Gravity : un volume sonore trop élevé dans les salles de cinéma ?

L'angoisse dans les yeux de Sandra Bullock

Gravity, un son trop fort gravement dangereux pour les oreilles ?

On entend énormément parler de Gravity en ce moment, le fim d’Alfonso Cuarón avec Sandra Bullock, George Clooney et Ed Harris.

Tout le monde semble enthousiaste à la sortie de la salle et les critiques sont unanimes. Sur Allocine, Gravity obtient la note rare de 4,7 sur 5 du côté de la presse et un plus modeste mais néanmoins excellent 4,4 du côté des spectateurs.

Il faut donc s’attendre à ce que le film cartonne au box office.

Mais un point a retenu mon attention, d’après différents échos que j’ai eus parmi les personnes qui ont déjà vu le film : beaucoup parlent d’un son trop fort, au point que, fait rare, de nombreux spectateurs se plaindraient du volume sonore qu’on leur fait subir.

Le volume de Gravity est-il trop poussé dans les salles de cinéma “classiques” ?

Ceci peut sembler logique compte-tenu du “style de film”. Mais ce n’est visiblement qu’une partie de l’équation.

En fait, il semble que lorsque le film est projeté dans une salle de ciné équipée IMAX le volume sonore est déjà élevé, mais que le son est bien plus fort encore dans des salles de cinéma “classiques”.

Volume sonore de Gravity : le son est trop fort

“Le siège tremble sous les impacts sonores”… Avec le son IMAX, visiblement, “ça défonce”.

OK.

Sauf que vous vous dîtes probablement que le danger de traumatisme sonore est plus élevé dans une salle IMAX. Vous avez tort.

Il faut en effet se souvenir que la dynamique sonore est une composante essentielle du risque de lésion de l’oreille interne. Or, cette dynamique sera moins élevée dans une salle de cinéma classique. Un peu comme lorsque vous écoutez de la musique via un format de son compressé de type mp3.

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Au final, c’est bien dans une salle classique que le danger pour vos oreilles sera le plus élevé.

Ce que dit la loi : la salle de cinéma a le droit de pousser le volume du film à fond.

Comme j’ai pu encore le constater lors d’une discussion il y a quelques jours, bon nombre de spectateurs pensent qu’il existe une loi pour limiter le volume sonore dans une salle de ciné. C’est faux.

De toute façon, rappelons que la loi qui impose un maximum au volume dans les salles de spectacle, de concert et autres discothèques est une loi qui vise à limiter les nuisances pour le voisinage, aucunement à préserver l’audition du public.

Cette loi ne s’applique pas aux salles de cinéma, précisément parce que celles-si sont insonorisées… et ne gênent donc pas les voisins.

Autrement dit, la salle peut théoriquement adopter le volume qu’elle souhaite. Pourquoi “théoriquement” ? Parce qu’elle n’a aucun intérêt à fabriquer des handicapés à la chaîne et que si lors d’une séance donnée un grand nombre de personnes subissaient une lésion de l’oreille interne le risque pourrait être que celles-ci se retournent contre la salle.

Même si des cas de traumatisme sonore au cinéma existent et que certains n’oublieront jamais la BO du film Inception, inutile donc de céder à la folie étatique ambiante, à cette frénésie française actuelle de création de lois, de décrets, de taxes et autres commissions et hautes autorités publiques. Ce qu’il faut c’est que chacun ait conscience des risques et prenne ses dispositions, s’il le souhaite.

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Protégez-vous !

Je vous recommande donc la plus grande prudence, et vous encourage vivement à porter des bouchons d’oreille pour votre prochaine séance de Gravity.

Et si un grand nombre des spectateurs sont incommodés, n’hésitez surtout pas à demander à ce que la salle baisse le volume.

La vrai pouvoir du Peuple réside dans cette fameuse “loi du marché”, tant honnie en France par la quasi-totalité de nos hommes politiques, à droite comme à gauche. Alors prenez le pouvoir, comme dirait l’autre, et faites-vous entendre. N’attendez pas que l’Etat fasse les choses à votre place.

Il ne s’agit pas que d’une question de confort, mais bien avant tout de santé. Vous ne voudriez pas vous souvenir de Gravity toute votre vie comme du film qui a déclenché chez vous acouphène et hyperacousie, n’est-ce-pas ?

Et vous, vous envisagez d’aller voire Gravity ? Allez-vous prendre vos précautions ? Ou l’avez-vous déjà vu, et dans ce cas confirmez-vous que le son y est (beaucoup ?) trop fort ?

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TPE sur le risque auditif relatif au bruit excessif : interview

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Monsieur Matignon,

Je me permet de vous écrire car deux de mes camarades et moi même souhaiterions vous interviewer dans le cadre de notre TPE (Travaux Personnels Encadrés).
Nous sommes élèves de Première Scientifique au lycée HENRI IV dans le 5e arrondissement de Paris et travaillons sur le sujet: “Et si les bruits et les sons d’aujourd’hui nous rendaient sourd demain ?”

La nausée : le mal du concert

“Je voulais réagir à votre article sur les concerts qui ne font plus recette (Télérama n° 3140) […] Et quand on voit que les organisateurs distribuent des boules de protection auditive à l’entrée de leurs concerts, où on a la nausée à cause du volume et des basses… Non, vraiment, la crise ne doit pas tout expliquer.”

Réponses

  1. Je confirme. Je sors de Gravity dans une salle UGC et, si l’image est belle, le son trop fort m’a complètement gâché le plaisir. Je me suis bouché les oreilles pendant toute la séance et j’entendais encore très bien. Moi qui m’attendais à un beau moment dans le silence de l’espace, j’ai été déçue ! Cela m’a mise hors de moi.

    1. Bonjour Rebecca et merci pour votre témoignage.

      Quelques petites questions :
      – Souffrez-vous d’hyperacousie ou avez-vous une audition parfaitement normale ?
      – Les autres spectateurs semblaient-ils incommodés ?
      – Avez-vous fait part de votre indignation auprès d’UGC ? Si oui, quelle a été leur réponse ?

      Merci pour vos éclaircissements 🙂

    2. Meme chose. Je suis allé voir le responsable de l’UGC ou j’etais, et elle avait l’air bien plus occupée a regarder ailleurs que d’accorder la moindre importance a ce que je lui ai dit. C’est navrant.

    1. Merci pour cet atticle, c’est édifiant… J’ai vu Man of Steel cet été et j’ai trouvé le son vraiment très (trop) fort… Ceci dit, les autres spectateurs ne semblaient pas gênés, donc dans mon cas difficile de savoir si c’était dû à mon hypersensibilité auditive. C’était en tout cas très fort, sur ça il n’y a pas de doute. Et puis il est toujours difficile de savoir si les spectateurs n’ont pas trouvé le son trop fort tant qu’on ne le leur a pas demandé, et je ne l’ai pas demandé, alors…

      En tout cas, je me suis maudit d’avoir oublié mes bouchons, mais plus pour une problématique de confort que par crainte d’un nouveau traumatisme sonore… Et pourtant, il est réel, les témoignages ne manquent pas – même s’ils restent évidemment bien moins nombreux que dans le cas des concerts et des discothèques.
      Je n’avais qu’une hâte, que l’agression sonore se termine… La prochaine fois je les prendrai à coup sur !

  2. Oui ça ne m’étonne pas… Le bruit dans les salles est parfois trop élevé. J’ai pris l’habitude d’avoir toujours des bouchons d’oreille sur moi au cinéma, quitte à les retirer légèrement si le niveau sonore est acceptable. Je pense qu’aucun acouphènique/hyperacousique ne devrait aller au ciné sans bouchons. Le risque est trop grand en particulier pour les films à grand spectacle !

    1. Pour ce qui est de la gravité des lésions, je tiens juste à indiquer qu’aucune étude à ce jour n’a pu montrer qu’une oreille interne ayant déjà subi un ou plusieurs traumatisme(s) est plus fragile qu’une oreille “normale”.

      Autrement dit, si on a déjà subi un traumatisme auditif, il faut se protéger. Mais pas plus en réalité qu’une personne “normale” ne devrait le faire ! 🙂 Enfin ce n’est pas tout à fait exact car il y a le rôle du cerveau dans tout ça naturellement…

      1. Oui, aucune étude ne montre que l’oreille a été fragilisée mais c’est parce que personne n’a trouvé où se trouve la lésion et comment elle se manifeste…! Personne n’a découvert ce qui cloche chez les acouphéniques/hyperacousiques. Ce qui permet aux ORL de dire quasiment que nos pathologies n’existent pas, et de les expliquer par la PEUR… Je n’ai pas peur d’aller au cinéma, je n’ai pas peur d’avoir une vie normale, j’en crève d’envie. Comment des gens qui sont touchés par ces pathologies arrivent-ils à s’approprier le discours des ORL ? Je ne comprends pas!

        Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’une personne “normale” devrait se protéger, car les sons sont agressifs pour tout le monde.

        Par contre, je ne suis pas du tout d’accord tu dis qu’une personne qui a déjà subi un traumatisme ne devrait pas se protéger davantage!!! L’oreille est fragilisée. Ce sont bien souvent des traumatismes à répétition (entendre cinéma et concerts à répétition), qui sont passés inaperçus dans un premier temps, qui débouchent sur des acouphènes/hyperacousie réels. Puis d’autres traumatismes (entendre épisodes banals de la vie quotidienne) qui aggravent l’état de la personne. Et même si tu penses que l’oreille n’a pas été endommagée, le fait meme d’avoir un traumatisme montre que l’oreille de la personne est à la base plus fragile que les autres, ceux qui n’ont pas eu de traumatisme dans les mêmes conditions.

        1. Je vais essayer d’être plus clair.

          Imaginons que l’oreille interne humaine compte dix cellules ciliées.
          Une personne A et une personne B se rendent un soir en discothèque.
          – La personne A a déjà subi cinq traumatismes auditifs. A chaque fois, elle a perdu une cellule ciliée. Elle n’en a donc plus que cinq.
          – La personne B n’a jamais subi de traumatisme auditif. Elle a donc toujours ses dix cellules ciliées.
          La question est de savoir si la personne A a une probabilité plus élevée que la personne B de subir un traumatisme auditif ce soir là en discothèque.
          Toi tu affirmes que oui, au motif que “l’oreille est fragilisée.” Je répète que rien ne vient prouver cette idée. On peut penser ainsi qu’une personne qui a subi une fracture sera fragilisée par la suite, c’est-à-dire que son os sera plus susceptible que le même os chez le voisin de subir une nouvelle fracture. C’est une question de probabilité conditionnelle en somme. Intuitivement, cela se tient. Seul problème : c’est faux. Dans certains cas, après une fracture, l’os en question sera même plus solide qu’auparavant !

          Ce que tu dis est donc une croyance. Rien n’est venu l’appuyer, mais rien n’est venu prouver le contraire néanmoins. Je me contentais juste de souligner ce fait. Ensuite, libre à chacun de croire ou non.

          Ceci étant rappelé, il est évident que la personne A a déjà perdu la moitié de ses cellules ciliées. Par conséquent, à traumatisme égal (par exemple : il fait perdre une cellule), les conséquences peuvent être plus graves que pour la personne B.

          Il ne s’agit donc aucunement de ne pas inciter les personnes qui ont déjà subi un traumatisme à ne pas se protéger, mais bien à rappeler que rien ne prouve qu’elles courent plus de risques (= probabilité de traumatisme) qu’une personne lambda.

          En d’autres termes, ton raisonnement reviendrait à dire qu’une personne qui s’est déjà pris un pot de fleur sur la tête en marchant sur le trottoir a plus de chance qu’un tel événement se produise que pour une autre pour laquelle cela n’a jamais eu lieu. Des conditions peuvent aller dans ce sens, mais elles sont exogènes. Par exemple, le fait de passer plusieurs fois par jour près de balcons où sont posés de nombreux pots de fleurs, le tout dans une région où le vent est souvent fort, vs une personne qui reste enfermée chez elle. Tu ne peux pas en conclure pour autant que la personne a été fragilisée par le premier pot de fleur.

          C’est la même chose quand tu dis “le fait même d’avoir un traumatisme montre que l’oreille de la personne est à la base plus fragile que les autres”. Ce raisonnement également est faux, car tu réfléchis dans un système figé. Tu ne prends pas en compte les innombrables paramètres qui entrent en ligne de compte. La formule “toute chose étant égale par ailleurs” n’a pas été inventée pour rien 😉

          Si je prends mon cas personnel, j’avais assisté à des dizaines de concert bien plus forts que le jour où j’ai subi mon traumatisme. Pourtant je n’avais eu aucun souci. J’étais par exemple à un concert de Sonic Youth à l’Olympia et lors du final la personne avec laquelle j’étais a trouvé le son vraiment trop fort, c’était douloureux pour elle (elle me l’a confié plus tard). Moi ça ne m’a posé aucun problème, j’ai adoré. Mes oreilles ne sifflaient pas du tout en sortant d’ailleurs. Pourtant, quelques mois plus tard, c’est moi et non elle qui a eu un traumatisme. Mon oreille était peut-être plus “solide” que la sienne à la base, mais ce jour là j’étais très fatigué, à cause du travail et parce que je venais d’héberger un ami pendant plusieurs semaines. En outre, j’avais eu une sinusite aiguë peu de temps avant. A cela il faut ajouter l’endroit où je me trouvais dans la salle par exemple, qui est un facteur déterminant. Tu le vois bien, là encore tu te bases sur une croyance. Pourtant les faits tendant plutôt à montrer que j’avais une oreille plus solides que la moyenne, tant j’ai supporté sans broncher et pendant longtemps des sons très forts (d’ailleurs je me suis aperçu plus tard que bien des gens ont systématiquement les oreilles qui sifflent fort en sortant de discothèque, chose qui ne m’arrivait quasiment jamais…).

          Pour finir, quand tu parles de s’approprier les discours des ORL qui parlent de peur, tu parles de moi ? Ce serait assez comique car je suis le premier depuis dix ans que je morfle à avoir des envies de meurtre quand un ORL me parle de peur 🙂 Cela peut être vrai dans certains cas, mais j’ai compris très vite que, encore une fois, rien ne prouvait que la probabilité de subir un nouveau traumatisme était devenue plus élevée pour moi au motif que j’en avais eu un. Je souffrais pourtant d’hyperacousie sévère à l’époque. Là où tu as raison c’est quand un ORL te dit “vous avez une audition parfaitement normale, les acouphènes et/ou l’hyperacousie sont donc purement psychologues” il est au mieux idiot au pire malhonnête (ou l’inverse). Les examens en question n’ouvrent en effet qu’une toute petite fenêtre. Par exemple, si les cellules ciliées dédiées au son les plus aiguës ont seules été endommagées, aucun examen ne pourra le mettre en évidence (et surtout pas un audiogramme 🙂 ).

          Pour finir, ce que tu dis va dans le sens des personnes qui, lorsque tu racontes ton histoire, te regardent en disant “si vous avez eu un traumatisme, c’est que vous aviez une fragilité”. Ces personnes se pensent donc à l’abri, elles ont tort. Certaines d’entre elles sont même, c’est une certitude mathématique, plus fragiles que toi ! Mais pour l’heure, dans leur cas, toutes les conditions n’ont pas été réunies au même instant pour qu’il y ait un traumatisme sérieux. Il suffit de voir combien de temps une oreille humaine peut supporter 105 dB pour comprendre que personne n’est à l’abri, sauf peut être certains individus dont l’oreille serait particulièrement solide et qui peut-être pourraient subir sans dommage des heures de concert de musique pop medium poussé à bloc, le tout en étant déshydraté et sans avoir dormi depuis deux jours. Mais eux sont l’exception, pas la norme.

          1. Pour la remarque sur les ORL et la peur, je parlais de Derennes et de sa phrase “la peur amplifie bien souvent ces derniers”.

            Je pense comme toi que le niveau sonore est excessif, agressif, nocif, dans les cinémas/boites/concerts pour tout le monde, quel que soit l’état de base de la personne, et que n’importe qui peut avoir un traumatisme quand les conditions s’y prêtent.

            Maintenant ca n’empêche pas que certaines personnes sont plus sensibles que d’autres et doivent encore plus se protéger. Je vais moi aussi prendre un exemple. La cigarette est nocive pour n’importe qui, ce n’est plus à prouver, n’importe qui peut avoir un cancer du poumon en fumant trop. Mais il y a des personnes plus sensibles que d’autres qui devraient encore moins fumer (enfants, personnes avec antécédents dans la famille, personnes avec problèmes respiratoires…). Le parallèle est le même, personnes avec déjà des problèmes auditifs devraient encore moins aller en boite… Nous ne sommes pas égaux face aux maladies, quel que soit l’organe concerné. Dire cela n’enlève en rien au caractère nocif de certains environnements/substances…

            Tu n’as rien senti à ta dizaine de concerts, mais ne t’es tu jamais dit que c’était peut-être ces dizaines de concerts qui t’ont laissé des lésions invisibles et préparé au dernier traumatisme? Moi aussi je me suis retrouvé à des situations comme la tienne, à me trouver avec une personne qui trouve que le son est trop fort, mais qui n’a pas de traumatisme. Mais je pense sincèrement que c’est l’accumulation des concerts et non LE dernier concert qui a été responsable de mon cas personnel.

