Jackass

Fin de semaine du 16 juin, veille de week-end

J’ai dîné avec Jacques, un ami d’enfance, récemment monté à la Capitale pour y trouver du travail.

Déjeuner à Montmartre, terrasse ensoleillée, ruelle peu passante.

Un cadre idyllique pour lui.

Un tableau supportable pour moi.

A ma grande surprise, lorsque je lui confiais mes récents… déboires, Jacques me confia qu’un de ses amis avait été victime d’un accident du même type dans une discothèque de Montpellier quelques mois plus tôt. Celui-ci n’avait pas subi de perte d’audition – du moins, pas de perte mesurable au moyen d’un banal audiogramme – et ses sifflements n’étaient restés véritablement présents qu’une semaine environ. Il percevait néanmoins depuis ce jour de très légers bruits au moment de s’endormir et avait, non sans quelque réticence, décidé de retourner en boîte.

Cette fois-ci protégé par des bouchons en mousse.

Il en avait été quitte pour une belle frayeur lorsqu’un soir, malgré ses protections d’infortune, de très nets sifflements l’accueillirent à la sortie du lieu, preuve indéniable d’une nouvelle atteinte de l’oreille interne. Cette fois encore il avait eu de la chance : traité en urgence, il n’avait conservé des sifflements agressifs que durant quelques jours.

Depuis, cependant, il refusait de remettre les pieds dans ce genre d’endroits.

Estomaqué, je demandais alors : « Jacques, pourquoi ne m’avoir jamais rien dit à ce sujet ? ».

D’autant plus que je venais de l’héberger trois semaines, juste avant mon accident, période durant laquelle j’avais assisté à divers concerts, comme à l’habitude – et l’on peut même penser que la fatigue résultant de sa présence n’était peut-être pas tout à fait étrangère à mon traumatisme auditif, car il se couchait extrêmement tard, enchaînant les parties de Command & Conquer et autres Alerte Rouge sur son PC jusqu’à des heures fort avancées.

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« Si je te l’avais dit, tu auras continué à faire le con de toute façon. »

Faire le con… Ainsi donc, à ses yeux, c’est ce que j’avais fait : le con. Et si lui se montrait assez stupide pour fréquenter les boîtes sans protection aucune, il n’avait visiblement aucune raison de penser que j’aurais pu me comporter différemment.

Con il est, con je suis !

Ne dit-on pas que l’on a les amis que l’on mérite ?

En substance, Jacques se foutait du danger comme de sa première dent de lait et n’avait pas modifié son comportement d’un iota, me précisant toutefois que le soir où son ami avait subi son traumatisme auditif le son était, je cite, « particulièrement élevé. »

Ne comprenait-il pas que l’audition était de loin le sens qui m’était le plus précieux ? Ne savait-il pas à quel point la musique comptait pour moi ? Mais non : pour de simples oreilles qui sifflent, quand même, ma réaction n’était-elle pas un tantinet exagérée ? D’autant que le frère de Jacques était lui-même affublé depuis deux ans de légers bourdonnements suite, semblait-il, à un petit souci de plongée sous-marine. Et que, paraît-il, il le vivait très bien !

Ce n’est que plus tard que j’apprenais que ce dernier avait creusé plusieurs pistes pour s’en débarrasser avant de finalement renoncer, n’ayant ressenti aucune amélioration.

Je venais en fait de mettre en évidence une distance entre Jacques et moi que jamais je n’aurais cru possible, étant donné que je le connaissais depuis une quinzaine d’années. Je venais également probablement de mettre le doigt sur ses limites intellectuelles.

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Et puis, il est probable que Jacques fait partie de ces gens plus réceptifs à l’enveloppe qu’au contenu : l’aurais-je conduit dans un bar sordide de Clichy qu’il aurait certainement mieux perçu ce que je tentais de lui expliquer.

Après tout, je travaille dans la Communication / Publicité : j’aurais pu y songer !

(Jackass c’est “encore une bende de gros tarré ki me fon bien déliré sur tt knoxville bam et steev_o kel bende de con kan meme mé je lé aime tro” nous dit leskateurkisaipaskater sur son “blog sur le métal harcor le punk le skate mé pote tt ce ke je kif la bécan et pl1 de truck Dlir”)

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Réponses

    1. En tout cas tu as bien compris le principe du lien nofollow 😉

      Le rapport avec Jackass… Une certaine sonorité avec ton prénom et… c’est peut-être moi le Jackass sur le coup, trop con pour être allé toutes les semaines en concert pendant plus de deux ans sans jamais me protéger. Ceci-dit, je ne pouvais pas deviner. Je me suis donc fait… enjackasser.

      Tu as vu le dernier film de Jackass ? Je t’avoue que je n’ai jamais vu que quelques bouts de Jackass au Zapping de Banal+ donc ma connaissance du sujet est quelque peu limitée 😆