La Chute de Berlin – der Untergang

Vendredi 20 avril 1945, 16 heures

Oui, c’est bien la guerre qui déferle sur Berlin. Hier encore ce n’était qu’un grondement lointain, aujourd’hui c’est un roulement continu. On respire les détonations. L’oreille est assourdie, l’ouïe ne perçoit plus que le feu des gros calibres. Plus moyen de s’orienter. Nous vivons dans un cercle de canons d’armes braquées sur nous, et il se resserre d’heure en heure.
A intervalles, les longues pauses d’un silence devenu inhabituel. On remarque soudain le printemps. Des ruines noircies du quartier s’élèvent par bouffées les senteurs de lilas oubliés dans des jardins sans maîtres. Devant le cinéma, le moignon d’acacia mousse de verdure. Entre deux hurlements de sirènes, des hommes ont sans doute trouvé le temps de bêcher leur petit jardin familial, car autour des cabanons de la Berliner Strasse la terre est fraîchement retournée. Seuls les oiseaux se méfient de ce mois d’avril ; les moineaux boudent notre gouttière.

Marta Hillers (livre publié anonymement), Une femme à Berlin : Journal 20 avril-22 juin 1945accba0b69f352b4c9440f05891b015c5

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Réponses

  1. Salut,
    je suis depuis un petit moment ton spirituel et dynamique blog et je t’en félicite. J en epeux m’empêcher en lisant ce post que je ne connaissais pas à une expérinece récente de concert, où j’ai entendu la 8ème symphonie de Chostakovitch. Le genre de musique qui n’en a pas elle “dit” les choses avec les tripes. En tout cas c’est joué assez souvent à Paris.
    C’est une Symphonie “de guerre” (et pas mal aussi de purge!) pour Chosta qui en avait vu et entendu de toutes les couleurs. L’approche de la guerre s’y vit comme une montée au Golgotha mais aussi l’écrasement des hommes. Tout cela pour dire un truc un peu anecdotique: dans les rares moments d’apaisement, comme àla fin du premier mouvement, on entend… un sifflement. Enfin le aigu et très faible des cordes, un instant libérées des atteintes bruyantes. Frère Chosta vivait-il le silence de la guerre dans l’acouphène?