Paris, « la nuit meurt en silence ». « Bien fait pour ta gueule », lui répondit l’écho.

La Capitale se la pète moins. Il paraĂ®trait mĂŞme que “la Capitale ne sort plus la nuit” (Rue 89).

Comment se fait-ce ? Comment en est-on arrivé là ?

Et si, au final, les plus gros “consommateurs” de soirĂ©es parisiennes – concerts, discothèques et autres loufoqueries parfois avariĂ©es – se voyaient condamnĂ©s pour une grande part, comme ma modeste personne, Ă  interrompre du jour au lendemain leurs sorties ?

Pour cause de handicap causé par lesdits acteurs de la musique et de la nuit à Paris.

FrĂ©quentation qui diminue, tolĂ©rance au son qui s’effondre : n’en jetez plus, la quadrature du cercle est rĂ©solue.

Comme un boomerang qui te revient dans la gueule, p’tit gars.

Ou DTC, comme disent les boutonneux qui continuent de se presser Ă  la Loco tant qu’ils le peuvent et qui viendront hanter le Mac Do ou autre seau Ă  vomi qui lui succèdera entre les putes et les rats.

(Le coin de la Loco sous l’oeil de David Martineau. On trouverait presque ça beau.)

________________________________________________________________

NĂ©anmoins et puisque j’ai Ă©tĂ© jeune et con avant vous, je fais suivre la pĂ©tition ci-après :

PĂ©tition : Ringo Willycat

Technopol

Date de création : 19/10/2009
Date de cloture : 31/12/2009
( Nombre de signatures : 8759 )

vous pouvez signer cette pétition en bas de page !

Lettre ouverte des acteurs* de la musique et de la nuit Ă  Paris Ă  l’attention du Ministre de l’IntĂ©rieur,  du Ministre de la Culture et de la Communication, du Maire de Paris, du PrĂ©fet de Police de Paris et de  la RĂ©gion Ile-de-France et du PrĂ©sident du Conseil RĂ©gional

0fd2215ded3ac412efb3112e1e8a5272

PARIS  :
QUAND LA NUIT MEURT EN SILENCE

Nous, artistes, exploitants de lieux de diffusion, acteurs des musiques actuelles et professionnels de la nuit Ă  Paris, souhaitons alerter l’opinion publique et les dĂ©cideurs politiques sur les graves consĂ©quences des pressions que nous subissons actuellement dans la gestion des problèmes de voisinage et de nuisances. La loi du silence gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui s’abat sur nos Ă©vĂ©nements et nos lieux de vie est en passe de relĂ©guer la Ville Lumière au rang de capitale europĂ©enne du sommeil. Menaçant, ce faisant, non seulement nos entreprises et nos emplois mais aussi le rayonnement de Paris sur la scène culturelle internationale et l’attractivitĂ© touristique de notre ville. Il est donc urgent d’interroger le cadre juridique et rĂ©glementaire qui rĂ©git nos activitĂ©s mais aussi (et peut-ĂŞtre surtout) la manière dont il est traduit au quotidien sur le terrain.

A lire aussi :  DelanoĂ«, illusioniste antifestif


Paris souffre structurellement
, du fait de son urbanisation hypercentralisĂ©e et de la pression foncière subsĂ©quente, d’un manque critique de lieux d’expression culturelle, notamment du point de vue des musiques actuelles qui n’ont pas toujours Ă©tĂ© soutenues Ă  la hauteur de leur popularitĂ© par l’Etat et les collectivitĂ©s territoriales. MalgrĂ© cet Ă©tat de fait, au cours des dix dernières annĂ©es, les lieux parisiens de diffusion musicale (bars, salles de concert, clubs) ont encore payĂ© un lourd tribut Ă  l’aspiration grandissante des parisiens Ă  toujours plus de tranquillitĂ©. Et il est dorĂ©navant bien Ă©tabli que Paris a abandonnĂ© toute espèce de leadership europĂ©en au bĂ©nĂ©fice de villes comme Londres, Barcelone, Prague et Berlin vers lesquelles s’exilent chaque jour plus d’artistes et de professionnels français. Sans parler du public francilien qui n’hĂ©site plus Ă  partir en week-end pour aller faire la fĂŞte lĂ  oĂą elle a vraiment lieu.