            Quant à dire que l’oreille est fragilisée, je n’ai pas d’autre preuve que mon expérience quotidienne et le témoignage d’autres hyperacousiques. Des gens qui ont de nouveaux traumatismes et aggravation de leur état (plus de sifflements, plus d’hyperacousie) par un coup de klaxon, une sortie au centre commercial, une partie de bowling, une sonnerie de téléphone, un aboiement de chien… Comment expliques tu cela si l’oreille n’est pas fragilisée? Ce sont des niveaux bien inférieurs aux 80-120 dB de résistance normale. Pour ces personnes ce n’est plus de la probabilité mais une traumatisme sûr si elles retournent en boite. Ce n’est pas une croyance, c’est expérimental, sur le cobbaye que je suis dans ma vie quotidienne.

  3. Naturellement, nous ne sommes pas tous égaux, face à la maladie comme face à tout le reste 🙂 Ce n’est d’ailleurs pas surprenant que les pires totalitaires soient ceux qui poursuivent un “idéal égalitariste”.

    Pour ma part, je pense que c’est bien le dernier concert à lui seul qui est responsable de mes problèmes. Le roseau a plié sans doute parfois, mais sans plus. La meilleure preuve est que mes oreilles ne sifflaient pas en sortant de ces concerts. Or, si traumatisme il y a eu, même léger, des sifflements sont a priori présents. Puis un autre coup a été porté. Et ce que je pensais être un roseau s’est révélé être un chêne : il encaissait des coups violents sans broncher, mais un autre coup à peine plus fort que les autres a tout détruit.

    Encore une fois, regarde combien de minutes (pas d’heures, de minutes !) un être humain peut supporter 105 dB par exemple, et tu verras qu’il suffit bien d’une seule soirée pour détruire une oreille interne…

    Pour ton parallèle avec la cigarette… En fait ton parti-pris est que l’exposition sonore en elle-même est nocive. Or une personne qui a eu un traumatisme peut s’exposer sans aucun problème à un niveau sonore “normal”. C’est le point central. Et de fait, beaucoup d’acouphéniques et surtout d’hyperacousiques pensent qu’un son “normal” peut léser leur oreille, au motif le plus souvent qu’il y a douleur. Il faut leur faire comprendre qu’ils se trompent. C’est vital. PERSONNE ne peut avoir de traumatisme auditif parce que son épouse a fait tomber un verre à l’autre bout de la pièce. Pourtant la douleur qui en résulte – en cas d’hyperacousie sévère notamment – peut pratiquement faire tomber dans les pommes. C’est dur à comprendre et à admettre, parce que la douleur est par nature un signal de danger.

    Le son n’est pas nocif en lui-même, alors que fumer une cigarette l’est. C’est toute la différence. Et tu redis “personnes avec déjà des problèmes auditifs devraient encore moins aller en boite”: je répète que cela laisse penser que c’est le cas parce qu’elles sont plus fragiles, or rien ne prouve que cette idée est vraie 😉 En fait si une personne doit moins aller en boîte c’est uniquement pour ne pas risquer de perdre encore plus de cellules ciliées. Et parce qu’elle, contrairement aux autres, a conscience du danger. Et parce que le cerveau, effectivement, peut “mal réagir” (ce qui ne veut aucunement dire qu’il y a eu une nouvelle lésion de l’oreille interne !). Mais pas parce qu’elle a plus de chance qu’une autre d’avoir une lésion de l’oreille interne.

    Toi en gros tu dis qu’une personne qui a déjà eu un accident de voiture devrait encore moins conduire 😉 Elle doit moins conduire ou plutôt mettre sa ceinture, activer ses airbags, être plus prudente au volant, parce qu’elle a pris conscience des dangers. Et parce qu’éventuellement, mais dans 99% des cas c’est uniquement pendant une courte durée, elle a un souci physique (style coup du lapin) sur lequel il ne faudrait pas prendre le risque de porter un nouveau coup. Tant que celui-ci n’est pas “résorbé”. Donc on peut dire qu’elle doit moins conduire, pourquoi pas, mais pas parce qu’elle est fragilisée.

    Ton propos sur l’hyperacousie montre bien ton erreur. Le phénomène dont tu parles s’explique très bien : c’est le cerveau qui réagit ainsi. Ce n’est aucunement la preuve d’une lésion de l’oreille interne. C’est vraiment le point crucial. Tant qu’on n’a pas compris cela, je pense que l’hyperacousie ne peut pas vraiment s’améliorer… Encore une fois, j’ai longtemps été hyperacousique sévère. Le bruit d’un trousseau de clés me faisait hurler de douleur. Quasiment tomber dans les pommes. Les sifflements étaient aussi plus forts juste après, de même que l’hypersensibilité. Nulle nouvelle lésion pourtant, mais simplement un cerveau devenu “fou” après un traumatisme initial (le concert pour ma part) et qui ne parvenait plus à retrouver ses marques. Cela s’apparente à de la rééducation. Tu parles de “nouveaux traumatismes”, moi je dis ok à condition que tu aies bien compris que l’oreille interne n’a pas été touchée – par exemple un aboiement de chien – mais que c’est le cerveau qui bugue. Je n’aime donc pas parler de “nouveaux traumatismes” pour cette raison, car cela entretient la confusion et l’idée qu’un trousseau de clés agité peut entraîner chez quelqu’un une lésion de l’oreille interne !

  4. “[Pour ton parallèle avec la cigarette… En fait ton parti-pris est que l’exposition sonore en elle-même est nocive. Or une personne qui a eu un traumatisme peut s’exposer sans aucun problème à un niveau sonore « normal ».]”

    Pour mon parallèle avec la cigarette: L’exposition sonore dans les bars, boites,cinéma est en elle-même nocive, trop fort, tu le dis toi-même. De même que trop fumer est nocif. Aucun médecin ne te dira que tu risques un cancer du poumon en fumant 2 cigarette par jour.

    Je ne sais pas si c’est mon cerveau, mes nerfs, ou mon oreille interne qui a subi une lésion, et franchement, je m’en fiche pas mal. Tout ce que je sais c’est que certains bruits considérés comme “normaux” ont aggravé mon cas, ont abaissé mon seuil de tolérance, m’ont fragilisée. Et que si je n’en tiens pas compte et que je vis comme une personne normale, je vais encore plus morfler. Ce n’est pas une croyance, une peur, c’est ce que j’ai vécu maintes et maintes fois. C’est arrivé, expérimenté, validé, vérifié à chaque fois.

    “[Or une personne qui a eu un traumatisme peut s’exposer sans aucun problème à un niveau sonore « normal »]” Pas les hyperacousiques!

    “[PERSONNE ne peut avoir de traumatisme auditif parce que son épouse a fait tomber un verre à l’autre bout de la pièce]” C’est EXACTEMENT l’argument que les ORL utilisent pour nier notre pathologie. Sous prétexte qu’on a pas encore détecté de lésion/de dysfonctionnement/ de trouble (appelle ca comme tu veux), de l’oreille/du cerveau/du schéma auditif (idem), on arrive à la conclusion que les hyperacousiques ont PEUR de quelque chose de NON FONDé. Et on les traite de phobiques, et on les envoie chez le psy au lieu de les soigner.

    La peur est FONDEE. Un son normal peut entraîner une AGGRAVATION de l’état de la personne. Que ce soit lésion/dysfonctionnement/cerveau qui débloque. Peut importe. C’est REEL. C’est du vécu, je le répète c’est mon quotidien. Combien de fois j’ai regretté d’avoir fait la conne, de pas avoir fait assez attention.

    Quand tu dis “rien ne prouve”, c’est facile, on ne connaît rien sur ces pathologies, on sait juste que l’audiogramme est normal! Normal qu’il n’y ait pas de preuve!

    Quant à ton parallèle avec les accidents de voiture, je pense juste que ca n’a rien à voir… Conduire est un comportement, c’est pas comme un capital santé que tu dois protéger, en fait je n’arrive même pas à voir qu’une comparaison puisse être possible.

    Donc une personne hyperacousique ou acouphénique, toi tu lui conseilles d’aller en boite avec des bouchons, comme toute personne normale???? C’est du suicide! Et c’est le discours des ORL, aberrant..

