La nausée : le mal du concert

“Voir Paris et vomir”

Réchauffé

Je voulais rĂ©agir Ă  votre article sur les concerts qui ne font plus recette (TĂ©lĂ©rama n° 3140). Une chose n’est pas prise en compte : alors qu’il y a quelques dĂ©cennies un artiste proposait ses nouvelles chansons au public, puis les enregistrait sur un album, maintenant, nombreux sont ceux qui reprennent l’album dĂ©jĂ  sorti dans une tournĂ©e sans surprise… Et quand on voit que les organisateurs distribuent des boules de protection auditive Ă  l’entrĂ©e de leurs concerts, oĂą on a la nausĂ©e Ă  cause du volume et des basses… Non, vraiment, la crise ne doit pas tout expliquer.

J. Noé, Amiens

(Courrier des lecteurs, Télérama n°3141 du 24 mars 2010)

Bien vu ! TĂ©lĂ©rama titre le courrier de J. NoĂ© d’Amiens d’un “rĂ©chauffĂ©”, mettant ainsi l’accent sur les premières lignes. Bien au contraire, c’est dans la phrase suivante que l’on trouve un point crucial que TĂ©lĂ©rama, comme la quasi-totalitĂ© de ses confrères, n’aborde pour ainsi dire jamais.

Pourquoi donc, justement, ne jamais parler du volume excessif des concerts ? C’est une question que je ne cesse de tourner et retourner depuis sept ans, sans parvenir Ă  une rĂ©ponse claire et nette. Les explications peuvent en effet ĂŞtre multiples. Copinage, peur de se mettre les artistes et les salles de concert Ă  dos – et crainte de ne plus recevoir les invitations aux concerts par brouettes entières ? Complot judĂ©o-maçonnique, visant Ă  Ă©liminer le jeune, qui n’a pas attendu les apĂ©ros Facebook pour se regrouper en meutes dans les salles obscures ? Simple inconscience, mĂ©connaissance totale du sujet ? Mais ladite mĂ©connaissance est-elle excusable lorsque l’on est journaliste et que l’on enquĂŞte sur la baisse de frĂ©quentation des salles de concert ?

A lire aussi :  Un traumatisme auditif est une urgence

La réponse à cette dernière question me semble évidente.

Mais alors, pourquoi avoir laissĂ© passer cette phrase dans le courrier des lecteurs ? Une erreur d’un stagiaire, peut-ĂŞtre ? Peut-ĂŞtre un stagiaire dans un sale Ă©tat pour cause d’un concert un peu trop arrosĂ© ? Ce type d’erreur s’est-il dĂ©jĂ  produit dans un titre de la presse culturelle française ? Je ne l’ai jamais constatĂ© jusqu’alors.

Malheureusement ces quelques mots, si bienvenus, de J. NoĂ© d’Amiens ne laissent aucunement paraĂ®tre le danger du volume excessif et ses terribles consĂ©quences. Sujet qui mĂ©riterait un dossier complet dans TĂ©lĂ©rama, mais qui n’est probablement pas près d’y trouver une place dans ses pages.

En espĂ©rant me tromper…

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TPE sur le risque auditif relatif au bruit excessif : interview

J’ai reçu il y a quelques semaines la demande suivante de la part d’une lycĂ©enne, dans le cadre d’un TPE :

Monsieur Matignon,

Je me permet de vous écrire car deux de mes camarades et moi même souhaiterions vous interviewer dans le cadre de notre TPE (Travaux Personnels Encadrés).
Nous sommes Ă©lèves de Première Scientifique au lycĂ©e HENRI IV dans le 5e arrondissement de Paris et travaillons sur le sujet: “Et si les bruits et les sons d’aujourd’hui nous rendaient sourd demain ?”

RĂ©ponses

  1. Le problème aussi des concerts, c’est de disposer, dans les grandes salles, d’installations sonores centralisĂ©es au niveau de la scène pour couvrir toute la salle, balançant un son surpuissant pour les premiers rangs qui arrive Ă  un volume plus supportable au fond.
    J’ai aussi assistĂ© Ă  des concerts au volume très agrĂ©able dans de petites salles. Problème : la musique se noie dans les bavardages… Il faudrait alors remplacer les boules quiès par du sparadra sur les bouches des langues bien pendues ?