Titanic

J’ai un bouquet de tulipes Ă  la main. Une enveloppe blanche avec Maman dessus.
Elle, livide, crispée.

– Je me demande ce qu’ils foutent. Ca fait une heure que j’appuie sur cette sonnette, j’en peux plus.

Jullian arrive.

– Sors GĂ©raldine, il faut que je parle au docteur.

Assise par terre dans le couloir, contre le mur.
Je l’entends crier.

– C’est l’enfer… Faut faire quelque chose, c’est pas normal ces vertiges, ça tangue, mĂŞme la nuit j’ai envie de gerber. De toute façon, je peux pas fermer l’oeil avec ce vacarme dans les oreilles. Je vais devenir folle.
– Calme-toi, ma belle. Je te trouve très nerveuse. Cool. T’as la migraine, c’est tout, puis il faut que tu t’habitues au piston. Si tu veux, j’augmente les vasodilatateurs. T’as compris ? Tu veux que je rĂ©pète ? ArrĂŞte de t’agiter, t’as besoin de repos, couchĂ©e le maximum, ça ira mieux dans une semaine ou deux. Je dirai Ă  l’infirmière de te donner des Primperans en plus. T’as compris ? T’as pas compris ? Il faut que tu te re-po-ses et que tu a-rrĂŞ-tes de te me-ttre dans des Ă©-tats pa-reils. Allez, ma belle, je passerai demain dans la matinĂ©e, non, plutĂ´t en dĂ©but d’après-midi… D’accord ? Les toubibs je te jure, je devrais jamais accepter de soigner les confrères. Allez, je suis Ă  la bourre, ciao ma belle.

Je rentre dans la chambre. Maman, cramoisie, en colère et en pleurs.
Je lui tends ma lettre, les fleurs. Elle laisse tout tomber.
Demain, je viendrai sans rien.

Géraldine Maillet, Acouphènes

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