    1. “Trop”, ça ne veut rien dire 🙂 “Trop” à lui seul signifie qu’il y a nocivité. “Boire trop d’eau” est nocif… et peut même entraîner la mort. Donc dire que le “son trop fort” est nocif, si on s’arrête là, c’est ne rien dire du tout. Je répète que le son en lui-même n’est pas nocif, pas plus que boire de l’eau. C’est l’ “excès” qui pose problème… comme pour tout ! En revanche, pour revenir à l’exemple de la cigarette, celle-ci contient des substances nocives en elle-même. C’est du poison. Cela n’a donc rien à voir. D’ailleurs, des études ont montré que le seul fait de fumer est bien plus important que la quantité de cigarettes effectivement fumées, donc ton exemple est faux (ou alors tu ne rencontres que des médecins un peu à l’ouest 😉 ).

      Tu as tort de te ficher de savoir où est le problème. Parce que c’est la question centrale. Et parce que certaines choses sont réversibles, d’autres non. Et selon ta compréhension du phénomène, tu peux te dire qu’il faut éviter à tout prix ou au contraire se réhabituer. J’ai vu beaucoup d’hyperacousiques qui se sont “sur-protégés”, certains disent que cela leur a fait du bien mais la plupart d’entre eux disent que ça n’a fait qu’aggraver les symptômes.

      Quand tu dis : “« [Or une personne qui a eu un traumatisme peut s’exposer sans aucun problème à un niveau sonore « normal »] » Pas les hyperacousiques !” :
      ça c’est précisément une croyance. Je n’ai pas dit “sans douleur”, j’ai dit “sans problème”. Si tu as très mal au bras, et que tu veux porter un sac d’un kilo, tu vas souffrir terriblement. Peut-être que tu ne pourras pas le soulever. Et sans doute que tu auras encore plus mal après avoir essayé de le soulever. Mais vas-tu en conclure que le fait de tenter de soulever ce sac t’a fragilisée ? Et qu’à cause de ça la prochaine fois tu ne pourras pas soulever un objet de 500 grammes ?

      Le constat dont tu parles, je ne le remets pas en cause, je l’ai vécu. La croyance en revanche est d’en conclure que ta situation s’aggrave à cause de ça. Cela touche aux mécanismes en oeuvre, pas aux symptômes (en surface). Non, un verre cassé à trois mètres de ton oreille NE PEUT PAS déclencher un traumatisme auditif. Chez aucun être humain de la planète Terre. Ce qu’il peut déclencher, en revanche, c’est une douleur violente, une brutale augmentation des sifflements, etc. Oui, cent fois oui. Mais il n’y a pas eu “aggravation”. Cela n’a pas durablement baissé ton seuil de tolérance ou je ne sais quoi. C’est simplement l’expression d’une souffrance à un instant donné. Je ne sais pas comment être plus clair… Le “problème” en effet est que le cerveau est impliqué, c’est donc forcément plus complexe que si c’était uniquement le foie ou l’estomac. Rééducation, il faut comprendre ce terme… Vraiment. C’est vital. Et la rééducation n’est pas une science exacte. De même, notre compréhension du cerveau en est au stade de la préhistoire, c’est une évidence. Mais on ne va pas pour autant imaginer que regarder un flash lorsque quelqu’un te prend en photo va rendre aveugle ou va durablement abaisser le niveau de tolérance à la lumière, si ?

      Je dis, répète et répéterai tant qu’il le faudra que même si on souffre d’hyperacousie sévère il ne faut pas se protéger des sons de la vie courante. Et pourtant dieu sait que j’ai souffert ! Mais il est totalement absurde de penser que le son d’un trousseau de clés qui s’agite peut durablement aggraver l’audition d’une personne… Si le cerveau déconne en étant confronté à ce bruit, je ne dis pas le contraire, je l’ai vécu. Je le répète là encore : c’est une problématique de rééducation. Si on ne cherche pas à se rééduquer, au mieux cela va stagner, au pire cela va s’aggraver.

      Pour finir, non je ne conseille pas à une personne hyperacousique ou acouphénique d’aller en boîte avec des bouchons. Je dis que :
      – toute personne qui va en boîte devrait y aller avec des bouchons,
      – ceux qui refusent absolument d’en mettre peuvent subir une lésion très très vite, parfois au bout de quelques minutes seulement,
      – si on est hyperacousique ou acouphénique et qu’aller en boîte n’était qu’un petit passe-temps de temps à autre, il vaut mieux y renoncer,
      – ceux qui adorent ça (du genre passion de toute une vie) ou qui ont un jour une folle envie d’y aller, pourquoi pas, à condition de porter des bouchons, et je recommande très fortement des bouchons moulés.

      Ce qui est aberrant c’est de considérer qu’on est en danger de mort à chaque seconde alors que ce n’est pas le cas. C’est aussi suicidaire d’ailleurs… Si c’était fondé, ce serait recevable… Mais un son normal de la vie de tous les jours n’est pas dangereux en lui-même. Ce qui est donc (très) difficile pour un hyperacousique c’est de se réhabituer, malgré l’intuition du danger due à la douleur. Et la première étape passe nécessairement par la compréhension du fait qu’il n’y a pas de danger. J’ai toujours de l’hyperacousie, donc cette compréhension ne suffit pas à guérir, mais sans elle je serais très certainement toujours hyperacousique sévère. Or mon hyperacousie s’est grandement améliorée durant les premières années – elle stagne aujourd’hui malheureusement -, et c’est grâce à cette rééducation du cerveau.

      Tu sais, le discours des ORL, c’est un peu comme Le Pen. S’il dit que le ciel est bleu, je ne vais pas dire qu’il est rouge 😉

      1. “Ce qu’il peut déclencher, en revanche, c’est une douleur violente, une brutale augmentation des sifflements, etc. Oui, cent fois oui. Mais il n’y a pas eu « aggravation ». Cela n’a pas durablement baissé ton seuil de tolérance ou je ne sais quoi. C’est simplement l’expression d’une souffrance à un instant donné.”

        Je suis allée au centre commercial il y a quelques temps, je n’y étais pas très confortable mais j’ai essayé de forcer un peu, en traînant un peu. Résultat: depuis ce jour, léger sifflement qui ne me quitte plus, et ça fait 7 mois.

        Petit dîner entre amis. Depuis ce jour, je ne peux même plus écouter la moindre note de musique sans souffrir. Et ça va faire presque un an.

        Ces situations sont de l’ordre de la vie ordinaire, très loin des 105 dB qui causent habituellement des traumatismes, et pourtant conséquences néfastes durables. (Peut être pas irréversibles, mais bien durables.) Comment peux tu me dire qu’il n’y a pas eu aggravation durable? Je déconseille de s’exposer, non pas parce que le son est douloureux sur le coup, je le déconseille car j’ai vu des effets néfastes sur le long terme.

        Ton raisonnement part du fait qu’un son ordinaire n’est pas dangereux. Je peux te dire la même chose: une ambiance calme n’est pas dangereuse et n’a jamais fusillé l’audition de quiconque. D’ailleurs si on suit ce raisonnement, le fait de vivre trop longtemps dans une ambiance ordinaire aurait pour conséquence de ne plus pouvoir aller en concert car l’oreille se serait déshabituée à force… Il vaudrait mieux vivre dans un brouhaha permanent de 80 dB.

        Je ne dis pas que ce phénomène n’existe pas du tout, mais à quelle échelle et dans quelles conditions? Sûrement du long terme et dans des conditions particulières. Qu’est ce qui est pire? Eviter un choc immédiat aux effets durables et attribuables très facilement à la source de son, ou bien constater dans plusieurs mois/années que tu es plus sensible, peut-être (car le lien de causalité est quand même difficile à établir dans ce cas!) parce que tu as mis des bouchons dans tes oreilles quand tu en ressentais le besoin?

        De plus, si ma théorie est vraie, mais que je m’expose comme tu le conseilles, les dégâts seraient durables, peut être irréversibles.

        Tandis que si ta théorie est vraie, mais que je me protège selon ma ligne de conduite, les dégâts seraient tout à fait réversibles, puisqu’il faudrait juste que je rééduque mon oreille… (donc rien de suicidaire…)

        En appliquant le principe de précaution (comme sur tous les sujets qu’on ne connaît pas bien), il me semble plus logique et prudent de se protéger…

        Tu dis “Ce qui est donc (très) difficile pour un hyperacousique c’est de se réhabituer, malgré l’intuition du danger due à la douleur.” Pour ma part, ce ne serait pas du tout difficile de me réhabituer, je peux très facilement me mettre dans de telles conditions (d’ailleurs j’adore flâner dans les boutiques et dîner avec mes amis), je l’ai même déjà trop fait (en n’y voyant aucun danger) et en y perdant ma santé.

