.

« Et quand tout ça va ĂŞtre fini, j’entendrai pus de bruit ? C’est le prix Ă  payer pour pus entendre le sifflement de bouilloire ? »
Le silence Ă©tait tellement long qu’il rouvrit les yeux.

Vous ne répondez pas. Le bruit partira pas ?

– On ne peut pas ĂŞtre absolument certain qu’il va partir. Chez certains oui, chez d’autres…
– ĂŠtes-vous en train de me dire que vous allez me scier le crâne pour me guĂ©rir de mon acouphène et que c’est pas sĂ»r que vous rĂ©ussissiez ?
– Je ne vais pas vous scier le crâne pour vous guĂ©rir de votre acouphène. C’est pour retirer la petite tumeur bĂ©nigne qui a poussĂ© sur votre nerf auditif gauche… qui est probablement la cause de votre acouphène…
– Et quand y’aura plus de tumeur…
– Quand un bruit est imprimĂ© dans le cerveau…
– Vous me dites trop de choses en mĂŞme temps, lĂ , je comprends pas tout… Vous me dites que c’est comme les gens qui se font couper un bras et qui sentent quand mĂŞme un chatouillement au bout des doigts ?
– Exactement. Je vous ai dit l’autre jour qu’on ne sait pas exactement ce qu’est un acouphène. On sait souvent ce qui le provoque, mais pas avec certitude ce que c’est…
– Vous ĂŞtes sĂ»r que vous ĂŞtes un bon docteur ?
– Je suis le meilleur.
– Ouan. On en reparlera dans quelques mois. »

Michel Tremblay, L’homme qui entendait siffler une bouilloire

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