Plus rĂ©cemment encore, la situation s’est Ă  nouveau dĂ©gradĂ©e avec la mise en Ĺ“uvre de la loi anti-tabac qui a poussĂ© une partie de notre public Ă  passer du temps Ă  l’extĂ©rieur des Ă©tablissements. Cette loi que nous avons pourtant appliquĂ©e de manière exemplaire au sein de nos lieux a eu pour consĂ©quences :

– d’Ă©largir nos responsabilitĂ©s Ă  un territoire (la rue) sur lequel nous n’aurons jamais la mĂŞme lĂ©gitimitĂ©;

– de crĂ©er des confusions entre les nuisances provenant de la diffusion musicale et les troubles de voisinage liĂ©s Ă  l’occupation des trottoirs;

– de rĂ©activer des contraintes rĂ©glementaires jusque lĂ  oubliĂ©es (interdiction de danser dans les bars ou les salles de concerts…) dans le seul but de durcir ou d’accĂ©lĂ©rer les sanctions.

A lire aussi :  Des punks pas si dĂ©biles

Quel peut ĂŞtre le sens d’une Loi de SantĂ© publique qui aboutit Ă  empĂŞcher les gens de danser ?

Les fermetures administratives (provisoires ou dĂ©finitives) et les pertes de licence ou d’autorisation de nuit (au-delĂ  de 2h) se comptent par centaines chaque annĂ©e sans parler des amendes parfois très lourdes. La liste de tous les Ă©tablissements touchĂ©s (et donc les Ă©vĂ©nements annulĂ©s) alourdirait considĂ©rablement le texte de cette lettre mais cette liste s’allonge inexorablement mois après mois.

Les trois premiers termes de l’Ă©quation sont simples : pas de culture sans musique, pas de musique sans lieux de diffusion, pas de lieux de diffusion sans vie nocturne. Mais pour bien comprendre la rĂ©alitĂ© de la situation et l’impasse dans laquelle Paris est en train de se fourvoyer, il faut s’intĂ©resser au dernier terme de l’Ă©quation : pas de vie nocturne sans tolĂ©rance. Dire cela c’est, d’une part, accepter de voir la vie telle qu’elle est et c’est, d’autre part, comprendre qu’en cela comme en tout, de vrais arbitrages et de justes compromis sont nĂ©cessaires. Laisser penser que la nuit parisienne pourrait ou devrait s’Ă©panouir sans troubler la parfaite quiĂ©tude d’un seul riverain est une hypocrisie dangereuse. Vivre ensemble dans une mĂ©tropole ne peut pas se faire sans que les efforts soient mutuels dans les territoires partagĂ©s que constitue l’espace public.

Nous demandons :

que la législation soit clarifiée, rééquilibrée et remise en adéquation avec la réalité des pratiques culturelles et sociales;

que les travaux d’isolation phonique des lieux de diffusion soient d’avantage soutenus par des aides publiques pour rendre leur mise en oeuvre rĂ©aliste ;

A lire aussi :  La guerre des bouchons

que soit prise en compte la voix du public des lieux de vie comme est prise en compte la voix des riverains;

que soit envisagé un zonage des quartiers festifs pour que soit accordé un statut juridique à ces identités historiques;

que soit rĂ©flĂ©chie la mise Ă  disposition de lieux ou de friches pour l’organisation d’Ă©vĂ©nements ponctuels ou l’installation d’infrastructures pĂ©rennes;

que soit rĂ©affirmĂ©e en actes, et non seulement en paroles, l’importance pour la culture des lieux de diffusion de proximitĂ©;

que l’ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l’importance de la vie nocturne (culturellement et Ă©conomiquement) dans l’essence-mĂŞme d’une capitale comme Paris et d’une rĂ©gion comme l’Ile-de-France.

* Ă  l’initiative de Technopol (l’association au service de l’Ă©lectro), PlaquĂ© Or (promotion d’artistes et organisateur de soirĂ©es) et My Electro Kitchen (disquaire et organisateur)

CONTACTS :

Eric Labbé [My Electro Kitchen / Technopol] 06 09 63 52 65 / eric@myelectrokitchen.com

Matthieu Jaussaud [Plaqué Or / Technopol] 06 50 48 77 40 / plaque.or@gmail.com

RĂ©mi Bonin [Technopol] 06 63 81 70 28 / remi@technopol.net

Plaque Ore489e7e1905e6ada3e649db2af70bff4

Articles liés

Discothèque : open bar et barotraumatisme jusqu’au matin

Alors que Paris souffre de plus en plus de son image de belle endormie, voici qu’un arrêté autorise l’ouverture des discothèques, sur l’ensemble du territoire français, jusqu’à sept heures du matin. Cette « grand victoire » (sic) a, bien entendu, été saluée par l’ensemble de la profession. Gageons que les ORL sabreront également le champagne.

RĂ©ponses

  1. Pour la quadrature du cercle il faudrai peut etre aussi ajouter le fait que l on ne puisse plus fumer nulle part . . .

    Perso depuis cette loi debile je ne sors plus ( a part quelques terrasses de cafes ), je ( et la plupart de mes amis ) fais des fetes chez moi ou chez mes amis, la ou l on peut encore fumer . . .