        Enfin, je ne dis pas qu’un trousseau de clef peut me ruiner l’oreille (même si c’est douloureux), mais un coup de téléphone, ça c’est vraiment sûr que c’est néfaste. Après chacun ses sons dangereux de prédilection.

  5. Juste pour en revenir à la “peur”, oui elle amplifie les douleurs bien souvent. Ça ne veut pas dire que la pathologie n’existe pas! J’aime pas trop qu’on me fasse dire ce que je n’ai pas dit!!! c’est pourtant clair, symptômes et pathologie sont deux choses différentes. On peut même souffrir d’une maladie sans aucuns symptômes.Mais c’est pour tout pareil!!! Par exemple en cours de prépa à l’accouchement on vous enseigne que le stress et la peur de l’inconnu augmente la douleurs des contractions! et pourtant les contractions sont bien réelles et douloureuses à la base. La nuance est importante;
    Personnellement j’ai eu la chance de me sortir de l’hyper notamment grâce à la TRT, et les discours d’ORL qui s’y connaissent, c’est à dire qui reconnaissent notre pathologie mais font la part des choses entre le vrai danger et la peur du danger (comme l’a décrit Oreille Malade) m’ont certainement plus aidé que les forums où des gens se basent uniquement sur leur ressenti en expliquant que vivre cloîtré est la seule solution et qui ne veulent pas comprendre comment une personne ayant eu un trauma sonore puisse aspirer à un retour à une vie normale ou presque si leur état peut à nouveau leur permettre.
    Je ne compte même plus les chocs sonores (klaxons, métro, sirène, portes qui claquent) bien désagréables et douloureux sur le coup et pourtant ma tolérance n’a cessé de s’améliorer sur le long terme. C’est mon expérience, et je suis bien consciente que tout le monde n’a pas cette chance mais chaque cas est bien différent et on ne peut pas raisonner en mode binaire.
    Si je reste prudente sur pleins de choses, parce qu’il le faut, j’ai pu retrouver dans l’ensemble une vie normale et je ne suis pas la seule. Chacun trouve ses limites en fonction de ses expériences. Personnellement je n’irais pas me frotter à des sons amplifiés en concert ou boite de nuit même avec bouchons tant que la législation permettra 105 db, mais pour le reste je gère et ça me réussit plutôt bien.

    1. Non tu n’as pas dit ca, effectivement. La peur amplifie les sensations, sûrement. Mais pourquoi ramener ce sujet dans une discussion sur acouphènes/hyperacousie? On aurait n’importe quelle autre maladie, personne n’irait nous parler de peur. Si on avait la sclérose en plaques, qui oserait venir nous dire de ne pas avoir peur car la peur amplifie la douleur?

  6. Laurent a dit:

    Je dis, répète et répéterai tant qu’il le faudra que même si on souffre d’hyperacousie sévère il ne faut pas se protéger des sons de la vie courante. Et pourtant dieu sait que j’ai souffert ! Mais il est totalement absurde de penser que le son d’un trousseau de clés qui s’agite peut durablement aggraver l’audition d’une personne… Si le cerveau déconne en étant confronté à ce bruit, je ne dis pas le contraire, je l’ai vécu. Je le répète là encore : c’est une problématique de rééducation. Si on ne cherche pas à se rééduquer, au mieux cela va stagner, au pire cela va s’aggraver.

    Laurent, tu tiens un discours convaincant… et pourtant sur certains forums on te dit qu’il faut absolument se protéger à tout instant- dans la rue, dans les transports: train, voiture etc.- J’ai eu tendance à le faire depuis quelques mois, je me demande si je ne me suis pas surprotégé du coup et en tous cas mon bourdonnement d’oreille a augmenté. Donc maintenant hors de question de se protéger dans la rue, car ça rend les oreilles plus fragiles !!! Et tant pis si ça bourdonne. Par contre je me méfierai toujours du son amplifié !!! donc au cinéma, bouchons obligatoires , et les concerts je préfère éviter !
    J’espère juste que cette sensibilité excessive de l’oreille gauche s’atténuera avec le temps !

  7. Oui, la peur joue un rôle essentiel dans nos pathologies. Lorsque les choses s’aggravent en matière d’hyper on a tendance à paniquer et à vouloir fuir le bruit normal ambiant (je ne parle ni du ciné ni des boites de nuit !!!) en restant cloitré chez soi ou en sortant toujours protégé, ce qui visiblement n’est pas une bonne chose en plus d’être bien peu pratique ! Comme tu le dis Laurent il faut rééduquer nos oreilles et notre cerveau, même dans la douleur. C’est bien ça la voie à suivre pour que les choses s’améliorent ? Qu’en pensez-vous ?
    Au fait il y a plusieurs messages sur la TRT. Ma question: à qui s’adresser pour entreprendre une TRT ? Peut-on trouver des infos sur Internet au sujet des praticiens/ centres qui offrent cette thérapie ?
    Bonne journée à tous !

  8. Chips, tu poses la question “Mais pourquoi ramener ce sujet dans une discussion sur acouphènes/hyperacousie? On aurait n’importe quelle autre maladie, personne n’irait nous parler de peur.” Bah tout simplement parce que c’est toi qui a évoqué le sujet en premier avec ta remarque “je suis toujours surprise de voir que des gens ayant subi un traumatisme sonore avec lésions n’aient pas peur retourner dans une salle de cinéma.” et je n’ai fait que rebondir dessus. Si ces gens avaient peur, ils n’iraient pas tout simplement. S’ils y retournent c’est qu’ils sentent que compte tenu de l’évolution de leur symptômes et en prenant des précautions ils n’y a pas de risques d’aggravation!

    Par ailleurs, cette remarque ne s’applique pas qu’aux problèmes auditifs, Il y a eu des études sur la corrélation peur- amplification douleur, dans les cas d’accouchement notamment et même concernant les migraines et les maux de dos:

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/936517-migraine-pourquoi-la-peur-de-la-douleur-provoque-le-mal-de-tete.html

    http://www.tdg.ch/savoirs/sante/peur-entretient-mal-dos/story/22264265

    Mais je suis d’accord sur le fait que tant qu’on ne connait pas bien ses limites, son hyperacousie, et bien oui sortir à tel ou tel endroit peut faire peur, et on essaie de peser le pour et le contre à chaque fois avant de se décider et la sortie peut être gachée à cause de l’angoisse et c’est très pénible.
    Pour autant il n’y a pas de règles en la matière: pour moi tout s’interdire est aussi suicidaire que tout se permettre.

  9. Bonjour,
    Je me suis toujours demandé si j’étais le seul à être géné par les cinémas trop fort. Merci pour l’article qui me rassure. Je mets toujours un bouchon d’oreille lorsque j’y vais (j’avais quitté la salle de fast and furious le jour où je les avais oublié).

    1. Pas mal de personnes s’en plaignent apparemment. Mais seule une infime partie a conscience que ce n’est pas qu’une question de “confort auditif” mais bien de santé… Ils ne savent pas qu’ils peuvent ressortir handicapé d’une salle de cinéma…

      Mais on peut dire à peu près la même chose pour les concerts et les discothèques malheureusement.. Tant qu’on continuera de dépenser des dizaines, centaines de millions, voire des milliards, sur deux ou trois sujets – le tabac, la sécurité routière, le cancer, le sida, manger bouger… – et rien sur tous les autres, ça ne changera pas.

  10. Posons-nous en effet la question fondamentale: pourquoi la prévention des troubles auditifs ne fait-elle jamais (à ma connaissance) l’objet de campagnes nationales prises en charge par l’État et diffusées sur le petit écran et le Net ?

    Mes suggestions:
    1. manque de poids du (ou absence de ?) “lobby” des acouphéniques/ hyperacousiques/ malentendants.
    2. lobby des concerts/ discothèques et autres lieux bruyants qui ne veulent pas perdre de “clients”.
    3. implication fort limitée des ORL sur une question pourtant cruciale : l’audition !

    Qu’en pensez-vous ?

  11. il y a des sites, à destination des jeunes, faits par le ministère.
    il y a des prospectus dans tous les points d’information jeunesse.
    il y a des bouchons distribués gratuitement dans de nombreuses salles de concert.

    Evidemment, ce n’est pas assez, le phénomène reste peu connu.

    Contrairement à ce que tu penses, certaines salles de concert sont assez engagées dans la prévention, mais sans dire toute la vérité. En faisant croire aux gens qu’il ne leur arrivera rien en portant des bouchons, en informant les gens qu’ils peuvent avoir des dommages et en les laissant libres d’assister au spectacle ou non, elles se déchargent de toute responsabilité quant aux dommages liés à LEUR volume sonore.

