“Je suis un homme” : Marie Nimier parle hyperacousie

Je suis un homme marie nimier

Le livre “Je suis un homme” de Marie Nimier parle hyperacousie. Mais comment en parle-t-il ?

Je suis un homme - Marie NimierUn ouvrage paru en ce dĂ©but d’annĂ©e 2013 vient tout juste de parvenir Ă  mes oreilles (ahah), il s’agit de “Je suis un homme” de Marie Nimier, une auteur connue notamment pour son roman “La Reine du silence” qui avait obtenu le prix MĂ©dicis en 2004.

Voici ce que dit la quatrième de couverture :

J’aime les femmes. J’envie leur aptitude Ă  jouir plusieurs fois d’affilĂ©e, mĂŞme si avec moi, il faut l’avouer, ce n’est pas arrivĂ© souvent. Est-ce ma faute si je m’endors tout de suite après l’amour ? Je suis beau, tout le monde s’accorde Ă  le dire, de cette beautĂ© rugueuse que je tiens de mon père. ZoĂ© et Delphine prĂ©tendent que je suis un macho, dans le bon sens du terme (sic), et les voilĂ  qui dressent l’inventaire de mes petits dĂ©fauts. Si elles ont tant de choses Ă  me reprocher, pourquoi parlent-elles de moi avec des Ă©toiles dans les yeux ? Ă€ leur place, je me serais quittĂ© depuis longtemps.

A priori, rien de bien palpitant. Le coup classique de la mise en avant de la sexualitĂ© fĂ©minine sur le mode multi-orgasmique. L’idĂ©e faussement originale d’une femme qui raconte la vie d’un homme Ă  la première personne. La petite phrase Ă  la fin, vaguement intrigante, façon Houellebecq ou Beigbeder. Tout cela ne veut pas dire que le roman est mauvais, bien entendu. Disons simplement que cela ne me donne pas envier d’y consacrer quelques heures.

Le hĂ©ros de “Je suis un homme” souffre d’hyperacousie

Pourquoi en parler alors ? Parce que le hĂ©ros, Alexis Leriche, souffre d’hyperacousie. Si, si. Le mot est mĂŞme employĂ© tel quel dans le livre. Alors que, parfois, on nous parle simplement d’un hĂ©ros dont l’audition est hyper-sensible, dans le genre Marvel Comics. Serait-ce un signe que l’hyperacousie commence peu Ă  peu Ă  ĂŞtre connue ?

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Regardons ce que dit la presse sur “Je suis un homme” :

L’HumanitĂ© : elle se fait homme le temps d’un livre

Alexis souffre de problèmes auditifs, notamment d’hyperacousie. Cela signifie qu’il entend trop bien et doit mettre des boules Quies.

Le Nouvel Obs : comment Marie Nimier a changé de sexe

FragilisĂ© par une hyperacousie, qui sera aussi l’instrument de sa rĂ©ussite sociale (il crĂ©e une agence de casting de voix).

Jim Le Pariser : Marie Nimier / Faiblesses du “sexe fort”

Un jour, les médecins lui diagnostiquent une hyperacousie, c’est-à-dire qu’il entend divinement bien chaque son, chaque bruit, mieux que personne : « Les résultats du test d’audition étaient incontestables : j’entendais trop bien ». Si cette audition hors-norme dont il est doté,  peut être parfois insupportable pour sa sensibilité, elle révèlera également de bons côtés, notamment lorsqu’il décidera de travailler pour une agence de casting vocal.

Blondes and littéraires 

Il souffre avec l’hyperacousie : il entend trop bien. C’est une souffrance depuis tout petit, donc lui donne un caractère solitaire.

TéléScoop

– Vous dĂ©cidez de l’affubler d’un symptĂ´me très particulier, il souffre d’hyperacousie. Il entend trop trop trop bien alors qu’il n’entend rien Ă  la vie.
– C’est juste ! Il n’entend rien Ă  la vie. D’ailleurs, il va dans le monde avec des boules de cire dans les oreilles pour se protĂ©ger parce que c’est un homme fragile.

