Traverser Paris dans le noir

Traverser Paris dans le noir


Les membres du collectif Le sens des autres organisent demain une traversée de Paris, les yeux bandés, pour se mettre dans la peau des non-voyants. Ils partiront du café Signes, avenue Jean-Moulin (14è), à 14h, pour regagner le restaurant Dans le noir de la rue Quincampoix (4è).
Inscription par mail à l’adresse suivante :
[email protected]

(lu dans Direct Matin de ce jour)
Bonne idée.

Qui pourrait être dans une certain mesure applicable aux acouphènes. Par exemple par le port d’un casque qui émet un sifflement continu.

On peut même envisager un dispositif qui perturbe un tant soit peu l’audition des sons environnants – par exemple en renforçant le poids des sons aigus.

C’est techniquement réalisable.

Souci : ça n’aurait que fort peu d’impact, visuellement parlant. Alors que quelques individus qui errent, bandeaux sur les yeux, ça va se voir – et, partant, se savoir !

Et puis, comment simuler l’hyperacousie dans sa globalité ?

Comment reproduire les douleurs constantes – même dans le silence – qui sont les miennes ? Comment amener cette sensation d’oreilles bouchées permanentes ? Perturber la discrimination des sons et de l’harmonique ?

Comment, enfin, faire comprendre que supporter un tout ça quelques heures n’est en aucune façon comparable au fait de l’endurer pendant des mois, des années.

Ou toute une vie.

Ce qui fait un point commun avec l’initiative du “Sens des autres”.

Je vous invite à jeter un oeil au site d’Hamou Bouakkaz, à son blog, et à l’actualité du collectif “Le sens des autres“.

Le Collectif le sens des Autres, association loi 1901, a pour objectif de lutter avec humour, intelligence et modestie contre la dictature de la norme pour que la France de 2010 réunisse les talents de tous ses enfants.
[rien que ça !]

A noter également un événement organisé récemment dans la capitale :
Hamou BOUAKKAZ lance le “Pari de l’égalité” et propose un événement unique avec pour vocation de promouvoir l’incroyable ressource créative que peut constituer la réunion solidaire des talents d’artistes, aveugles ou non.

Le Festival : « Les Aveugles éclairent Paris »
Au Cabaret Sauvage
Le mardi 26 février à 21h
et le mercredi 27 février à 19h

Pour télécharger le dossier de presse en PDF cliquer ici

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Traumatisme auditif au cinéma. Témoignage de Julie (mars 2010) : Mon histoire a commencé le mardi 19 janvier 2010 à 16h30 au cinéma Gaumont Opéra à Paris. Je vais voir le film Avatar. Pendant la séance, des cris sridents me font très mal à l’oeille. Le son en général était très fort.

Réponses

  1. J’avais vu une initiative un peu différente pour mettre les personnes à la place d’un non voyant: Une vaste salle était aménagé dans différentes pièces ou l’on défilait un peu comme dans un magasin IKEA par exemple, et dans chaque pièce il y avait une scène de la vie – traverser un jardin avec une fontaine, traverser une rue avec des voitures garées au bord du trottoir, visiter un musé, boire un verre au bar etc .. Il y avait tout, le coca, la bière, le bruit des voitures .. ça faisait très vrai.

    C’était très difficile car tout était dans le noir absolu. On était guidé par une personne non voyante qui se debrouillait très bien. Quant à moi, je me suis retrouvé sur le capot d’une voiture, incapable de payer (bon, c’était en dollars canadiens) et je peux vous affirmer que c’est très effrayant de toucher tout ce qu’on rencontre. Dans le musée il y avait des choses insolites avec un toucher pas toujours ragoutant, seulement, si l’on voulait “voir” il fallait toucher.

    A la fin de la visite, quand la lumière s’allumait on sentait un soulagement physique. Pour nous, la lumière est revenue, mais notre guide, il restait dans le noir.