    Je reste persuadée qu’il ne suffit pas de dire que c’est dangereux, mais qu’il faut mettre les moyens en place pour que ce ne le soit plus.

    1. “il y a des sites, à destination des jeunes, faits par le ministère” :
      ces sites sont-ils consultés par les principaux intéressés ? Pour une large part, non. C’est, comme la plupart des campagnes de prévention orchestrées par les pouvoirs publics, de l’argent foutu en l’air, qui ne sert qu’à se donner bonne conscience.

      “il y a des prospectus dans tous les points d’information jeunesse” :
      idem, qui regarde ça ? Ça me rappelle peu de temps après que j’ai eu mon traumatisme auditif, une nana étonnée que je n’ai pas du tout été au courant des risques. Elle m’a répondu qu’elle avait l’impression d’en avoir entendu parler des dizaines de fois depuis plusieurs années. Très surpris, vu que la quasi-totalité des gens à qui je racontais ce qui venait de m’arriver tombaient des nues, je lui ai demandé où elle avait entendu parler de ça. Sa réponse : “des émissions de santé sur la 5 le samedi matin, la salle d’attente chez l’ORL, etc.” Son profil ? Ultra-casanière, elle devait sortir trois fois par an à tout casser. Dans le même temps, les personnes les plus concernées par les risques – comme moi – ne regardaient pas les émissions de santé sur la 5 le samedi matin. Ben oui, forcément, on était sorti la veille au soir. Et par conséquent nous n’étions pas du tout au courant, alors que l’ultra-casanière n’avait pas jugé bon d’en parler autour d’elle vu qu’elle avait l’impression qu’il y avait de la prévention sur le sujet à tous les coins de rue.

      Dans mon métier (marketing / communication), on dirait pour rester poli que ces campagnes manquent leur cible.

      “il y a des bouchons distribués gratuitement dans de nombreuses salles de concert” :
      il est possible que ce soit plus le cas qu’il y a quelques années, mais “nombreuses”, certainement pas. C’est surtout le cas lors des festivals en fait. Dans de petites salles il y en a qui en vendent aussi. Mais là encore, dans la quasi-totalité des cas, la personne qui n’est absolument pas au courant des risques et qui voient que des bouchons sont disponibles peut penser que c’est une question de confort – des gens qui n’aiment pas le son fort, ça existe, et plus qu’on ne le croit – et non pas une question de santé.

      J’ai du mal avec ton point de vue… Parce que c’est un peu à cause de lui que j’en suis là depuis près de onze ans maintenant… Je m’explique. Après mon traumatisme, j’avais lu des témoignages de personnes – et notamment de plusieurs ORL – qui disaient un peu comme toi, mais en allant sans doute un peu plus loin : elles se refusaient à faire de la prévention, au motif que plus on en faisait, plus les gens se croyaient en sécurité alors qu’ils ne l’étaient pas totalement. Selon eux, il valait mieux donc adopter des mesures restrictives auprès des salles et autres, mais ne rien faire auprès du public car celui-ci, même avec des bouchons, n’était pas totalement à l’abri.Ils disaient qu’il ne fallait pas donner des bouchons à quelqu’un pour qu’il aille se coller à une enceinte, mais bien faire en sorte de couper cette enceinte.

      Or, selon la formule consacrée, “le risque zéro n’existe pas”. Et même dans le cas de musique non amplifiée, le risque existe. Alors qu’il y ait des mesures simples mais fermes d’un côté, pourquoi pas. En ayant conscience que cela n’annule pas les risques et que dans certains cas c’est même contre-productif. Exemple : baisser le plafond autorisé conduit à une forte compression de la musique… donc un risque accru pour l’audition ! On le voit aussi bien sur disques qu’en concert.

      Je reviens à mon cas : si j’avais été un tant soit peu au courant, je n’aurais jamais eu ce traumatisme auditif. Et je peux te dire que pour l’immense majorité des personnes que j’ai rencontrées durant toutes ces années qui ont subi un traumatisme, c’est la même chose. Je pense – au contraire de toi apparemment ? – que la première responsabilité passe par l’individu. Partant de là, l’informer, c’est l’aider à prendre des décisions éclairées. Et la liberté va de pair avec la responsabilité. En considérant que parce que certains débiles, même informés des risques – ou précisément parce qu’ils se croient totalement indestructibles -, vont se coller à des enceintes, la prévention n’est pas la solution, on prive l’immense majorité des personnes qui elles ont un cerveau de l’information qui peut leur permettre de prendre les bonnes décisions au bon moment. Autrement dit, on leur fait payer la connerie des autres. C’est une histoire très classique de “nivellement pas le bas” j’imagine. Mais quand on en paie le prix, et que ce prix est immense, on n’a plus envie d’en rire.

      1. Merci pour le compliment, je ne savais pas que j’étais débile.
        Il est extrêmement compliqué d’envisager sa propre mort, la destruction de son propre corps. Tout le monde a tendance a croire que ca n’arrive qu’aux autres. Ce n’est pas une question d’intelligence, ni d’information. Je suis presuadée que les ORL eux meme s’amusent sans bouchons quand ils font la fête.

        J’ai bien précisé que l’information ne circulait pas assez, je le crois aussi. Je suis juste perduadée que seule, elle n’est pas très efficace. Je n’ai jamais dit qu’il fallait se priver de l’information. Mais elle ne résoud pas le problème.

        Si tu avais eu l’information, qu’aurais tu fait? Ca ne t’aurais pas forcément empêché d’avoir un traumatisme, puisque le son, même avec bouchons, est extrême. Tu aurais pris des précautions, qui ne n’empêchent pas du tout le traumatisme.

        Le problème est que, même en ayant pris la “bonne décision au bon moment”, on est pas à l’abri d’un traumatisme, juste à cause du volume de base, et ca, c’est intolérable.

        Je pense qu’on devrait avoir le droit d’aller s’amuser un peu sans courrir de risque pour sa santé. Les gens pour la plupart, vont au cinéma pour voir un film, pas pour avoir des sensations extrêmes… Doit on risquer sa vie dans des loisirs aussi banals et peu dangereux à la base?

        1. Je n’ai jamais dit – ni même pensé – que tu étais débile. Je parlais de certaines personnes. Et on peut être ORL et être “débile”, naturellement.

          Précisément ce qui me rend furieux c’est d’avoir payé pour ces débiles. Avoir conscience de sa finitude, si, c’est une question – entre autres choses – d’intelligence. Et d’autres éléments. De choix. De liberté. D’une manière générale, cela me pose problème quand quelqu’un paie pour les “erreurs”, l’irresponsabilité ou le manque d’intelligence des autres.

          Parce que justement, si j’avais eu l’information, je me serais protégé. Tous ceux qui me connaissent le savent. Parce que je suis quelqu’un de prudent. Parce que la musique est ce que j’aime le plus au monde. Parce que j’allais souvent en concert. Je me serais donc protégé. Et ce jour là, le son était vraiment désagréable. Je n’avais jamais vécu ça auparavant. Donc si j’avais été informé ne serait-ce qu’un minimum, au pire du pire, j’aurais mis mes bouchons que j’aurais eu dans mon sac, “au cas où”. Et à défaut, je serais parti. Et ça aurait suffi, dans une petite salle comme celles que je fréquentais, sans un son à 130 dB etc.

          Donc non, je n’aurais pas eu de traumatisme. C’est aussi simple que ça. La fatalité, la “faute à pas de chance”, c’est rassurant mais c’est un peu facile.

          On ne peut pas dire que porter des bouchons n’empêchent pas du tout le traumatisme, cela sous-entend que cela ne sert à rien ce qui est absolument faux… Ou alors, on dit que porter une ceinture n’empêche pas de mourir en voiture… Dans la grande majorité des cas, le port de bouchons évite le traumatisme auditif. Ce n’est que dans certains cas extrêmes, très rares, qu’effectivement la conduction osseuse notamment rend les bouchons peu efficaces voire inutiles. Après, naturellement, c’est bien de ne pas se contenter de bouchons en mousse et de les garder dix ans d’affilée hein…

          Et non, je n’ai jamais été du genre “ça n’arrive qu’aux autres”. La plupart des gens sont comme ça, peut-être, je ne sais pas, c’est ce qu’on raconte en tout cas, mais ce n’est pas mon cas. Et même enfant, ce n’était pas mon cas.