Bon les amis, s’il fallait simplifier Ă  l’extrĂŞme, voici ce que je pourrais vous dire : l’hyperacousie, ce n’est pas entendre trop bien, c’est entendre trop fort.

Ce n’est en aucun cas un don. C’est souvent un vĂ©ritable handicap.

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Cela peut toucher toutes les frĂ©quences. Ou seulement certaines. Cela peut ĂŞtre lĂ©ger. Cela peut ĂŞtre extrĂŞme (on parle alors d'”hyperacousie sĂ©vère”). Je le sais, je l’ai vĂ©cu. Se trouver au bord de l’Ă©vanouissement tellement la douleur est violente lorsque l’on vient d’entendre un simple trousseau de clĂ©s tinter non loin de soi.

On ne règle pas l’hyperacousie simplement en se baladant avec des boules Quies. D’autant que cela aggrave les symptĂ´mes (je n’invente rien, c’est ce qu’expliquent les ORL).

Et enfin non, l’hyperacousie ne m’est pas tombĂ©e dessus parce que je n’entends rien Ă  la vie ou au Monde. Elle est survenue suite Ă  un concert au CafĂ© de la danse durant lequel le son Ă©tait trop fort et mal rĂ©glĂ©, ce qui a causĂ© une lĂ©sion de l’oreille interne. En la matière, je suis un cas d’une banalitĂ© affligeante.

Je n’ai donc aucun avis sur ce livre “Je suis un homme” de Marie Nimier et ne comptez pas sur moi pour en faire une critique, bonne ou mauvaise, pour la simple raison que je ne l’ai pas lu. Mais la simple phrase sortie de la bouche de l’auteur “Il n’entend rien Ă  la vie. D’ailleurs, il va dans le monde avec des boules de cire dans les oreilles pour se protĂ©ger parce que c’est un homme fragile.” me laisse penser que Marie Nimier n’entend rien Ă  l’hyperacousie. Un minimum de recherche sur un sujet aussi grave pour des millions de personnes dans le Monde est indispensable lorsque l’on souhaite en faire l’Ă©lĂ©ment central d’un livre. Mais peut-ĂŞtre que je me trompe. Quelqu’un a lu “je suis un homme” ? 

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Laurent Matignon est un homme, il est aussi consultant SEO et webmarketing.

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La cĂ©lèbre journaliste et blogueuse Caroline Franc, Ă©galement connue sous la signature Caroline Desages, souffre d’acouphènes depuis quelques mois. C’est ce que l’on apprend sur son blog “PensĂ©es by Caro”, dans un billet datĂ© du 15 dĂ©cembre 2015. Elle y raconte très clairement Ă  quel point elle Ă©prouve des difficultĂ©s Ă  penser Ă  cause de ses acouphènes.

Comprends qui peut

“Je comprends ce que tu vis.”

Combien de fois n’ai-je entendu ces mots ? « Je comprends ». Et ses multiples déclinaisons. « Je te comprends ». « Je vous comprends, Monsieur ». « Je me rends parfaitement compte de ce que cela doit être. » « Moi aussi j’ai ce que tu as ! » « Mon mari a la même chose que vous. » etc.

RĂ©ponses

  1. Oui c’est dommage qu’un auteur ne prenne pas un peu de temps avant d’Ă©crire un mot couvrant une maladie ça Ă©viterait quelques confusions pour le lecteur et puis ça permet Ă  l’auteur de s’approprier non pas une coquetterie sympathique de l’audition ” entendre divinement les sons ” mon dieu quelle erreur mais parler d’une façon romanesque d’un handicap ( mais le livre ne serait plus le mĂŞme il serait nĂ©anmoins plus juste ).
    Confondre un hyperacousie et ” une oreille d’OR il faut le faire Ă©xprĂ©s LOL
    Au fait je vous pose une quéstion ici..
    Comment avez vous réussi à atténuer la violence de votre hyperacousie ou dois je aller sur le site pour le lire ?

