L’expérience…

Mercredi 14 mai 2003

Hors de question de me rendre au bureau aujourd’hui. S’il m’est quasi-impossible de me concentrer, mieux vaut encore squatter l’anonymat le plus complet de mon appartement parisien. Autant éviter dans la mesure du possible de m’infliger les futiles embarras, et plus encore les poussées acnéiques et autres éruptions de joie infantile de mes collègues de travail.

Pour eux la vie suit son cours ; la mienne a effectué un tonneau après avoir percuté un mur en béton à pleine vitesse et le montant des réparations est, dans l’état actuel de mes moyens, insurmontable. Exsangue, j’entreprends tant bien que mal de m’absorber dans quelques tâches répétitives.
Le téléphone déchire mon pavillon à plusieurs reprises. Une jeune femme employée dans une société « cousine » sollicite mon aide. Une estimation budgétaire. Une requête de la plus haute importance. C’est très urgent. Moi seul peut la renseigner.

A mon grand étonnement je réussis à donner le change. Donner le change… Jolie expression. N’est-ce pas ce qui nous reste lorsque l’on a tout perdu ?

Je m’entends lui répondre : ce n’est pas moi qui parle, c’est celui que j’étais et que je ne suis plus.

C’est sans doute cela que l’on nomme l’expérience.

(Experience, sans doute un des plus mauvais groupes de rock français sur scène – après celui que je n’ai jamais monté, bien entendu)

A lire aussi :  Je vais bien, tout va bien

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Réponses

  1. Déjà, j’ai toujours eu des cernes : ça aide 😉

    Ensuite, j’ai donné le change pendant un moment mais ça avait ses limites et si je n’ai été licencié qu’en 2005 c’est parce que les gens avec lesquels je travaillais (aussi bien côté agence que côté clients) avaient appris à me connaitre avant, me faisaient confiance et se sont montrés compréhensifs… Certains ont été merveilleux, je dois dire…

    La chance que j’ai eu par rapport à toi, c’est sans doute de travailler en équipe avec des gens biens.