          Le volume de base est trop élevé, certes – mais je le répète, le volume n’est qu’un élément parmi d’autres, se focaliser sur lui est une erreur -, mais faut-il interdire les concerts classique ? On ne peut pas toujours décréter qu’un son ne doit pas dépasser 80 dB. Vivre, c’est (aussi) prendre des risques. Donc interdire les concerts classique, c’est non.

          Pour le cinéma, tu affirmes cela mais beaucoup adorent avoir des sensations extrêmes justement… Combien d’entre eux ont la moindre conscience du danger ? Extrêmement peu. On me dit souvent “mais les gens réclament du son toujours plus fort, c’est leur faute”, ce à quoi je répond que s’ils savaient, beaucoup cesseraient d’être demandeurs.

          Le vrai pouvoir, c’est le public qui l’a. La demande. Et ça ça passe par la prévention (au sens large).

          Je pense qu’on doit avoir le droit de faire des choix en connaissance de cause. Et que des loisirs qui comportent des risques, il y en a énormément. Limiter ces risques est une chose, mais on ne peut pas les supprimer. Doit soit on supprime ces loisirs – je ne suis ni communiste ni national-socialiste, donc je n’y suis pas favorable -, soit on informe.

  12. Peux-tu nous en dire plus sur les conditions de ton traumatisme ? Parce que de mon côté je peux te certifier que je n’aurais pas eu de traumatisme si j’avais porté des bouchons le jour où ça m’est arrivé, c’est une évidence.

    (par ailleurs, si tu n’avais pas porté de bouchons, ne penses-tu pas que ton traumatisme aurait été bien pire ?)

  13. Mais comment peux tu le certifier? “une évidence”, rien d’autre! Je trouve que tes certitudes reposent sur peu de choses, et ce n’est pas la première fois.

    Contrairement aux idées reçues, non je n’étais pas au 1er rang tout près des enceintes, non ce n’était pas un concert de hard rock, non ce n’était pas dans une salle qui ne respectait pas la règlementation. Et oui, j’ai pris des pauses d’une demi heure toutes les heures.

    Quand on “informe” les gens, les bouchons sont souvent présentés comme LA solution qui empêche d’avoir un traumatisme, et non comme quelque chose qui permet d’avoir un traumatisme moins grave.

    1. Comment je peux le certifier ? Parce que le son ne dépassait pas les 107 dB (et je parle ici de pointe, pas de moyenne évidemment). Tu enlèves 20 dB – je te laisse compter – et tu vois que je pouvais tenir sans aucun problème plusieurs heures dans un tel cadre, sans aucun traumatisme. Or là ça n’a pas duré plus d’une heure et demi… C’est une évidence, même si cela te déplaît : porter des bouchons m’aurait sauvé.

      Côté certitudes, d’ailleurs, je trouve qu’il y en a bien plus de ton côté, et j’ai déjà mis le doigt sur plusieurs d’entre elles 😉

      Je n’étais pas non plus près des enceintes, ce n’était pas non plus un concert de hard rock etc. Je ne sais pas pourquoi tu me dis ça, tu te comportes comme si j’ignorais tout du sujet 🙂

      Ce que je veux savoir c’est comment tu as pu subir un traumatisme dans de telles conditions. C’était quoi comme type de musique ? Dans quel type de salle ? Les basses et/ou les aigus étaient-ils poussés ? Etc.

      Pour ton dernier point : penser que les bouchons protègent de tout risque de traumatisme, ce ne peut être qu’une première étape. Une fois que la personne en est, elle a pris conscience du risque, elle passera bien plus facilement à l’étape suivante qui est de comprendre les limitations des bouchons. Les ceintures de sécurité et les airbags n’évitent pas les accidents de voiture hein, mais c’est quand même assez pratique pour éviter ou du moins dans la plupart des cas fortement limiter les atteintes physiques…

      Bref, on en est encore largement au stade où aller en concert, en discothèque ou au cinéma (entre autres) est perçu comme une activité totalement sans danger (ce qui est “naturel”, c’est évident !). Si on peut passer au stade suivant, à savoir qu’il y a un risque et que porter des bouchons est utile, ce sera déjà une immense avancée ! Pour le stade suivant, on verra après…

      1. Je t’ai donné toutes les informations nécessaires, que veux tu savoir de plus?? Tes questions, j’y ai déjà répondu. Tu refuses encore une fois de me croire.
        Je ne suis pas ingénieur du son, et je n’ai pas enregistré le concert en question.
        Tout ce que je sais, c’est que j’ai respecté les règles de sécurité, et j’en suis ressortie comme tu le sais.
        Je suis la preuve vivante de ce que tu REFUSES d’admettre.

        Tu ne fais que dire le contraire sans aucune preuve, sans même l’avoir expérimenté, avec des si et des si, comme on dit on referait le monde. Ca n’a même plus d’intérêt de débattre avec qqn d’une telle mauvaise foi (désolée, mais c’est le cas).

        On peut se choper un traumatisme malgré les campagnes d”information et les consignes de sécurité, on peut aggraver durablement son hyper avec des sons banals. C’est pas systématique, mais c’est possible et j’en suis la preuve.

        Pour revenir au débat, je trouve ca ridicule qu’aller voir un film/un spectacle le weekend soit une activité à haut risque. Tu penses le contraires, que veux tu.

        1. Euh non, tu refuses de donner le moindre détail, à partir de là difficile de trouver une explication… Je connais très très peu de gens qui ont eu un traumatisme en portant des bouchons. Je ne dis pas que ça n’existe pas, mais par exemple l’un d’entre eux était allé voir Godspeed You! Black Emperor, un groupe connu pour ses volumes très excessifs, et qui plus est dans une salle parisienne à l’acoustique dégueulasse. Donc ce n’est pas très étonnant, malheureusement pour lui – même si on peut penser, et il le pense aussi, que sans bouchon il en serait peut-être sorti pratiquement sourd.

          Tu es la preuve vivant de ton cas personnel, mais tu préfères me caricaturer, en me faisant passer pour ces personnes qui disent “allez y, vous ne risquez rien”. Problème, je n’ai jamais dit que porter des bouchons était une assurance-vie. Ou alors retrouve moi le passage en question 😉 Désolé d’avoir une pensée nuancée, c’est moins facile à caricaturer j’imagine :-/

          Ce qui est inquiétant c’est que tu persistes dans l’attitude “tu refuses de me croire”. Je ne sais pas d’où tu sors ça mais c’est une pure invention de ta part. C’est justement parce que je te crois que je veux en savoir plus. Mais tu refuses de donner le moindre détail. C’est dommage parce que cela pourrait servir à d’autres personnes. Mais c’est ton choix et ta liberté naturellement.

          Il ne s’agit pas d’être ingénieur du son, n’importe qui est capable de donner un avis sur le son lors d’un concert : balance, réverbération, etc. Et tu parles de mauvaise foi… On croit rêver… Pourquoi refuses-tu de donner la moindre information au sujet du concert qui t’a pété les oreilles ? C’est fou, ça.

          “On peut aggraver durablement son hyper avec des sons banals” : là non plus je n’ai jamais dit le contraire. Mais tu affirmais qu’un son banal pouvait causer une lésion irréversible. Là je dis que rien ne permet de l’affirmer. Tu semblais avoir compris la nuance, d’ailleurs. Pourquoi revenir ainsi en arrière aujourd’hui ?

          Enfin, pour ton dernier point, non je ne pense pas le contraire. Là encore tu caricatures, c’est vraiment une manie chez toi ? 🙂 Je suis d’accord avec toi, c’est ridicule la plupart du temps. Mais on ne peut pas tout interdire – et veux-tu vraiment vivre dans un monde comme cela ? Et puis, interdire est non seulement la plupart du temps inefficace, mais bien souvent contre-productif. Ou alors la prohibition aurait vaincu l’alcoolisme, par exemple. Bref,la prévention reste, à mon humble avis, le point le plus important de la lutte contre les traumatismes auditifs. Et, que cela te plaise ou non, le port de bouchons, bien qu’évidemment imparfait (sans blague !), reste la meilleure et la plus “immédiate” des protections.

          1. Je ne caricature pas, relis toi, tu affirmes qu’il est impossible que tu aies pu avoir de traumatisme en ayant eu l’information, sans aucune nuance. Et qu’il en est de même pour la plupart des gens avec qui tu as discuté. (Comme une “assurance-vie”)…

            Pourquoi pas plus de détails? Parce que d’une je n’en sais rien (balance, réverbération, non je ne connais pas… et je pense que la plupart des spectateurs sont comme moi). Et de deux, ca ne change rien au problème….!