  2. Je suis hyperacousique. Et je n’entends pas “trop bien”. Je n’entends pas non plus “trop fort”, comme je le vois Ă©crit partout. (Grosse confusion du au terme hyperacousie). Je souffre simplement du bruit, au point que c’en est parfois insupportable. Suis-je la seule?

    1. Par “trop fort”, je souligne un simple fait : c’est objectivĂ© par les audiogrammes.
      Hypothèse d’Ă©cole :
      Si une personne a une audition parfaite, et qu’elle devient subitement hyperacousique, l’audiogramme montrera que les courbes sont “plus hautes”. Cela peut ĂŞtre sur une seule frĂ©quence si l’hyperacousie est sur celle-ci ou sur l’ensemble si elle est gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Après, lorsque l’on voit la façon dont les audiogrammes sont parfois rĂ©alisĂ©s, cela peut ne pas apparaĂ®tre… Cela ne veut pas dire que ce n’est pas le cas.
      Mais nous sommes d’accord, “trop fort” n’est pas l’expression parfaite pour dĂ©crire ce phĂ©nomène et cela peut induire en erreur.

      Un autre examen objective l’hyperacousie en montrant un abaissement du seuil de tolĂ©rance. LĂ  effectivement on ne peut pas parler d’ “entendre trop fort”.

      Et non vous n’ĂŞtes pas la seule, nous sommes des millions ! Pour ma part au dĂ©but le bruit d’un trousseau de clefs me faisait presque tomber dans les pommes, c’est ce que l’on nomme une hyperacousie sĂ©vère.

      1. L’hyperacousie ” modĂ©rĂ©e ” serait sans doute plus une hypersensibilation aux bruits , mais pas loin d’ arriver au stade de la douleur ?

        Mon compagnon mange un artichaut cru et cela me rend dingue !
        Chaque feuille Ă´tĂ©e fait un claquement sec qui n’est pas celui que j’ai toujours entendu depuis ma petite enfance ( famille de mangeur d’artichaut cru )

  3. bien, nous sommes d’accord… abaissement du seuil de tolĂ©rance et non sons dĂ©cuplĂ©s…
    par contre, j’aimerais connaĂ®tre le test qui montre l’abaissement du seuil de tolĂ©rance, comment s’appelle-t-il? on ne me l’a jamais proposĂ©…

    1. Bonjour Chips,
      Il suffit de se rendre chez un audiomĂ©triste et de lui demander de passer un test auditif, en lui prĂ©cisant que vous souffrez d’hyperacousie. Il vous fera alors Ă©couter des sons dans toutes les frĂ©quences (en intensitĂ© graduelle) et c’est Ă  vous d’appuyer quand le son devient gĂŞnant, voire douloureux…
      Personnellement mon seuil de tolérance est très bas : 70 dB

      1. mais c’est gĂ©nial ça, je ne savais mĂŞme pas que cette profession existait! pourquoi les ORL ne s’en chargent pas? c’est bien eux qui nous font les audiogrammes

  4. Bonjour chips ,

    Certains ORL le font … et sur la rĂ©gion parisienne .
    Il y a lĂ  des noms d’ORL qui pratiquent et Ă©galement d’audioprothèsistes
    http://sfaudiologie.fr/documents/AM21908.html
    Il y a aussi chez presque tous les audioprothèsistes la possibilité de faire ce test .
    …. plein d’infos sur les moteurs de recherches
    …. plein de possibilitĂ©s pour se faire effectuer ce test

    Bonne chance

  5. Avez-vous Ă©tĂ© plusieurs Ă  Ă©crire Ă  l’auteur?
    Je l’ai fait de mon cĂ´tĂ© la semaine dernière, et je viens de recevoir une rĂ©ponse. Elle se propose de ne plus utiliser le terme “hyperacousie”, et d’employer plutĂ´t “sensibilitĂ© aux bruits”, dans la version poche, qui sortira sans doute l’annĂ©e prochaine…
    Merci pour cet article, et de faire la veille sur le sujet….