            Selon ta logique, il reviendrait au spectateur et de sa responsabilité individuelle de se renseigner sur la qualité acoustique de chaque salle, et sur la réputation du volume sonore de chaque groupe qui passe sur scène… Du délire!!

            Je t’ai donné tous les détails donnés dans les conseils de prévention, des fameuses campagnes que tu penses efficaces seules.

            Tu dis “le port de bouchons, bien qu’évidemment imparfait (sans blague !)” Pas très sympa de se moquer des gens qui ne savent pas cela (surtout de la part de qqn qui dit n’avoir jamais su, à une époque, que trop de bruit pouvait rendre sourd). Surtout que cet élément n’est pas du tout évident, vu qu’on présente les bouchons comme une solution, comme quelque chose qui “PROTEGE”. De cette manière, il est largement sous entendu qu’il n’arrivera rien avec des bouchons. Et ca arrange bien les salles de le présenter de cette manière. (NB, définition larousse: protéger = Mettre quelqu’un, quelque chose à l’abri d’un dommage, d’un danger)

          2. Euh non je n’ai pas dit “impossible”, j’ai dit qu’il était quasi certain que je n’aurais pas eu de traumatisme en ayant eu l’information, oui. Je parle de mon cas particulier – et j’espère que tu m’accorderas que je le connais un peu mieux que toi 😉 J’ai déjà expliqué pourquoi, et notamment le fait que je ne fréquentais que de petites salles. Par ailleurs mon tempérament prudent entre naturellement en jeu. Donc si j’avais eu ne serait-ce qu’un début d’info je serais allé creuser. Et là j’aurais d’emblée boycotté certains groupes (GY!BE, Mogwai, Pixies, My Bloody Valentine, …) que j’aurais beaucoup aimé voir mais qui sont connus pour détruire des oreilles internes à tour de bras. J’aurais aussi boycotté certaines salles à l’acoustique pourrie et qui sont connues pour pousser le son très haut (exemple : Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen). Je me serais aussi fait faire des bouchons moulés. Et si, hypothèse peu probable, je m’étais tout de même retrouvé un jour lors d’un concert en ayant le moindre doute, je serais parti sur le champ. Donc oui, ça ne te plait pas mais il est quasi certain que si j’avais été informé j’aurais pu continuer à voir des concerts sans subir de traumatisme. Je n’ai pas dit qu’un traumatisme était impossible, j’ai dit fort peu probable. Je le répète, je parle de mon cas personnel, je n’en fais pas une généralité.

            Et sinon oui depuis près de onze ans que je suis “actif” autour des acouphènes et de l’hyperacousie, je n’ai rencontré que très peu de personnes qui ont subi un traumatisme malgré le port de bouchons. La principale raison est que le port de bouchons reste rare. L’immense majorité des personnes qui subissent un traumatisme n’ont aucune connaissance des risques – d’où l’importance cruciale de la prévention. La deuxième raison est aussi que si tous ces gens avaient porté des bouchons le jour de leur traumatisme, la plupart – la grande majorité – d’entre eux n’aurait rien eu. C’est mathématique hein… Une atténuation de 20 dB environ c’est une ÉNORME différence. Et à moins d’être exposé à des volumes TRÈS élevés, la conduction osseuse ne rentre que bien peu en ligne de compte.

            Tu n’es pas capable de dire si le jour de ton accident la voix était très en avant ? Le son était aigu ? Si tu avais l’impression que le son venait de tous les côtés ? S’il y avait guitare-basse-batterie ou 45 percussions ? etc. Vraiment ? Et tu parles de mauvaise foi… :-/ Et bien sûr que si, ça change quelque chose au problème. Tu en apportes la preuve toi-même : en étant un minimum “éduqué” sur le sujet (j’ai dit un minimum hein, vraiment un minimum), tu peux évaluer le danger. Si tu te dis juste “il y a des lois qui sont là pour me protéger et le danger est lié au volume et uniquement à lui”, bam, tu mets toutes les chances de ton côté pour y laisser ton oreille interne 🙁

            Selon ma logique – et là encore tu caricatures à mort -, encadrer un minimum les pratiques, pourquoi pas, mais en ayant conscience que ce n’est en rien une “assurance-vie”, pour reprendre tes termes. La meilleure façon pour un individu de se protéger c’est effectivement la connaissance. Le délire, c’est le déni de réalité dans lequel tu te complais… Croire qu’il est possible d’interdire les risques… Là encore ça ne te plait pas mais aller en discothèque, par exemple, est une activité à risque. Mais faire du vélo aussi ! Or pour faire du vélo de nos jours on nous encourage à mettre un casque ! Pourtant le port du casque n’est pas une assurance-vie ! Quand tu vas à la plage sur la côte d’azur le 15 août, tu sais que si tu ne mets pas de crème tu risques de brûler très vite. Si tu vas le même jour en Bretagne, tu sais que c’est moins violent. Le délire, c’est de considérer comme tu le fais que les gens sont trop stupides pour ingurgiter des infos.

            Et de s’appuyer sur l’étatisme total et le tout-répressif pour assurer la sécurité des individus – à mon tour de te caricaturer, y a pas de raison ! 😉

            Mais quand tu dis que je pense que les campagnes de prévention sont efficaces… Tu me fais peur. Tu parles des campagnes des pouvoirs publics ? Parce que si c’est le cas, j’ai dit exactement l’inverse pas plus tard qu’il y a quelques jours. Je pense que tu me caricatures à longueur de temps car tu préfères penser que je suis un bourrin stupide et que donc, par opposition, tu es la voix de la sagesse. Sors de cette idée et on arrivera mieux à se comprendre.

            Quant à ta définition du Larousse… On touche le fond là. Tu sous-entends qu’une protection qui n’est pas efficace à 100% ne doit pas être appelée “protection” ? Je ne me moque pas des gens, bien au contraire. Je me moque de toi quand tu dis précisément que les bouchons c’est nul parce que ce n’est pas une assurance tous risques. Je me moque de toi parce qu’à ce compte là autant supprimer airbags, ceintures de sécurité, casques, etc.

            Oui, les bouchons protègent. A part un blocage idéologique, je ne vois pas comment tu peux continuer à refuser cela. Ils protègent, mais ils sont imparfaits. La crème solaire indice 20 protège. Elle protège moins que l’indice 50. Elle est insuffisante si tu vas à Saint-Tropez à 14h le 15 août. Ou si tu en mets très peu. Mais tu ne peux pas en conclure qu’elle ne protège pas. Le monde n’est pas binaire. 0 ou 1, 0% ou 100%… Ça n’existe pas.

            Ah, j’oubliais. “Trop de bruit” ça ne veut rien dire. Tout le monde sait que “trop” est nocif. Je ne suis pas idiot. Mais avoir conscience que malgré les lois et les interdictions la son en concert ou en discothèque c’est “trop de bruit”, ça ça passe par la prévention, l’éducation, la connaissance.

  14. Le son trop fort, je l’ai subi pour la première fois avec la reine des neiges, la version VF au MK2 Quai de Loire. J’ai du passer le film avec mes intra dans les oreilles, pas très confortable, mais cela donnait un volume sonore supportable. L’UGC Bercy a aussi tendance à pousser le son sur certains films.
    A tout ceux qui se demande pourquoi il n’y a pas plus de campagne de prévention, c’est qu’au fond, c’est simple, il suffit d’écouter son corps, si cela fait mal, c’est qu’il y a danger.

    1. L’UGC Bercy, ah oui ? J’y suis allé énormément de fois en 2001-2002 et début 2003, ainsi qu’au MK2 Bibliothèque – j’avais même pris dans ce dernier les papiers pour l’illimité, juste avant de me faire exploser les oreilles et de ne plus pouvoir y mettre les pieds… Je n’avais pas remarqué qu’ils poussaient le son. Ceci dit, peut-être que c’est le cas aujourd’hui mais que ça ne l’était pas à l’époque…
      Il faut dire qu’à l’époque je ne trouvais jamais le son fort.

      Ah oui tiens, j’en profite. Tu dis “il suffit d’écouter son corps, si cela fait mal, c’est qu’il y a danger”. Pas de bol, c’est faux.

      D’une part parce que le seuil de danger est très inférieur au seuil de douleur. D’autre part parce que la douleur dépend d’une grande quantité de facteurs. C’est d’ailleurs unes premières choses qu’il faut absolument comprendre lorsque l’on souffre d’hyperacousie : dissocier danger et douleur.

      Autrement dit, il peut y avoir danger sans que ça fasse mal. Et ça peut faire mal sans qu’il y ait danger. Tu vois, c’est très loin d’être aussi simple que tu le penses 😉